Cirkopolis: plaidoyer pour la beauté

Cirkopolis a été présenté à Montréal, au Théâtre... (Photothèque Le Soleil)

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Cirkopolis a été présenté à Montréal, au Théâtre Maisonneuve, en novembre 2013. Après avoir été acclamé dans de nombreux pays, le spectacle met enfin le cap sur Québec, début mars.

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(Québec) La monotonie du travail vous ennuie? La grisaille vous pèse? Le Cirque Éloize a peut-être un remède pour vous. Plus de trois ans et près de 400 représentations après sa création, le spectacle Cirkopolis arrive enfin dans la capitale avec son plaidoyer poétique pour la beauté et l'expression de soi.

«L'espoir, c'est ça qui nous intéresse chez Éloize, depuis le début», lance le directeur artistique du Cirque, Jeannot Painchaud. «On n'est pas revendicateur, on ne prend pas de positions politiques, ajoute-t-il. On ne fait pas des spectacles engagés de cette manière-là. On est engagés pour l'expression de soi, pour la beauté du monde. C'est plutôt ça qui nous intéresse. Je trouve qu'on a plus de chances de créer un monde meilleur en parlant d'espoir qu'en étant tout le temps dans la dénonciation. C'est certain qu'il faut dénoncer des trucs. Mais ce qu'on essaie d'amener comme énergie, c'est plutôt d'aller vers qui on est.»

Ancré dans des références comme Metropolis de Fritz Lang, Le château de Franz Kafka et Brazil de Terry Gilliam, Cirkopolis emmène donc le public au boulot. De surcroît dans un bureau tout gris, «dans un monde d'engrenages où on broie les humanités», décrit Jeannot Painchaud. Et le spectacle pose une question primordiale: «Comment j'arrive à être moi-même dans un monde où tout est en place pour m'en empêcher? résume le patron d'Éloize. Le monde du travail est évidemment un exemple assez facile pour parler de ça.»

Mis en scène par Jeannot Painchaud et le chorégraphe Dave St-Pierre, le spectacle se plaît à mesure qu'il se déploie à enjoliver la grisaille, alors que les personnages expriment leur individualité. «Ce n'est pas sombre du tout, assure Painchaud. Esthétiquement, on installe quelque chose et on voit apparaître des couleurs, de la poésie... C'est l'humanité, finalement, qui reprend sa place.»

Avec l'apport du chorégraphe Dave St-Pierre, la danse est évidemment bien présente dans Cirkopolis, qui mise aussi beaucoup, selon le metteur en scène, sur l'humour et les prouesses acrobatiques. «Évidemment, c'est un spectacle de cirque, ajoute-t-il. On est "on the edge", on a peur de les voir tomber!»

Aux quatre coins du monde

Présenté pour la première fois en Finlande à l'automne 2012, Cirkopolis a accumulé les kilomètres et multiplié les publics depuis sa création. «On a joué le spectacle en Roumanie et ç'a eu un gros impact, note Jeannot Painchaud à titre d'exemple. Dans les pays de l'Est, l'imagerie un peu expressionniste allemande, ils se sont reconnus là-dedans!»

En 2014, le spectacle a été récompensé à New York d'un Drama Desk Award, un prix de la critique théâtrale décerné parmi toutes les productions présentées sur Broadway et ailleurs en ville. «C'était totalement inattendu, se réjouit Jeannot Painchaud. Ces prix-là sont donnés tous spectacles confondus. Déjà d'être nommé, c'était surprenant. On avait déjà été finalistes pour Rain il y a longtemps. Donc, cette fois, je me suis rendu à New York... Et ils nous ont nommés. C'était un beau moment.»

En 2015 seulement, Éloize a dénombré pour Cirkopolis quelque 100 000 spectateurs, 140 représentations, 15 000 kilomètres parcourus entre 30 villes et 6 pays. La troupe qui s'installera au Capitole du 2 au 5 mars est la deuxième à donner vie à Cirkopolis, mis à part deux artistes qui prennent part à l'aventure depuis le début. Ils seront 10 sur scène, venant de 7 pays (Hollande, Uruguay, Suisse, France, Canada, États-Unis et Angleterre).

«C'est un show qui était au départ très chorégraphié, estime Jeannot Painchaud. Tous les éléments étaient là, mais on dirait qu'avec le temps, il y a des touches d'humour, plus de poésie, plus d'humanité qui ont trouvé leur place. Il est devenu plus complet.»

***

Vous voulez y aller?

  • Quoi: Cirkopolis
  • Qui: Cirque Éloize
  • Quand: du 2 au 5 mars à 14h ou à 19h30
  • Où: Capitole
  • Billets: 51 $ ou 56 $
  • Info: 418 694-4444

Le président et directeur artistique du Cirque Éloize,... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 4.0

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Le président et directeur artistique du Cirque Éloize, Jeannot Painchaud, en compagnie de l'artiste multidisciplinaire spécialisé en art clownesque Jérémy Vitupier

Le Soleil, Yan Doublet

Deux clowns médaillés

En termes de clownerie, le spectacle Cirkopolis peut compter sur deux experts. Antonin Wicky et Jérémy Vitupier ont participé fin janvier à Paris au Festival mondial du cirque de demain, sorte de coupe du monde des arts du cirque. Toutes catégories confondues, ils sont repartis avec la médaille de bronze.

Originaires de Suisse et de France, les deux artistes multidisciplinaires, mais spécialisés en art clownesque, ont traversé l'océan pour faire leurs classes à l'École de cirque de Montréal, «l'une des plus prestigieuses au monde», selon Vitupier. Oui, être clown, ça s'apprend à l'école. Non, ce n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire... Et ils sont, semble-t-il, de moins en moins nombreux à pratiquer cette discipline, qui se modernise avec ses nouveaux interprètes.

«Il y a une catégorie qui s'appelle les nouveaux clowns, explique Jérémy Vitupier. C'est un peu comme la danse contemporaine ou le cirque contemporain. Ça évolue avec son temps. Mais c'est vrai qu'il y a de moins en moins de clowns. À l'école, on était trois en troisième année et il n'y en avait plus après nous. Et même dans le Festival, ça faisait très longtemps que des clowns n'avaient pas remporté de prix.»

Un patron fier

Le président et directeur artistique du Cirque Éloize, Jeannot Painchaud, a lui aussi remporté une médaille au Festival de Paris. C'était en 1992, un an avant la fondation d'Éloize, avec un numéro de vélo acrobatique. Et il n'est pas peu fier de ses deux employés.

«Ils font un travail exceptionnel, Jérémy et Antonin, clame-t-il. Il y en a peu aujourd'hui qui font ça. Ce que le cirque permet, c'est justement une complémentarité avec les autres disciplines pour donner plus d'outils au clown. Les acrobaties, ce sont des outils. La musique et la danse aussi. C'est assez rare... Ça ne court pas les rues, les bons clowns. C'est un travail de fond, c'est de toucher l'âme. C'est ça un vrai clown.»

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