Cirkopolis: réenchanter le monde

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(Québec) CRITIQUE / Avec Cirkopolis, le Cirque Éloize a imaginé une grande ville où clowns, acrobates et rêveurs portent des couleurs vives à l'envers de leurs vestons gris. La troupe montréalaise nous entraîne dans ses entrailles mécaniques à travers des numéros qui ravissent, amusent et coupent le souffle.

De ce spectacle qui roule depuis des lustres aux quatre coins du monde, mais qui s'arrête pour la première fois à Québec, on retient la tendresse et la poésie. Il suffit qu'Ashley Carr fasse tourbillonner un portemanteau pour que la robe rouge à qui il fait la cour s'anime et se gonfle. Cet être rêvé, absent, fait partie du rêve éveillé du clown, un personnage gris accablé de travail, croulant sous les papiers à tamponner.

On entre d'abord dans son bureau où les personnages à imperméable et à chapeau marchent d'un pas décidé, ce qui n'est pas sans rappeler Joe de Jean-Pierre Perreault. On y sent la touche du chorégraphe Dave St-Pierre, qui signe la mise en scène avec Jeannot Painchaud : déplacements en quadrillé, marches en variation, peloton du conformisme... Mais on sent déjà que les corps brûlent de s'élancer dans les airs. 

Le bureau et les tabourets à roulettes valsent bientôt du bout à l'autre de la scène pour un numéro de main à main et un numéro de jonglerie. 

Une demoiselle en robe rouge valse avec une roue Cyr, une autre en robe mauve multiplie les contorsions et les pirouettes en marchant sur cinq porteurs qui se font un point d'honneur de ne jamais lui faire toucher le sol. La voix de Pascale Picard accompagne sa marche irréelle. Le numéro est sublime, mémorable.

Pendant ce temps, les projections de rouages mécaniques et d'architectures pleines de lignes et d'arches défilent. On se sent dans un film, quelque part entre Les temps modernes de Charlie Chaplin, Metropolis de Fritz Lang et Les parapluies de Cherbourg. La trame sonore est particulièrement intéressante et marie sans cesse les sons plus modernes, plus pop et plus urbains aux sonorités jazz et tziganes.

Les trois interprètes féminines y sont tour à tour clownesques et envoûtantes. Le duo de trapèze est un flot continu de cascades agiles. Selene Ballesteros-Minguer exécute un exigeant numéro de corde lisse où le défilement des images en arrière-fond accentue le côté vertigineux de son escalade. Le duo de mât chinois, où un essaim d'acrobates au sol ajoute du mouvement au numéro déjà impressionnant. 

Les hommes, eux, y sont à la fois clowns et acrobates. Le numéro de roue allemande, où ils se livrent à une étonnante chorégraphie autour de la structure de fer, est l'un des moments forts du spectacle.

Au-delà des prouesses personnelles, c'est l'unité, cette symbiose que l'on sent au sein de la troupe, et la délicatesse des contrastes qui nous marquent. Un instant, on cabotine et l'autre, on nous tire presque une larme; une minute, c'est la fête, puis soudain, c'est le rêve. 

Cirkopolis est présenté jusqu'à samedi au Capitole.

Cirkopolis

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