Le nouveau visage de Louise Attaque

Robin Feix (basse), Gaëtan Roussel (chant et guitare)... (Photo Yann Orhan)

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Robin Feix (basse), Gaëtan Roussel (chant et guitare) et Arnaud Samuel (violon), les membres de Louise Attaque

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(Québec) Voilà 10 ans que les fans de Louise Attaque n'avaient pas eu de nouvel album à se mettre sous la dent. Le groupe français s'est maintenant retrouvé et reprend l'avant-scène avec un visage renouvelé. Ils étaient quatre, ils ne sont plus que trois. Et ceux qui ont d'abord fait leur marque dans une veine folk qui décoiffe s'offrent avec Anomalie un bon coup de pop.

Après la parution de l'album À plus tard crocodile, en 2005, les membres de Louise Attaque ont senti le besoin de prendre du recul. La pause s'est étirée, les projets parallèles ont pris le dessus. Et les retrouvailles, provoquées par une émission de télé où le chanteur Gaëtan Roussel avait été invité pour promouvoir son deuxième album solo, ont été longuement mûries. Sur la forme comme sur le fond.

«Gaëtan avait invité Louise à jouer deux morceaux. Ça s'est très bien passé et à partir de là, on a commencé à discuter autour d'une table pendant très longtemps, pendant presque une année, pour définir la direction du projet», résume le bassiste et graphiste du groupe, Robin Feix. «On s'est posé plein de questions, ajoute le chanteur et parolier Gaëtan Roussel. On a pris le temps de savoir comment être ensemble et quoi raconter. On avait vraiment envie de passer par le studio avant d'aller sur scène.»

Au fil des discussions, le quatuor est devenu trio lorsque le batteur Alexandre Margraff a quitté l'aventure. Ses ex-confrères n'entrent pas dans les détails de la rupture, mais estiment que son départ a transformé «l'architecture» du groupe. Et du changement, les musiciens en souhaitaient justement.

«Même quand on s'est retrouvé à quatre pour débattre, on voulait que Louise Attaque devienne autre chose, explique le violoniste Arnaud Samuel. Il y avait l'idée de se retrouver, certes, mais pas pour rester sur le passé. On ne voulait pas se retrouver dans quelque chose qu'on savait faire et qu'on n'aurait eu qu'à faire durer. On avait une volonté de changement à la fois sur l'ossature du groupe, sur son mode de fonctionnement et sur ce qui en a découlé, une fois qu'on s'est mis au travail.»

Transformation

Tirée par la locomotive J't'emmène au vent, Louise Attaque a défoncé bien des portes en 1997 avec son premier album, piloté sous l'influence de Violent Femmes et de son chanteur Gordon Gano, qui en a signé la réalisation. À l'écoute d'Anomalie, on ne retrouve pas grand-chose du folk endiablé et du violon fiévreux des débuts éponymes. Louise Attaque assume désormais plus que jamais son côté pop (voire électro) en musique et ses réflexions plus sombres en poésies.

«On nous parle beaucoup de notre premier album. Avec raison parce que c'est celui qui s'est le mieux vendu, qui a été pour nous un passeport vers autre chose. Mais après, il y en a eu un deuxième, puis un troisième...» évoque Gaëtan Roussel.

«On est parti de l'influence des Violent Femmes et d'une certaine production, reprend Arnaud Samuel. Mais on voulait, au fur et à mesure qu'un nouveau chapitre s'ouvrait pour Louise Attaque, accompagner ce chapitre en se bousculant les uns les autres. En faisant en sorte que le fait d'être un groupe puisse servir pour chacun d'entre nous à proposer des choses différentes. Il y a une émulation interne qui fait qu'avec chaque chapitre, il y a une évolution. On espère avoir réussi, là.»

Son et identité

Les musiciens citent en exemple la pièce Du grand banditisme, qui a officiellement scellé leurs retrouvailles. «Au début, elle ressemblait beaucoup au Louise Attaque d'avant, note le violoniste. Ça nous faisait à la fois plaisir de retrouver Louise Attaque, mais en même temps, on voulait la pousser à aller un peu plus loin. Dans sa version finale, ce titre est très différent de sa version initiale. Il a fallu tout un trajet d'environ neuf mois pour arriver à un son et une identité qui correspondrait à la Louise de maintenant.»

Au coeur de la transformation de cette Louise, un réalisateur qui a à quelques années près le même âge qu'elle... et qui ne la connaissait pratiquement pas. Roussel, Samuel et Feix, qui avouent avoir toujours été proches des «sensibilités anglo-saxonnes», ont ainsi confié leurs nouvelles chansons à Oliver Som, «un jeune Anglais de 23 ans vivant à Berlin».

«Il est arrivé avec ses possibilités, son ordinateur, ses rythmiques et sa manière de voir Louise de manière très décomplexée, résume le chanteur Gaëtan Roussel. Il n'avait jamais vécu avec elle. Il avait une approche assez libre de tout ce que nous pouvons faire quand nous sommes ensemble, que ce soit du violon, des lignes de basse ou de voix. Tout en essayant de comprendre ce que nous on essayait de faire, c'est à dire de ne pas s'accompagner, mais de jouer des épaules les uns avec les autres ou les uns contre les autres.»

Pour rendre ses nouvelles compositions sur les planches, Louise Attaque s'adjoindra les services d'un claviériste et d'un batteur. «Oliver Som a amené plusieurs idées d'harmonies sur le dernier disque et on a envie de bien les vivre, avance Roussel. Mais ça ne veut pas dire que les chansons du premier album vont nécessairement être jouées dans ce sens-là. On ne cherche pas à ce que les chansons d'hier ressemblent aux chansons d'aujourd'hui.»

Louise Attaque défendra bel et bien ses nouvelles pièces de notre côté de l'océan, mais pour le moment, les fans de la capitale devront se rendre dans la métropole pour les entendre: si aucune date n'est encore à l'horaire pour Québec, le groupe se produira au Métropolis de Montréal les 14 et 15 juin pendant les FrancoFolies.

Évoquer le côté sombre

Les nouvelles chansons de Louise Attaque sont nées dans les deux dernières années, alors que le climat en France, touchée notamment par des attentats terroristes, n'a pas été au beau fixe.

Le chanteur et parolier Gaëtan Roussel ne nie pas que la morosité ambiante ait pu teinter ses nouveaux textes, qui peuvent sembler plus sombres qu'auparavant. «On a l'impression d'avoir proposé un disque qui est un peu comme une grande histoire écrite presque d'une traite, tant pour les notes que pour les mots, explique-t-il. Cette idée-là a pu après être nuancée ou distillée sur 10 émotions. Mais on aime penser que nos chansons se serrent les coudes. C'est un peu l'époque qui propose ça, également. Tout ce qu'on connaît, en tant que Parisiens particulièrement, devient un moteur. Mais après, ce n'est pas non plus une écriture réaliste. On ne va pas raconter des choses de manière concrète.»

Le trio au Dagobert en mars 1999... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 3.0

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Le trio au Dagobert en mars 1999

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

En attendant la prochaine visite...

Pour le moment, Louise Attaque n'a pas encore fixé de nouveau rendez-vous avec ses fans de la capitale. Ce n'est sans doute que partie remise: au fil des ans, les membres du groupe, ensemble ou dans leurs projets parallèles, ont saisi plusieurs occasions de nous rendre visite. Souvenir de trois d'entre elles... En attendant la prochaine!

Chez Dagobert en 1999

Un an et demi après la parution de son premier album, Louise Attaque s'offre un premier concert à guichets fermés dans la capitale en septembre 1999, à la boîte de nuit Chez Dagobert. Selon le compte rendu qu'en avait fait Le Soleil deux jours plus tard, la formation en avait profité pour casser bon nombre de nouvelles chansons (son deuxième album, Comme on a dit, devait paraître début 2000) et avait du coup boudé son grand succès, J't'emmène au vent.

Arnaud Samuel et Gaëtan Roussel au Grand Théâtre... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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Arnaud Samuel et Gaëtan Roussel au Grand Théâtre en mars 2006

Photothèque Le Soleil

Doublé en 2006

Une petite virée en hiver, une autre dans la saison chaude. Quelques mois après la parution de son troisième album, À plus tard crocodile, Louise Attaque s'est pointé dans la capitale deux fois plutôt qu'une.

Premier arrêt en mars dans un Grand Théâtre bondé, devant un public enthousiaste: «De jeunes gens réunis autour d'une proposition musicale dont le succès au Québec n'a rien à voir avec le marketing et les radios commerciales», publiait Le Soleil au lendemain du spectacle.

En juillet, c'est au tour du parc de la Francophonie d'accueillir les Français pendant le Festival d'été. Encore là, la foule «archi-compacte débordant largement dans les rues» est au rendez-vous. Louise Attaque avait ce soir-là été précédé sur les planches de deux groupes québécois qui n'en avaient pas fini de faire des vagues: Karkwa et Malajube. Et sa prestation avait été saluée d'une mention spéciale du jury des prix Miroir.

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