Feydeau, c'est du sport!

Les comédiens accueillent les spectateurs en sous-vêtements d'époque... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les comédiens accueillent les spectateurs en sous-vêtements d'époque et proposent un choix de six courtes pièces de Georges Feydeau.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / On n'avait apparemment jamais joué Georges Feydeau à La Bordée. C'est maintenant chose faite : le maître du vaudeville s'est installé rue Saint-Joseph et pas qu'à moitié. Typée à souhait et 100 % assumée, la production qui porte son nom ouvre la porte sur un exercice théâtral pour le moins sportif, un peu inégal, mais qui fait des flammèches quand il touche la cible.

Mise en scène par Jacques Leblanc, la rencontre se veut d'abord interactive. Pas question d'imposer un programme au public, c'est lui - ou plutôt des «volontaires» désignés par leur numéro de siège - qui aura le dernier mot. Les comédiens, qui ne sont plus tout à fait eux-mêmes, mais pas encore en personnages, accueillent les spectateurs en sous-vêtements d'époque et proposent un choix de six courtes pièces signées Georges Feydeau. Quatre d'entre elles sont sélectionnées par la salle et le spectacle, ponctué de quelques chansons légères ou grivoises, peut ainsi se mettre en branle. 

À la première, mercredi, une dénommée Sylvie a choisi Amour et piano, Lydie a jeté son dévolu sur C'est une femme du monde, Frédérique s'est laissée tenter par Un bain de ménage et Émile par Dormez, je le veux! Au menu : de l'adultère à tous vents, une accumulation de quiproquos, de l'absurde à revendre... Et de la franche rigolade, aussi, quoique les pièces n'ont pas toujours atteint leur objectif avec la même efficacité. Alors que la deuxième et la dernière ont provoqué de grands éclats, les deux autres, peut-être par leur propos encore plus simpliste, ont un peu moins fait le poids.

Dans cette proposition un peu casse-gueule, les comédiens, qui ne savent pas exactement ce qu'ils vont jouer avant la toute dernière minute, n'ont qu'à se tenir prêts. Ça tombe bien, ils le sont. Jouant tour à tour les faire-valoir et ceux par qui le rire arrive, les acteurs s'emparent avec aplomb d'un texte réglé comme un métronome où les tons, les accents et les tics de langage pullulent : Patrick Ouellet nous a notamment servi un zozotement de compétition, tandis Monika Pilon se la joue belge d'hilarante manière. Quand vient le temps d'incarner de fausses femmes du monde, cette dernière s'en donne aussi à coeur joie avec Chantal Dupuis dans un truculent festival de temps de verbes (parfois écorchés) et une grotesque volonté de bien «perler». 

Et comme l'humour de Feydeau est souvent aussi physique, la polyvalente troupe joue la carte à fond avec la pièce Dormez, je le veux!, dans laquelle un domestique (Olivier Normand) se plaît à hypnotiser son patron. Du grand ridicule - voire du carrément niaiseux... -, mais livré entièrement, sans compromis. On embarque!

La pièce Feydeau est présentée à La Bordée jusqu'au 26 mars.

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