Duo Amal: un bal musical passionné

Les pianistes Yaron Kohlberg et Bishara Haroni, tous deux âgés... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les pianistes Yaron Kohlberg et Bishara Haroni, tous deux âgés de 33 ans, forment un duo attachant, très expressif et bien de son temps.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / Le temps d'un concert, la salle de bal du Château Frontenac a de nouveau accueilli le public du Club musical de Québec. La vénérable institution y a présenté des récitals de 1923 à 1971 et accueillait jeudi le fougueux Duo Amal, formé de l'Israélien Yaron Kohlberg et du Palestinien Bishara Haroni.

Entre les chandeliers et les tentures, des centaines de chaises bien alignées font face à la petite scène où sont lovés deux pianos à queue. On n'y est pas aussi confortables que dans les sièges en dénivelé du Grand Théâtre, les notes semblent s'égarer dans l'espace plutôt que d'être dirigées vers l'assistance, mais puisque le Club a décidé de faire un retour dans le temps pour ses 125 ans, on se prête de bonne grâce aux aléas de ce contexte inusité.

Les pianistes, tous deux âgés de 33 ans, forment un duo attachant, très expressif et bien de son temps. Ils lisent leurs partitions sur une tablette reliée à une pédale à l'aide de laquelle ils peuvent tourner les pages, un système que Yaron Kohlberg a pris soin d'expliquer brièvement au public entre deux pièces.

S'échangeant régulièrement des regards, s'enflammant, se relançant, voire se narguant, selon les passages, ils jouent avec un plaisir visible, attentifs aux émotions et aux variations qui sous-tendent les pièces. Leur face-à-face à deux claviers prend des allures de joute et de conversation musicale échevelée. Ils n'en sont pas moins synchronisés et rigoureux... Une interprétation qui semble si aisée cache assurément de longues heures de travail ardu.

Ils ont amorcé leur récital avec la Symphonie n° 1 en ré majeur de Prokofiev, une pièce remplie de l'effervescence et de la légèreté de l'entre-deux-guerres. Le dernier segment, très rapide, qui se déploie pour comme une spirale jusqu'à une apothéose qu'ils ont soulignée dans un même élan, les bras projetés vers l'avant, était particulièrement réussi. On pourrait bien leur reprocher une petite surdose de passion, même si celle-ci était visiblement contagieuse.

Fantaisie (tableaux) pour deux pianos de Rachmaninov est une oeuvre plus tortueuse et veloutée. On y entend les cloches de la Pâque russe qui éclatent dans une furieuse effusion après des passages plus lents et syncopés. Les pianistes y ont fait preuve de plus de retenue et de concentration, mais de tout autant de fougue.

Les scènes burlesques en quatre tableaux tirées du ballet Petrouchka, de Stravinsky, leur ont permis de démontrer toute leur maîtrise de l'instrument et du jeu à deux. Passant allègrement d'une atmosphère à l'autre, jouant avec les caractères des différents personnages, ils nous ont raconté une histoire sans paroles vive et pleine d'esprit.

Au rappel, le duo a attaqué La danse du sabre de Khatchatourian, une pièce endiablée qui leur a valu une vive ovation.

Le concert était présenté une seule fois, jeudi soir, à la salle de bal du Château Frontenac.

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