Rihanna, la diva qui fait à sa tête

Si, à ses débuts, Rihanna souhaitait vivement signer... (Paolo Roversi)

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Si, à ses débuts, Rihanna souhaitait vivement signer pour être sous l'aile d'une compagnie de disques, désormais, elle brille par son indépendance.

Paolo Roversi

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(Québec) «Laisse-moi couvrir ta merde de paillettes, je pourrai en faire de l'or», chante Rihanna sur Consideration, en ouverture de son récent album Anti. La diva ne pourrait mieux dire: ce qui, chez d'autres, pourrait être un parfait échec devient chez elle une réussite. Zoom sur le parcours d'une vedette qui ne craint pas de se mettre en danger.

Déroger à la recette

Depuis ses débuts, Rihanna a pondu les albums ou les rééditions avec la régularité d'une horloge, au rythme soutenu d'un par année. Trois ans ont cependant filé depuis Unapologetic (2012). On croyait que les simples fort populaires, parus au cours de la dernière année, comme Bitch Better Have My Money ou FourFiveSeconds, se retrouveraient sur l'album, mais ils ont été laissés de côté. On s'attendait à ce que l'enregistrement sorte à la fin 2015, la meilleure période pour s'assurer de vendre un album, mais la parution a été déplacée au début de l'année 2016. Une foule d'artistes, dont Major Lazer et Charli XCX, ont écrit des chansons qui n'ont pas été retenues par «RiRi», mais qui ont fait leur route vers le sommet des palmarès, défendus par autrui. «Je ne savais pas vraiment quel son l'album aurait, au départ», a confié Rihanna à Vogue. «Je savais ce que je voulais ressentir. Je ne savais pas vraiment comment je voulais l'entendre, mais je savais que je le saurais, quand je le ressentirais. [...] Finalement, j'ai gravité autour de chansons qui témoignaient d'où je suis présentement, et de comment je pense. Des choses que je veux entendre. Des choses que je veux écouter en fumant.»

Le succès malgré tout

A priori, aucun simple n'était particulièrement évident sur Anti. Et bien qu'on ait choisi Work, avec Drake, aucun clip n'était encore prêt pour le soutenir lors du lancement. La pièce s'est néanmoins hissée au sommet des palmarès d'une foule de pays, dont le Canada. La roue continue de tourner, puisque ce jeudi, un nouveau simple, appuyé d'un clip était lancé: Kiss It Better. L'album Anti a quant à lui été salué par la critique pour son audace. Si vous vous inquiétiez des ventes, sachez que Rihanna a signé un partenariat de 25 millions $ avec Samsung. La compagnie lui a acheté pas moins d'un million d'exemplaires, qui ont été distribués gratuitement à ses clients... La principale intéressée, elle, déclarait au Vogue récemment: «Ce n'est peut-être pas un album qui se retrouvera automatiquement au top 40. Mais je sens que j'ai gagné le droit de faire ça maintenant.»

Oubliez le modèle à suivre

Rihanna aime le milieu de la mode et entretenir son image de toutes les manières possibles, que ce soit sur son compte Instagram ou en posant pour les grands magazines. Elle est aussi depuis 2015 le visage de Dior, devenant ainsi la première femme noire à porter ce titre. Par contre, ce n'est pas parce qu'elle vend son image à des compagnies que la «Good Girl Gone Bad», adepte du twerking et des look sulfureux, devient pour autant un modèle à suivre. «Les artistes signent pour faire de la musique, nous ne signons pas pour être parfaits ou être des modèles à suivre», a-t-elle déclaré à Vogue. «Nous sommes tous des êtres humains qui ont leurs défauts, qui apprennent, grandissent et évoluent et qui doivent affronter la même merde que tout le monde. Le fait que des gens s'attendent à ce que le jour où nous signons, nous soyons censés être parfaits ne fait aucun putain de sens pour moi.»

Une petite graine d'une île lointaine

L'intérêt de Robyn Rihanna Fenty pour la musique s'est manifesté tôt, tandis qu'elle poussait non loin de la plage, sur l'île de Barbade, dans les Caraïbes. Adolescente, elle a mis sur pied un trio féminin, qui a tenté sa chance auprès de deux réalisateurs en visite sur l'île. Ces derniers ont décidé de ne travailler qu'avec Rihanna. Ils l'ont amenée aux États-Unis et ont tenté de lui décrocher un contrat. Elle a fini par se retrouver à faire une audition chez Def Jam, devant les grosses huiles du label, dont Tyran «Ty Ty» Smith et un certain Jay Z. La jeune artiste a fait forte impression: «Quand elle est entrée dans la pièce et a commencé à chanter, ce qui a attiré mon attention était la façon dont elle vous regardait et le ton de sa voix. Elle était sérieuse», a raconté Ty Ty à Vanity Fair. Dans la même publication, la principale intéressée admet avoir été terrifiée au point où ses genoux en tremblaient: «Ce sont des gens qui travaillent avec les plus talentueux dans l'industrie de la musique, et je suis une petite graine, d'une île très lointaine; de seulement pouvoir passer une audition me semblait hors de portée.»

Maîtresse de sa destinée

Si, à ses débuts, Rihanna souhaitait vivement signer pour être sous l'aile d'une compagnie de disques, désormais, elle brille par son indépendance - tout en scellant des partenariats. Ainsi, elle s'est entendue pour prendre possession des bandes maîtresses de tout ce qu'elle a enregistré par le passé et elle s'assure que désormais, ce qu'elle publiera lui appartiendra. Anti, dont elle est la productrice déléguée et dont elle a cosigné à peu près toutes les chansons, est par ailleurs paru sur sa propre étiquette de disques, Westbury Road. La diva se faufile dans chaque branche de son métier, puisqu'elle est aussi copropriétaire du service de musique en ligne Tidal. Fortement intéressée par le milieu de la mode, Rihanna est devenue directrice de création chez Puma. Elle est donc impliquée de près dans la création des collections vêtements, allant jusqu'à choisir les tissus et à superviser chaque pièce, au dire de son gérant. Enfin, autre ramification de son travail, elle a mis sur pied Fr8me, une agence représentant stylistes, coiffeuses et maquilleuses.

Silence, on tourne!

En plus d'être régulièrement sur les planches, en studio ou dans les défilés de mode, Rihanna trouve le temps de côtoyer l'univers du cinéma. On a pu la voir faire des caméos dans quelques productions, jouer son propre rôle, parfois avec humour comme dans This Is the End (2013), ou toucher carrément à la fiction dans Battleship (2012). Elle y a visiblement pris goût: l'an dernier, elle donnait sa voix à l'un des personnages principaux du film d'animation Home, de DreamWorks. Ça se poursuivra en 2017, puisqu'elle jouera dans le film Valerian and the City of a Thousand Planets, de Luc Besson, une adaptation de la bande dessinée Valérian. Elle y jouera auprès de Dane DeHann, qui incarnera le héros, et de Cara Delevingne, qui sera Laureline. Besson a parlé à Vogue, mais s'est gardé de donner trop de détails sur le personnage de Rihanna, autrement qu'elle change de personnalité toutes les 15 secondes. «Comme vous pouvez l'imaginer, étant donné qu'elle est numéro un dans son milieu, elle a une armure, comme un crocodile, a indiqué le réalisateur. Mais elle s'est abandonnée. J'ai été très touché.»

Dans la loge de Rihanna

Qu'y aura-t-il dans la loge de Rihanna lorsqu'elle s'arrêtera au Centre Vidéotron? Selon la liste dévoilée par Ellen DeGeneres, lors de la visite de la chanteuse à son émission en février: des Cheetos réguliers, des Cheetos piquants, des céréales Golden Grahams, des biscuits Oreo, des nouilles à bouillir Cup Noodles, du vin blanc et du vin rouge, de la vodka, du soda, des olives à l'ail. L'artiste mange-t-elle de tout ça? Elle admet que non, précisant qu'elle n'a pas ingéré de Golden Grahams depuis deux ans, mais qu'elle a un faible pour les bâtonnets de fromage. «J'aime seulement être prête, tu ne sais jamais où tu te retrouveras.» Certes, on ne peut pas dire que la liste trahit un fin gourmet, or Rihanna a confié dans une autre entrevue aimer manger et préférer compenser son appétit par des exercices quotidiens plutôt que de se priver.

***

Vous voulez y aller?

  • Qui: Rihanna avec Travis Scott comme invité
  • Quand: Mardi, 5 avril, à 19h30
  • Où: Centre Vidéotron
  • Billets: de 40 $ à 143 $
  • Info: lecentrevideotron.ca

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