Angélique Ionatos: les refrains de la colère

Angélique Ionatos s'arrêtera au Palais Montcalm mercredi et jeudi....

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Angélique Ionatos s'arrêtera au Palais Montcalm mercredi et jeudi.

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(Québec) Angélique Ionatos est en colère devant la crise qui s'éternise dans sa Grèce natale et qui gangrène l'Europe. Ce sentiment l'habite au point où il sous-tend son récent album, Reste la lumière, et même sa présente tournée de spectacles, qui s'arrêtera au Palais Montcalm mercredi et jeudi.

Au bout du fil, la voix est chaude, avenante, souriante. Angélique Ionatos est heureuse de renouer avec le Québec, qui l'a toujours bien accueillie et qui trône au sommet de son palmarès des «meilleurs publics». Cependant, elle s'étrangle, incrédule, lorsqu'elle apprend que cette journée-là, le thermomètre a chuté à - 27 degrés Celsius dans la Belle Province! Elle n'en garde pas moins l'espoir d'un réchauffement, en vue des jours qu'elle passera au pays. Car elle est habitée d'un optimisme indéfectible. Y compris lorsqu'il s'agit de sujets plus sombres comme la crise qui sévit en Grèce.

«Je suis très en colère sur scène, je m'en suis aperçue : mon carburant actuellement est la colère. Mais en même temps, quelque part en moi, il reste toujours ce petit foyer d'optimisme qui me dit que ce n'est pas possible que ça continue comme ça. [...] Les choses sont inacceptables et je crois que les artistes doivent témoigner de leur temps et de ce qu'ils vivent.»

Angélique Ionatos

Bien qu'elle soit exilée depuis la fin des années 60 (en Belgique, puis en France), Angélique Ionatos a pu constater de près la dégradation de la situation en Grèce. C'est que, outre sa parenté qui est demeurée au pays, elle a une maison à Lesbos. Elle en est revenue désespérée l'été dernier : elle y a vu des réfugiés syriens arriver par millier, quotidiennement, tentant de se faire une place dans ce pays déjà mal point, où les habitants cessent de chauffer leur domicile, se cherchent de la nourriture ou se résignent à mendier.

«La Grèce est en crise et elle est laissée totalement seule face à ça. Lesbos est à 15 km de la Turquie et les Turcs remplissent des zodiacs qui, là où ils pourraient loger 10 personnes, en accueillent 60. Ils fabriquent de faux gilets de sauvetage, ce qui est un scandale absolu - ce sont des gilets de sauvetage que lorsqu'on cale dans la mer, on est sûr d'aller au fond. C'est effrayant.»

La poésie d'abord

Dans ce contexte, on ne peut s'étonner que la grande dame de la chanson grecque ait ficelé Reste la lumière dans l'urgence : l'album a été bouclé en moins d'une semaine. Derrière cette démarche rapide, il y a eu une longue réflexion. Fidèle à elle-même, Angélique Ionatos s'est abreuvée à la poésie. Elle a pris le temps de mettre la main sur les poèmes qui lui parlaient le plus, puis de les traduire en musique. Près de quatre ans ont ainsi présidé à la naissance de ce récent enregistrement.

«C'est toujours la poésie qui me donne envie de faire de la musique. Peut-être parce que j'avais la chance d'avoir une maman qui adorait la poésie et qui me récitait toujours des poèmes quand j'étais petite. Et comme j'étais aussi d'un type littéraire, parce qu'en maths, j'étais nulle, ça me parle tout de suite. Pas tous les poèmes, mais les poèmes que j'aime me donnent toujours envie de les mettre en musique.»

Ionatos aime à dire qu'elle est «rythmicienne», qu'elle entend les rythmes dans ce qu'elle lit. C'est par la suite qu'elle prend sa guitare et travaille sur les mélodies. Tout au long de sa carrière, cette approche lui a souri. Arrivée en Belgique à l'âge de 14 ans, alors que ses parents fuyaient la Grèce sous la dictature des colonels, elle a rapidement développé son art, d'abord avec son frère, puis en solo. Si, en cours de route, Ionatos a pu chanter en français, c'est véritablement en défendant la langue grecque -  qui a pris pour elle la place de la mère patrie - qu'elle s'est imposée.

«Quand j'ai pris la décision de composer essentiellement en grec, je devais avoir 25 ou 26 ans, et je ne me suis pas posé la question : "est-ce que je fais une bêtise?" Je vis dans un pays qui est francophone, je vais avoir du public?» Dieu merci, les gens m'ont donné raison parce que les salles sont toujours pleines et peut-être aussi parce que la musique n'a pas de frontière.»

Il faut dire qu'elle s'est toujours assurée de traduire sa poésie en français dans ses livrets d'albums ou de mettre ses interprétations en contexte, en concert. On pourra le constater lorsque la chanteuse et guitariste montera sur les planches de la salle D'Youville, au Palais Montclam pour deux représentations qui affichent complet. Pour l'occasion, elle se produira en trio, accompagnée de Katerina Fotinaki à la guitare et de Gaspar Claus au violoncelle.

«Je les aime beaucoup tous les deux, ce sont des complices; de grands amis, aussi. C'est toujours tellement plaisant d'être sur scène avec des gens qu'on aime en tant que musiciens et qu'on aime tout court.»

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