Staier joue Mozart: comme une pièce montée

Andreas Staier est d'une aisance, d'un aplomb et... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Andreas Staier est d'une aisance, d'un aplomb et d'une légèreté remarquables.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / Les programmes de Fabien Gabel sont comme des pièces montées où des ingrédients familiers et apprêtés avec soin côtoient des saveurs inusitées. Le mélange peut surprendre, mais aiguise notre intérêt tout en stimulant nos papilles musicales.

Le public a chaudement applaudi l'entrée du maestro, qu'on n'avait pas vu à Québec depuis le concert Hollywood en famille, en décembre. Tout au long du concert, on sentait que les musiciens étaient concentrés et heureux, avides de donner le meilleur d'eux-mêmes, ce qui a donné au concert un souffle splendide. 

Entre des oeuvres de Mozart et de Bizet, le chef a servi au public de l'OSQ Time and Again, du Torontois John Rea, qui a été composé pour le Festival des arts des Olympiades de Calgary en 1988. Le compositeur est venu adresser quelques mots au public avant l'interprétation de son oeuvre, qui devait s'inspirer des jeux d'hiver. «J'ai centré mon attention sur la respiration, l'action ondulante du corps, le second souffle», a-t-il noté. L'oeuvre où l'orchestre est effectivement animé par un souffle qui s'accélère, s'épuise, puis reprend, a permis aux musiciens de faire émettre des sons singuliers à leurs instruments. D'abord sous l'impression d'être transportés dans un film noir, nous nous sommes vite retrouvés au coeur d'un blizzard sifflant, un peu désorientant par rapport aux oeuvres classiques. La pièce contemporaine faisait toutefois un intéressant contrepoint au reste du programme.

La première partie du concert était consacré à la courte Symphonie no 32 en sol majeur et au Concerto pour piano no 17 en sol majeur de Mozart. Le pianiste, pianofortiste et claveciniste allemand Andreas Staier est venu rejoindre l'orchestre pour ce dernier. Le soliste est d'une aisance, d'un aplomb et d'une légèreté remarquables. Chaque note tombait à point, portée par une énergie ciblée et bien dosée. Il a livré un Allegro plein de vitalité, moqueur et vif, un Andante plus triste et mélancolique et un Allegretto simplement subjuguant. L'homme mûr souriait doucement, habité par la sérénité et la richesse de l'oeuvre pleine de contrastes.

Le programme se terminait par la Symphonie en do majeur, de Georges Bizet, qu'on connaît surtout pour les partitions de l'opéra Carmen. L'oeuvre s'est avérée être la pièce de résistance du concert, allègre, vive, inventive et animée de la fougue théâtrale qu'affectionne le directeur musical de l'OSQ. 

Au lutrin, Gabel ne se contente pas de battre sagement la mesure; il exprime plutôt un discours savamment articulé avec ses mains et son corps tout entier. Le vocabulaire est riche et l'émotion, communicative. Sous sa gouverne, l'orchestre semble avoir plus d'élan qu'à l'habitude et un souci plus marqué des détails, pour notre plus grand bonheur.

Le concert était présenté mercredi soir au Palais Montcalm.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer