Angélique Ionatos: lumière dans les ténèbres

En maîtrise de sa voix grave autant que... (Le Soleil, Erick Labbé)

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En maîtrise de sa voix grave autant que de sa guitare, Angélique Ionatos a fait honneur aux différents poètes qu'elle a chantés avec des interprétations musicales rigoureusement exécutées.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / Le Palais Montcalm vibrait aux airs de la Grèce, mercredi. Angélique Ionatos y était de passage pour célébrer tant les beautés que les tragédies de son pays natal, avec les mots des poètes.

Le plus récent enregistrement d'Angélique Ionatos fait fortement écho à la crise qui sévit en Grèce. Il allait donc de soi que son spectacle en serait teinté. De fait, intensité et gravité étaient au programme. Comment ne pas être secoué par l'introduction de Courage, où la chanteuse faisait état d'un fait divers : une petite fille abandonnée dans sa garderie d'Athènes avec, simplement, un mot d'adieu de sa mère en poche... Ou par cette interprétation de L'Orient, dédicacée aux réfugiés syriens «qui abordent la Grèce, morts ou vivants»...

Si, durant une bonne partie de la soirée, on pouvait sentir les ténèbres qui hantent la Grèce, on a constaté qu'on avançait peu à peu vers la lumière, avec des titres plus légers en fin de parcours, qui ont dessiné des sourires sur le visage de la chanteuse et de ses complices.

En maîtrise de sa voix grave autant que de sa guitare, Ionatos a fait honneur aux différents poètes qu'elle a chantés avec des interprétations musicales rigoureusement exécutées. Pour l'épauler à la six cordes et au chant, elle pouvait compter sur Katerina Fotinaki, dont le jeu précis et inventif se doublait de percussions à même son instrument. Elle chantait aussi et sa voix mariée à celle d'Ionatos a donné lieu à de très beaux moments.

Au violoncelle, plus discret, mais néanmoins à propos, Gaspar Claus a également fait du bon boulot. Sur le Bateau fou, il a évoqué l'embarcation en jouant de son archet sur le dos de son instrument, question de faire surgir les grincements du navire.

«Je vais mourir ici!»

Angélique Ionatos a certes chanté dans sa langue maternelle, mais elle a toujours pris le temps d'introduire ses pièces de poèmes ou de courts textes en français, permettant au public de saisir le propos de ses différentes chansons. Comme elle devait régulièrement changer les tonalités de sa guitare, elle y est allée de quelques échanges plus spontanés et n'a pu s'empêcher de parler météo. Vrai qu'avec la tempête d'hier, qui mélangeait neige et pluie verglaçante, l'univers chaleureux de la Grèce détonnait... «Mais qu'est-ce que vous nous avez fait comme temps?» a demandé la chanteuse, à la blague. «Je ne crois pas que je vais revenir... Je vais mourir ici!»

Ses boutades n'ont pas manqué de faire réagir la foule réunie dans l'intimité de la salle D'Youville, qui affichait complet. Il serait en effet dommage de devoir se passer de cette visite rare, qui nous a offert un tour de chant aussi sensible. Qu'on se rassure, elle sera de retour pour une autre représentation jeudi soir, où tous les billets ont également été vendus.

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