Steven Wilson, l'infatigable créateur

Steven Wilson n'a pas ralenti le rythme depuis l'amorce... (Naki Kouyioumtzis)

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Steven Wilson n'a pas ralenti le rythme depuis l'amorce de sa carrière solo, en 2011.

Naki Kouyioumtzis

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(Québec) Steven Wilson revient à Québec pour la deuxième fois en huit mois. Qui s'en plaindra? L'ancien leader de Porcupine Tree débarque avec un mini-album flambant neuf, 41/2, de même qu'avec un nouveau spectacle et même une formation élargie, accueillant la chanteuse Ninet Tayeb.

Dire que Steven Wilson est prolifique tient de l'euphémisme. Outre Porcupine Tree, Blackfield, No-Man, Bass Communion ou IEM sont autant de formations qu'il a pilotées et avec lesquelles il a régulièrement pondu des albums. Ce, sans compter qu'il n'a pas ralenti le rythme depuis l'amorce de sa carrière solo, en 2011. Et même s'il fait paraître ses enregistrements sur une base régulière, il trouve le moyen de publier, en parallèle, du matériel inédit. Le plus fascinant? Ces albums, comme Recordings de Porcupine Tree ou le récent 41/2 - ainsi baptisé parce qu'il s'insère entre son quatrième en son cinquième album-, peuvent rivaliser avec les albums réguliers. Est-ce à dire qu'il n'enregistre jamais de mauvaises pièces?

«Oh, mon Dieu, non», s'esclaffe Wilson, joint en Grande-Bretagne. «Je crois que, parce que j'ai cette vision qu'un album doit être une sorte de continuum musical, qu'il doit y avoir un thème et que la musique doit couler naturellement, il y aura toujours des chansons ou des sections de musique qui seront laissées de côté et seront orphelines. [Publier des inédits] est quelque chose que j'ai fait auparavant et que je continuerai sûrement de faire, mais c'est important pour moi que ce ne soit pas en dessous du seuil de qualité qui m'importe. Ceci veut dire qu'il y a beaucoup de musique que vous n'entendrez jamais!»

Une bête intéressante

41/2 est une bête intéressante à plus d'un titre. En premier lieu, c'est un mini-album qui s'étire sur 37 minutes, donc il est aussi long que bien des parutions officielles. On y trouve des compositions que Wilson avait écrites à l'époque de The Raven That Refused to Sing (2013), d'autres pour le récent Hand.Cannot.Erase (2015). L'artiste de 48 ans a même procédé d'une manière nouvelle pour leur donner forme : la structure de base de My Book of Regrets est tirée d'une captation live, qu'il a ensuite enrichie. Fait intéressant, cette piste provient du concert de Wilson à Montréal, l'an dernier - une des premières fois qu'elle a été jouée devant public.

«La pièce avait été écrite durant les sessions de Hand.Cannot.Erase, mais elle n'avait pas été complétée, précise-t-il. Je l'ai achevée durant notre tournée américaine l'an passé et une fois rendu au Canada, on commençait à jouer cette chanson live. [...] C'est vraiment un mélange de live et de studio: la batterie, la basse et les claviers sont tirés du spectacle à Montréal, un peu des guitares, mais le chant et quelques ajouts aussi proviennent du studio. Donc c'est une création studio, mais on y trouve l'énergie et l'atmosphère d'une performance live. J'aime beaucoup ce mélange, c'est quelque chose que je veux faire davantage dans le futur.»

Le mini-album s'achève sur une reprise de Don't Hate Me, une composition qu'il a enregistrée avec Porcupine Tree, à l'époque de Stupid Dream (1999). Depuis un certain temps, le Britannique a pris l'habitude de fouiller dans son répertoire pour déterrer des pièces qui lui sont chères, mais qui n'ont pas nécessairement connu un succès populaire. Parmi celles-ci, Don't Hate Me se distingue par le fait que Wilson partage désormais le micro avec la chanteuse israélienne Ninet Tayeb.

«J'ai toujours imaginé Don't Hate Me comme un duo entre deux personnages. Si vous l'écoutez avec attention, c'est très clair que la personne qui chante dans les couplets n'est pas la personne qui chante dans le refrain; ce sont deux personnes qui se parlent. Dans la version originale, c'était moi qui chantais tout, alors cet aspect a été un peu perdu.»

Une touche de Bowie

Preuve que 41/2 n'est pas pris à la légère, Steven Wilson interprétera des titres du mini-album, lors de son passage à Québec, lundi. Son attention première sera toutefois sur Hand.Cannot.Erase, qu'il jouera en entier, projections et sonorisation en quadriphonie à l'appui. De cette manière, le public pourra encore mieux saisir la courbe dramatique de l'oeuvre.

En plus de permettre de livrer son plus récent album tel qu'il a été conçu et de reprendre Don't Hate Me dans sa nouvelle formule, la présence de Ninet Tayeb est devenue essentielle sur une chanson qui n'avait pas du tout été planifiée pour la tournée : Space Oddity, de David Bowie.

«Le 11 janvier, quand nous sommes partis pour notre tournée européenne, c'était la journée où la planète avait découvert que David Bowie était décédé - ce n'était pas le meilleur des sentiments. J'étais très triste de ça et je voulais faire quelque chose pour rendre hommage à Bowie. On a passé quelque temps à travailler sur notre version et nous l'avons jouée depuis à presque tous les shows où Ninet était présente.»

En oeuvrant en solo, Steven Wilson a peu à peu mis sur pied un groupe réunissant des musiciens de haut calibre. Ces jours-ci, Adam Holzman (claviers), Nick Beggs (basse), Craig Blundell (batterie) et Dave Kilminster (guitares) sont à ses côtés. Si le leader a pris quelque peu de recul face à son propre jeu de six-cordes, devenant davantage directeur artistique de ses projets, il est conscient qu'il a une touche qui est la sienne et il n'est pas question pour lui de la délaisser.

«Je sais que même si je ne suis pas le meilleur musicien, j'ai un son, j'ai une signature quand je joue. Et sur 41/2 il y a plusieurs de mes solos. Je crois que c'est bien d'avoir un équilibre entre mon propre style, un peu primitif, et celui plus accompli des musiciens qui sont dans mon groupe. Et je suis conscient que, parfois, less is more. Je ne veux pas que les gens pensent soudainement que je ne m'intéresse qu'aux excès, je crois que, parfois, la simplicité est la meilleure chose. C'est une leçon que je n'ai pas oubliée.»

À contre-courant du streaming

Pour Steven Wilson, la qualité sonore a toujours été un grand souci. Non seulement il s'assure que ses albums soient enregistrés avec soin, mais il met à la disposition de ses fans des versions en haute résolution, de même que des mixages immersifs 5.1, afin que l'expérience de l'écoute soit complète. Voilà qui est entièrement à contre-courant avec la grande tendance actuelle qu'est l'écoute en ligne ou streaming, mais qui fonctionne, puisqu'il a vendu 20 000 exemplaires du Blu-ray audio de Hand.Cannot.Erase. «Le mp3, puis la supposée évolution vers le streaming, pour moi, c'est une chose très laide comme expérience musicale et comme investissement musical, indique-t-il. Pour plusieurs raisons : la qualité sonore, mais aussi toute cette idée que la musique a entièrement divorcé de toute présence physique. Vous ne pouvez pas tenir la pochette dans vos mains, vous ne pouvez pas sortir le disque ou le CD, vous n'avez plus aucune relation physique avec la musique et pour moi, c'est anti-romantique et anti-sexy. Mais c'est l'avenir et c'est inutile de s'y opposer. Tout ce que je peux faire est de prêcher mon point de vue, qui est que la qualité sonore et la qualité de l'écoute font de l'expérience quelque chose de nettement plus plaisant. Je crois que plusieurs saisissent le message, car je vois bien des jeunes aujourd'hui acheter du vinyle. C'est bon signe, car ils n'ont pas du tout de relation nostalgique avec ce format, comme moi. Ils s'y intéressent simplement, car ils aiment la dimension physique, le côté tactile, la qualité sonore, le rituel de faire tourner les albums et de les collectionner, ce qui est très humain.» 

Steven Wilson - Routine

Dans les oreilles de Wilson

Steven Wilson a pris l'habitude depuis longtemps de partager ce qu'il écoute. Curieux de savoir ce qu'il faisait tourner cette semaine? Blackstar, de David Bowie, arrive en tête, suivi de From My Mind to Yours, de Richie Hawtin. L'album éponyme de Joe Zawinul s'y trouve aussi, de même que The Seaside, de Cardiacs, Solar Music Live, de Grobschnitt, ou encore Semtex, de Third Eye Foundation. 

=> Vous voulez y aller?

Qui: Steven Wilson

Quand: 29 février, à 20h

Où: Grand Théâtre

Billets: 67 $, 78,50 $, 88,50 $ et 108,50 $

Info: www.grandtheatre.qc.ca

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