Radio Radio: en anglais, s'il vous plaît!

Avec des racines ancrées en Nouvelle-Écosse et au...

Agrandir

Avec des racines ancrées en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, Radio Radio - formé de Jacques Alphonse Doucet et Gabriel L. B. Malenfant - a sans cesse privilégié les métissages musicaux, entre le hip-hop et l'électro.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Depuis ses débuts, la langue du groupe Radio Radio - ce mélange de français, d'anglais et d'expressions acadiennes - a fait jaser. Avec quatre albums derrière la cravate, les deux rappeurs commençaient-ils à avoir fait le tour de la question linguistique? Poussés par des ambitions artistiques et une envie de découvrir de nouveaux horizons, voilà qu'ils la relancent joyeusement avec un cinquième disque, Light the Sky, où le français est pratiquement éclipsé.

«On le savait dès le début, même avant de commencer à faire l'album en anglais, que cette question linguistique reviendrait. Mais cette question-là, on l'a toujours eue. Ça ne nous choque pas. On ne s'en sortira jamais!» lance au bout du fil Jacques Alphonse Doucet, qui forme le duo avec Gabriel L. B. Malenfant. Question attendue, donc. Et réponse assumée à 100 %.

«Il le faut! ajoute-t-il. C'est notre bébé, et on en est content. On est bilingues. Mais c'est une question qu'on entend en Acadie ou au Québec: vous faisiez carrière en français, maintenant pourquoi le faire en anglais? La réponse, c'est que ça nous tentait! On a choisi de le faire premièrement pour le défi et deuxièmement parce qu'on en parlait depuis plusieurs années. À force d'en parler, on s'est dit: "Faisons-le."»

Avec des racines ancrées en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, Radio Radio a sans cesse privilégié les métissages musicaux, entre le hip-hop et l'électro. Et la couleur langagière, sorte de prise de position identitaire pour ces Acadiens installés à Montréal, a toujours été au coeur de la proposition.

«On voulait valoriser le langage parlé en Acadie, confirme Doucet. Et même là, ce n'est pas le langage parlé partout en Acadie. Si tu vas dans le nord, les gens ne parlent pas comme ça. Gab représente plus Moncton et moi, c'est la baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse. On voulait mettre de l'avant d'où on vient et notre manière de parler, avec des exagérations dans une couple de chansons. On voulait montrer aux gens de chez nous que ça se fait dans notre langue et aussi faire découvrir notre accent dans les autres communautés francophones au Canada.»

Le tournant actuel est selon les dires du rappeur motivé par plusieurs facteurs. Il évoque un défi d'écriture: «Trouver comment on pourrait avoir la vibe et le brand Radio Radio en anglais», quitte à inclure ici et là quelques mots français. Mais il ne nie pas un volet stratégique ni une volonté d'aller voir ce que pourrait atteindre le duo plus à l'ouest. Et, qui sait, peut-être au sud de la frontière québécoise.

«Ce qu'on fait, on veut bien le faire et on veut s'entourer d'une équipe pour pousser le projet le plus loin possible, avance Jacques Alphonse Doucet. On est dans la trentaine. On est rendu au point où on se dit: "Est-ce qu'on va vouloir encore rapper à 40 ou 45 ans?" On ne le sait pas. Alors, mettons sur la table toutes les choses qu'on veut accomplir. Ça, c'était un projet qu'on voulait vraiment faire.»

La trentaine...

Friand de métaphores et de double sens, Radio Radio poursuit dans la même veine sur Light the Sky, un album résolument dansant. «Light the Sky, ça peut être joyeux comme ça peut être catastrophique, note Jacques Alphonse Doucet. Ça peut être des bombes qui illuminent le ciel, comme ça peut être des feux d'artifice dans un festival. Ça peut faire peur, mais ça peut être excitant.»

Ceux qui ont laissé une convaincante carte de visite en 2008 en conviant le plus de gens possible dans leur Jacuzzi (où il y a, semble-t-il, «d'la place en masse»!) distillent maintenant leurs rimes autour de thèmes reflétant leur statut de trentenaires. Avec un sourire en coin, ils articulent ainsi un titre (Remodel) autour des rénos dans un hommage délirant au contracteur-animateur canadien Mike Holmes. Sur d'autres, ils mettent en exergue la vitesse - et la superficialité - qui nous guette dans la société actuelle, le fait que la notion de fête change avec l'âge (Solo Dance Party) ou l'inévitable constat qu'il faut bien gagner sa vie, qu'on soit artiste ou pas (Cause I'm a Hoe).

«La pub, c'est un bel exemple», explique Jacques Alphonse Doucet. «On l'a fait avec Vidéotron, avec l'Impact ou avec [la chaîne télé francophone] Unis. L'expression I'm a hoe, ça ne fait pas nécessairement référence à la prostitution physique. C'est le sentiment de faire quelque chose pour l'argent. Nous autres, on inverse ça. Avant de nous faire dire qu'on fait ça pour l'argent, on dit: "Oui, et on l'assume!" On a possiblement quelques tounes qui vont se retrouver dans des pubs prochainement. On se dit que la question va arriver...»

***

Vous voulez y aller?

Qui: Radio Radio (premières parties de Samito et de Pierre Kwenders)

Quand: 26 février à 20h (ouverture des portes à 19h)

Où: Impérial

Billets: 15 $

Info: 418 523-3131

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer