L'art de façonner son ascension

Emmanuelle Proulx (Men I Trust), Dragos Chiriac (Ghostly... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Emmanuelle Proulx (Men I Trust), Dragos Chiriac (Ghostly Kisses, Men I Trust) et Margaux Sauvé (Ghostly Kisses). Si les deux formations sont fières d'avoir obtenu un nombre impressionnant d'écoutes sur Spotify, grâce à leur façon d'aborder les sites et les blogues spécialisés, l'heure est maintenant venue de monter sur les planches.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Il y a moins de deux ans, ni Ghostly Kisses ni Men I Trust n'existaient ailleurs que dans les fantasmes de leurs membres. Aujourd'hui, les deux formations de Québec ont non seulement fait leur marque dans l'univers virtuel, mais elles s'apprêtent à plier bagage pour le Canadian Music Week, à Toronto, question d'accentuer leur rayonnement.

Ghostly Kisses peut se targuer d'être au nombre des artistes ayant été écoutés plus d'un million de fois sur Spotify, grâce à la pièce Such Words. L'électro pop aérienne de Margaux Sauvé (voix, violon) et Dragos Chiriac (claviers, programmation, réalisation), qui a fortement circulé dans les réseaux spécialisés, a suscité un engouement certain, avant même qu'un album ne soit paru.

«[Faire paraître des simples un à un] c'est une manière qui a bien fonctionné pour nous jusqu'à maintenant, constate Dragos. Un album, c'est beaucoup d'efforts et la visibilité passe très vite. De plus en plus, on a notre son, mais c'est aussi l'occasion de le façonner, chanson par chanson, et d'aller chercher de l'attention.»

Le duo continue dans la même direction avec sa nouvelle pièce, Roses, lancée le 24 mars. Un vidéoclip - le premier du groupe - vient en appui au chant délicat de Margaux Sauvé et à la musique du groupe. Dragos Chiriac a emprunté une caméra professionnelle et s'est chargé du tournage, repérant un lieu et une étudiante en danse, qui est au coeur du clip. Après quoi, il a accompli le montage.

Le plus indépendant possible

L'autosuffisance est au coeur de la démarche de Ghostly Kisses. De ce côté, Dragos Chiriac joue un rôle-clé : après des études universitaires en philosophie, il a décidé de faire un certificat, puis une maîtrise en réalisation audionumérique à l'Université Laval. Il poursuit désormais l'aventure avec un doctorat, mais en axant toujours ses études sur sa propre démarche créative. Ceci lui a permis non seulement de parfaire ses connaissances techniques, mais d'avoir accès à de l'équipement de pointe, au Laboratoire audionumérique de recherche et de création (LARC).

«On est autosuffisant sur tous les aspects techniques. Et c'est vraiment pour ça que j'ai étudié à l'université. C'est très cher, louer un studio ou de faire affaire avec un ingénieur en matriçage qui va pouvoir rendre un son professionnel aux chansons, pour qu'elles sonnent larges et commerciales. C'est ce que j'ai remarqué avec des pièces plus amateurs : il n'y avait pas cette qualité dans la production. De A à Z, on est capable de composer nos chansons, d'enregistrer nous-mêmes et de les rendre à l'étape de postproduction sans intermédiaire.»

L'artiste aux racines roumaines est aussi membre de la formation Men I Trust, avec Jessy Caron (guitares), et les chanteuses Emmanuelle Proulx et Odile Marmet-Rochefort. La troupe s'intéresse à une veine électro pop qui prend tantôt la direction du trip hop, tantôt du funk. Comme avec Ghostly Kisses, on fait dans la retenue et l'approche est très soignée. Encore là, les membres se chargent d'à peu près toutes les étapes de la chaîne, de la création à la publication. Le quatuor vient d'ailleurs de lancer la pièce Humming Man, appuyée, aussi, d'un clip autoproduit.

«Les bands ont toujours eu l'impression qu'ils devaient avoir un intermédiaire ou quelqu'un de plus compétent, mais pour ce qui est de faire des playlists et pour tout ce qui se passe sur Internet, il n'y a personne de plus formé que nous, estime Emmanuelle Proulx. On est la première génération qui pense comme ça, qui conçoit sa musique comme ça. On doit nous-mêmes approfondir nos propres connaissances parce qu'il n'y a pas d'autres gens qui peuvent nous aider.»

Vers la scène

Si les deux formations sont fières d'avoir obtenu un nombre impressionnant d'écoutes sur Spotify, grâce à leur façon d'aborder les sites et les blogues spécialisés, l'heure est maintenant venue de monter sur les planches. Ghostly Kisses et Men I Trust ont déjà une quinzaine de spectacles derrière la ceinture et ils sentent qu'il est temps d'augmenter l'expérience de ce côté, au Québec, mais aussi ailleurs. 

«On a fait parler de nous, on a des écoutes sur Spotify, mais les gens ont le goût de nous voir et veulent aussi confirmer ce qu'on sait faire», constate Margaux Sauvé.

Ceci pourra se faire durant le Festival de jazz de Montréal (les 6 et 7 juillet), ainsi qu'au Festival d'été de Québec (15 juillet). Mais auparavant, les deux formations s'arrêteront à Gatineau (4 mai), puis à Toronto, au grand rassemblement de l'industrie qu'est le Canadian Music Week (5 et 6 mai). Cet arrêt dans la Ville reine aura pour but de donner des vitrines, mais aussi de développer de nouveaux contacts afin d'assurer le développement et la pérennité des formations.

«On veut trouver des gens qui font du placement en édition, précise Dragos. On veut amener notre musique au cinéma. [...] On aimerait aussi être dans des publicités, des téléséries, bref placer notre musique ailleurs que dans des diffusions plus traditionnelles. On aimerait être collé à l'image, à la publicité et diffusé à la radio, pas juste traditionnelle, mais satellite...»

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