Pierre Lapointe en clair-obscur

Pierre Lapointe chante au milieu d'une forêt de lutrins... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Pierre Lapointe chante au milieu d'une forêt de lutrins métalliques lumineux.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / Pour un gars qui a échafaudé un concert autour de ses chansons les plus tristes, Pierre Lapointe a dilaté bien des rates mercredi soir à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre. Seul au piano, le chanteur cultive plus que jamais les contrastes avec son spectacle Paris tristesse.

Au milieu d'une forêt de lutrins métalliques lumineux, Pierre Lapointe offre avec ce nouveau tête-à-tête une rencontre en clair-obscur. On le voit dans les éclairages soignés d'Alexandre Péloquin, où les zones d'ombre parlent presque autant que celles de clarté. Ils créent un écrin tout indiqué pour la poésie souvent torturée du répertoire sélectionné, qui offre un très bon survol de la carrière du chanteur. On le comprend encore davantage dans la prestation de ce dernier, qui, avec cette récente aventure en solo, prouve une nouvelle fois à quel point ses chansons peuvent prendre un relief différent lorsqu'on les dénude. 

«Ça va être rough», a prévenu Lapointe d'entrée de jeu, dédiant cette représentation de Paris tristesse, qui fait suite à la parution l'an dernier de l'album du même nom, à quiconque «s'est fait flusher dans les six derniers mois». Bien sûr, le chanteur nous menait en bateau. Parce que s'il continue de laisser souvent le micro à son personnage hautain (plus en forme que jamais!), notre homme a le bien-être de ses fans à coeur: il l'a encore prouvé en se prêtant au jeu des questions et réponses en fin de concert. 

Et comme Pierre Lapointe ne souhaite pas «avoir de morts sur la conscience», il a bien pris soin de varier les ambiances. Intense et à fleur de peau dans ses chansons, qu'il a livrées par blocs, dans une écoute quasi religieuse. Puis franchement drôle dans ses interventions. Celles-ci sont visiblement écrites, ce qui n'empêche pas celui qui embrasse l'étiquette du «chanteur populaire» de rebondir sur ce qui se passe dans la salle. Aux fans qui lui réclamaient des demandes spéciales, il n'a pas tardé à fermer la porte: «Regardez bien mon visage... Est-ce que je ressemble à Gregory Charles?» a-t-il lancé sous les éclats de rire. 

Au coeur d'un récital qui pourrait prendre des airs solennels, on ne pourra pas reprocher à Pierre Lapointe de chercher à détendre l'atmosphère. Mais il pousse parfois le bouchon un peu trop. Si sa chute s'avère bien punchée, sa longue intervention sur son amie Monia Chokri - «la muse de Xavier Dolan qui est allée à Cannes» - aurait gagné à être resserrée un peu. Et s'il fait plaisir à ses fans en intégrant Deux par deux rassemblés - une chanson qui, de son propre aveu, le «fait chier», mais avec laquelle il est «pogné» -, il a un peu gâché une très belle relecture par un excès de cabotinage. 

Pierre Lapointe chante de nouveau au Grand Théâtre jeudi. La représentation affiche toutefois complet.

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