La passion selon saint Matthieu: ravissement et recueillement

La passion selon saint Matthieu nécessite deux orchestres,... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La passion selon saint Matthieu nécessite deux orchestres, deux choeurs, six solistes et un choeur d'enfants. Bernard Labadie dirige chacun des groupes avec un visible plaisir.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / Bernard Labadie a guidé Les Violons du Roy et La Chapelle de Québec pour un splendide oratorio jeudi soir au Palais Montcalm. La passion selon saint Matthieu est non seulement la plus longue des oeuvres de Bach, mais aussi une magistrale profession de foi, où la musique des instruments et des voix touche au sublime.

Cette oeuvre qui nécessite deux orchestres, deux choeurs, six solistes et un choeur d'enfants implique la même démesure que les pièces-marathons des festivals de théâtre actuels. Sauf que la dimension mystique de l'oeuvre appelle au recueillement, un état devenu rarissime dans le quotidien effréné du XXIe siècle.

On éprouve une impression semblable devant Le Messie de Handel, mais La passion selon saint Matthieu nous a semblé avoir des teintes plus délicates, un éventail d'émotions et de sonorités plus fines. Dès le premier mouvement, qui sollicite tout l'orchestre et le choeur, un frisson de ravissement nous traverse, on se sent transporté ailleurs. La suite est une succession de narrations, portées par le ténor John Mark Ainsley, de récitatifs où toutes les voix ont leurs moments de beauté, d'interludes musicaux, de moments de communion et de duos inventifs.

Les solistes et les choeurs y chantent en allemand les derniers jours du Christ, de son arrestation à sa mise au tombeau. On y exprime l'amour infini, la trahison, l'injustice, le repentir et la foi avec une passion tour à tour sincère, fébrile ou impétueuse. 

Bernard Labadie dirigeait chacun des groupes avec un visible plaisir, bougeant de la tête aux pieds, même s'il a besoin d'une chaise pour soutenir ses jambes, remuant les lèvres en même temps que le choeur, accompagnant avec des mouvements précis les performances des solistes. 

Karina Gauvin et Andrew Foster-Williams ont tous deux livré des récitatifs mémorables, précis et portés par une émotion soutenue. John Mark Ainsley, en évangéliste, et Neal Davies, en Jésus, avaient tous deux les voix puissantes qu'il fallait pour être les deux piliers de la narration.

Le solo de violon inspiré Pascale Giguère, accompagnant la voix ample et chaude de Marie-Nicole Lemieux chantant le repentir de Pierre et les deux moments où la viole de gambe, sous l'archet de Mélisandre Corriveau, fait entendre son chant triste et particulier étaient particulièrement émouvants.

Le concert, vu mercredi soir au Palais Montcalm, a également été présenté jeudi au même endroit et sera présenté samedi à la Maison symphonique à Montréal.

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