L'opéra, une nouvelle brique pour The Wall

Roger Waters était de passage dans la métropole,... (La Presse, François Roy)

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Roger Waters était de passage dans la métropole, jeudi, pour suivre la transition de The Wall du milieu rock vers le milieu classique et pour prendre part à la conférence de presse du dévoilement de la 37e saison de l'Opéra de Montréal.

La Presse, François Roy

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(Montréal) C'est en mars 2017 que The Wall, l'oeuvre de Roger Waters, verra le jour sous forme d'opéra, à Montréal. La création, intitulée Another Brick in the Wall, sera mise en scène par Dominic Champagne.

Roger Waters était de passage dans la métropole, jeudi, pour suivre la transition de The Wall du milieu rock vers le milieu classique et pour prendre part à la conférence de presse du dévoilement de la 37e saison de l'Opéra de Montréal. Le créateur de 72 ans n'a pas caché que, lorsqu'on l'avait abordé avec cette proposition d'adaptation lyrique, il était sceptique. Mais quand il a entendu la musique de Julien Bilodeau (lire l'autre texte), il a été gagné.

«Je ne m'attendais pas à être touché et j'ai été touché. On a passé la matinée en réunion, et j'ai été encore touché. Alors, j'ai approché ce projet avec beaucoup d'enthousiasme et avec le coeur ouvert.»

Comme Le Soleil le révélait en novembre dernier, c'est à l'occasion du 375e anniversaire de Montréal que cette production aura lieu. Elle sera défendue par 10 solistes, 48 choristes et 70 musiciens. Étienne Dupuis campera le rôle de Pink, tandis qu'Alain Trudel se chargera de la direction de l'orchestre.

The Wall relate le parcours de Pink, qui a perdu son père à la guerre et a grandi sous l'aile surprotectrice de sa mère et d'un professeur despotique. Il devient éventuellement une star du rock dont de nouveaux tourments l'amènent à s'isoler, à développer un comportement fasciste et donc à bâtir un mur entre lui et les autres.

«Julien a fait des liens de manière gracieuse avec la musique que j'ai faite, et on peut l'entendre, a précisé Waters. Il a apporté ça ailleurs, dans une oeuvre complètement différente, qui développe une vie en tant que telle, qui est dans une tradition classique, où les idées musicales qu'on peut attraper sont toujours traitées avec respect, mais d'une manière sophistiquée que je n'aurais pas tentée. Le livret, les mots sont les miens, exprimés dans un texte qui est le mien, mais d'une manière qui est intellectuellement captivante et qui est enveloppante sur le plan émotionnel.»

Bien qu'il ait donné carte blanche à l'équipe, Roger Waters est tenu au courant de la progression des travaux. Fait intéressant, il retrouve le metteur en scène Dominic Champagne, avec lequel il avait commencé à travailler sur un projet autour de The Wall, il y a quelques années, mais qui n'avait jamais abouti.

«On se sent donner beaucoup de liberté par quelqu'un de cette envergure-là, qui supporte tes intuitions, confie Champagne. Encore aujourd'hui, on a travaillé avec un créateur qui s'émeut devant la beauté, qui s'émeut devant la douleur du monde.»

Sept représentations d'Another Brick in the Wall - L'opéra sont prévues entre le 11 et le 24 mars 2017. Les billets sont en prévente jusqu'au 20 mars au operademontreal.com.

Une tournée à venir?

Pour l'instant, la version opéra de The Wall n'est prévue qu'à Montréal, mais foi de Roger Waters, l'oeuvre sera appelée à voyager. D'ailleurs, Le Soleil a appris que les droits avaient été obtenus pour une tournée mondiale. «Je n'ai aucun doute que quelqu'un d'autre sera intéressé. J'ai mon propre opéra [Ça ira] qui est à propos de la Révolution française et je travaille continuellement avec des compagnies que ce soit au Brésil, dans les pays de Galles ou ailleurs. Je donne des concerts à Istanbul en novembre, avec une formation de 70 musiciens et 6 solistes. Je suis certain que [cette création] trouvera une vie dans d'autres villes, dans d'autres compagnies d'opéra autour du monde.»

Julien Bilodeau Another Brick In The Wall

Le fameux épisode du crachat

Ce n'est pas un hasard si la conférence de presse qui a révélé les détails entourant l'opéra Another Brick in the Wall avait lieu au Stade olympique, jeudi. C'est là, le 6 juillet 1977, que Roger Waters a donné avec Pink Floyd un concert qui a mal tourné et qui l'a inspiré pour écrire The Wall.

Ce soir-là, la communication entre Pink Floyd et la foule montréalaise était tellement laborieuse que le chanteur et bassiste a craché sa rage au visage d'un spectateur turbulent. Au fil des ans, toutes sortes de versions de l'incident ont circulé. Invité par Le Soleil à partager ses souvenirs de cet épisode, le principal intéressé a admis ne plus se rappeler précisément ce qui s'était passé, la mémoire n'étant pas un «dispositif fiable».

«Ce que je crois qui s'est passé, c'est que j'étais écoeuré de jouer devant des gens qui, en tout respect pour la population de Montréal, était entièrement soûls et ne portaient pas tellement attention à ce qui se passait sur la scène. Un jeune s'est approché de la scène, et j'aurais craché dessus. Qui sait si je l'ai fait ou pas... Mais je me rappelle que très peu de temps après, qu'importe ce qui s'est passé ce jour-là, j'ai réalisé que j'étais à la mauvaise place, au mauvais moment, faisant la mauvaise chose. Et j'ai eu besoin d'exprimer le fait que je ne me sentais plus humain et que je voulais me sentir humain. Ma réaction face à cela a été d'écrire un show qui impliquait de bâtir un énorme mur entre moi et les gens avec lesquels j'essayais de communiquer.»

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