Quatuor Heath ou la perfection dans l'écoute mutuelle

Le quatuor à cordes Heath, qui a remplacé... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le quatuor à cordes Heath, qui a remplacé au pied levé la violoniste Alina Ibragimova, ayant dû annuler son récital pour des raisons de santé, a ravi les spectateurs présents à la salle Raoul-Jobin.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) CRITIQUE / Les abonnés du Club musical de Québec n'ont pas semblé trop regretter la violoniste Alina Ibragimova. Obligée d'annuler son récital pour des raisons de santé, celle-ci a été remplacée au pied levé par le quatuor à cordes Heath. Le jeune ensemble anglais se trouvait par hasard à quelques heures de route de Québec. Il a courageusement accepté de faire toute la route depuis le Vermont, vendredi matin, et il a eu droit, le soir venu, à une très chaleureuse ovation.

Ce concert présenté à la salle Raoul-Jobin marquait les débuts au Canada du quatuor Heath. Ce fut pour le public une découverte. Une très belle découverte même. 

Même s'il a été organisé à la toute dernière minute, ce rendez-vous musical n'avait rien d'improvisé. De toute évidence, les violonistes Oliver Heath et Cerys Jones, l'altiste Gary Pomeroy et le violoncelliste Christopher Murray possédaient à fond leur matériel. En même temps, il se dégageait de leurs interprétations une impression de fraîcheur, de spontanéité et de nouveauté.

Dès le Haydn présenté en début de programme, les interprètes, qui jouaient debout à l'exception du violoncelle, se sont appliqués à fondre leur individualité dans un chant unique, à installer le discours sur une vision commune parfaitement claire. Bien à l'écoute les uns des autres, ils ont fait jaillir de l'oeuvre un chant d'une beauté limpide et sobre qui se renouvelait sans cesse. Dans l'Adagio, sur un rythme à trois temps plein de légèreté, des grappes de notes s'élevaient en fines volutes du violon d'Oliver Heath. La fugue finale, d'une clarté absolue, rendait justice à l'écriture alerte et extrêmement concise de Haydn.

L'exécution de l'opus 135 de Beethoven s'est révélée tout aussi précise et également très dramatique. Dans le premier mouvement, Heath a mis en évidence d'une manière incroyablement virtuose les nombreux contrastes de style. Les mesures se succédaient d'une manière franche, un peu comme des images au cinéma, dans un enchaînement aussi net que dynamique. Le Scherzo était fougueux, festif, plein de panache, mais néanmoins soigné.

Un Tchaïkovski, un choix original, a été présenté après la pause. Je retiens d'abord et tout particulièrement l'Allegro vivo e scherzando, aussi joyeusement ludique que captivant, de même que tout à fait équilibré dans sa sonorité. Un Allegro final, réglé avec précision, très animé et marqué d'accents tziganes, est venu couronner ce magnifique programme.

***

LE CLUB MUSICAL DE QUÉBEC.

Le quatuor à cordes Heath. Haydn : Quatuor à cordes no 23 en fa mineur, op. 20, n5, Hob. III : 35. Beethoven : Quatuor à cordes no 16 en fa majeur, op. 135. Tchaïkovski : Quatuor à cordes no 3 en mi bémol mineur, op. 30. Vendredi soir à la salle Raoul-Jobin.

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