Mission divine pour Eagles of Death Metal

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Jesse Hugues avait été submergé par l'émotion en décembre lorsqu'il était retourné sur les lieux de l'attentat au Bataclan.

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Gaël BRANCHEREAU, Camille BAS-WOHLERT
Agence France-Presse
Stockholm

Jesse Hugues, leader du groupe Eagles of Death Metal qui se produisait au Bataclan le 13 novembre, est certain d'avoir été «chargé par Dieu» de revenir à Paris et de jouer pour «ses amis», tombés sous les balles des terroristes.

«J'ai le sentiment que nous avons été choisis par les circonstances [...], pour le meilleur et pour le pire. Je le prends comme une responsabilité. C'est Dieu qui m'en a chargé», assure ce fervent catholique dans un entretien à l'AFP samedi soir à Stockholm, trois mois jour pour jour après la tuerie.

Les cinq rockeurs jouaient au Bataclan devant près de 1500 personnes le 13 novembre quand un commando de djihadistes était entré dans la célèbre salle de concert parisienne et avait ouvert le feu, faisant 89 morts, dont l'un des responsables commerciaux du groupe, Nick Alexander.

Le groupe avait annulé sa tournée européenne après cette attaque, mais avait déclaré peu après qu'il voulait être «le premier groupe à jouer au Bataclan quand il rouvrirait», ce qui ne devrait pas arriver avant la fin de l'année, au plus tôt. «Nous avons besoin de revenir dans ce lieu, sans peur», assure Jesse Hugues.

Eagles of Death Metal est remonté sur scène samedi soir dans la capitale suédoise, avant Oslo dimanche puis l'Olympia à Paris mardi, premières dates la tournée appelée Nos Amis Tour.

Jamais la salle de concert Debaser, au coeur de Stockholm, n'avait connu un tel dispositif de sécurité : des chiens parcouraient les étages à la recherche d'éventuels explosifs, des policiers en civil étaient postés dans la salle et la fouille au corps était obligatoire à l'entrée.

«Je porte toujours un flingue sur moi maintenant aux États-Unis [...]. Je ne suis pas un cowboy, mais je veux être prêt», lâche Jesse Hugues, militant de la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes. Et d'ajouter aussitôt : «Personne ne m'empêchera d'être celui que je suis [...], mais je ne me laisse pas envahir par la haine».

Gamins bousillés

Les Eagles of Death Metal étaient brièvement réapparus à Paris en décembre aux côtés de U2 lors d'un concert à la salle de Bercy, mais cette tournée constitue leur véritable retour. «Ce sont nos amis qui ont été attaqués et qui ont péri. Cette tournée doit avoir un sens, pour que nous puissions tourner la page et redevenir un groupe de musique ordinaire.»

Chemise à gros carreaux rouge et blanc, veste de cuir, lunettes à verres roses, Jesse Hugues raconte encore la soirée du 13 novembre, ne s'interrompant que pour sécher ses larmes ou allumer une cigarette.

«Il y avait plusieurs policiers dans le public et tu sais, j'adore les flics, et l'un d'eux s'est jeté pour arrêter une balle et il ne marchera plus. Je vais passer autant de temps que possible à ses côtés», assure le musicien.

«Je porte toujours un flingue sur moi maintenant... (AFP, Gustav Maatersson) - image 2.0

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«Je porte toujours un flingue sur moi maintenant aux États-Unis», affirme Jesse Hugues, militant de la National Rifle Association.

AFP, Gustav Maatersson

À Paris, il ira aussi voir de jeunes rescapés de la tragédie, ces «gamins blessés, complètement bousillés physiquement». «Si le fait que je vienne les voir peut les aider, alors c'est génial, il n'y a rien de plus important dans ma vie».

Entre rires et larmes, Jesse Hugues confie aussi écrire un titre à partir du traumatisme du 13 novembre. «Mon ex-femme, je l'ai mise dans une chanson et elle y est restée. Je vais faire pareil avec ces enfoirés et je les laisserai là, comme des imbéciles».

Jesse Hugues refuse de dévoiler le déroulement du concert de l'Olympia. Josh Homme, le cofondateur du groupe qui n'était pas au concert du Bataclan, sera-t-il présent? Peut-être, peut-être pas, s'amuse-t-il.

Le groupe autrichien White Miles, qui avait assuré la première partie du concert le soir de l'attentat, est lui aussi de la nouvelle tournée qui compte pour le moment près d'une vingtaine de dates. En France, outre Paris, elle fera étape à Lille le 24 février et à Nîmes le 2 mars.

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