Benjamin Millepied quitte le Ballet de l'Opéra de Paris

Benjamin Millepied sera remplacé par l'ancienne danseuse étoile Aurélie... (AP, Christophe Ena)

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Benjamin Millepied sera remplacé par l'ancienne danseuse étoile Aurélie Dupont, après 14 mois d'une gestion contestée au sein du prestigieux Ballet de l'Opéra de Paris.

AP, Christophe Ena

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Marie-Pierre FEREY
Agence France-Presse
Paris

L'ancienne danseuse étoile française Aurélie Dupont, 43 ans, va remplacer à la tête du Ballet de l'Opéra de Paris son compatriote Benjamin Millepied, qui a annoncé sa démission jeudi après 14 mois d'une gestion contestée au sein de la prestigieuse institution.

Arrivé des États-Unis en novembre 2014 dans un vent de glamour, le chorégraphe star et mari de l'actrice israélo-américaine Natalie Portman a jeté l'éponge pour se consacrer à la création, certains suggérant que «la greffe» n'avait pas pris.

«Je suis convaincu qu'Aurélie va apporter beaucoup de choses quand elle prendra ses fonctions en septembre», a souligné le directeur de l'Opéra, Stéphane Lissner, lors d'une conférence de presse à laquelle assistait l'intéressée, qui avait mis fin à sa carrière d'étoile en mai dernier.

«Elle a une grande connaissance de la maison. Elle connaît chaque danseur, elle connaît bien l'administration. C'est sa maison. Elle saura rendre au ballet ce qu'il lui a donné», a ajouté M. Lissner tandis que Benjamin Millepied a salué ce choix en rappelant qu'Aurélie Dupont, qui a passé 32 ans à l'Opéra de Paris, avait été sa «muse».

Le chorégraphe de 38 ans a annoncé sa démission dans un communiqué en expliquant que ses fonctions de directeur de la danse «occupent aujourd'hui une telle place qu'elle réduit considérablement celle, essentielle à [ses] yeux, de la création et de l'expression artistique».

Selon des sources proches du ballet, la «greffe» à la tête de la compagnie de 158 danseurs du très people «danseur principal» du New York City Ballet n'a en fait pas pris.

Les premiers pas à l'Opéra de Benjamin Millepied avaient pourtant été salués comme une petite «révolution». Symbole de jeunesse et de modernité, il ne cachait pas sa volonté réformatrice.

Les jeunes danseurs du ballet ont notamment apprécié d'être propulsés dans les créations qu'il a signées pour l'Opéra, bousculant la hiérarchie qui veut que seuls les danseurs en haut de l'échelle soient mis en vedette.

Pesanteurs du poste

Très investi en faveur de la santé des danseurs, il a aussi fait changer les parquets pour ménager leurs articulations. Et le versant glamour de son couple a sans doute aussi permis un afflux de mécénat.

Benjamin Millepied et sa femme Natalie Portman au... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Benjamin Millepied et sa femme Natalie Portman au dernier festival de Cannes. L'actrice, qui professait un véritable engouement pour Paris à ses débuts, a déchanté après les attentats contre Charlie Hebdo en 2015.

Photothèque Le Soleil

Mais Benjamin Millepied, brun gracile à l'éternelle barbe de trois jours, a peut-être sous-estimé les pesanteurs du poste.

«Benjamin n'avait pas mesuré que le poste implique 80% de tâches administratives et 20% seulement d'artistique», a confié jeudi à l'AFP un très bon connaisseur de l'Opéra. «Il a voulu réformer vite, parce qu'il fait tout très vite, et il n'a pas été soutenu par la direction de l'Opéra», ajoute-t-il.

Selon l'ancienne directrice de la Danse de l'Opéra de Paris Brigitte Lefèvre, qui a dirigé pendant 20 ans la prestigieuse compagnie, le chorégraphe «n'avait aucune expérience de la direction d'une grande compagnie».

Agaçant

La participation du danseur à des campagnes de publicité, sa chorégraphie en ouverture du dernier festival de cinéma de Cannes où Natalie Portman présentait son premier film ont par ailleurs pu agacer.

Ses déclarations très critiques sur le ballet qu'il dirige dans un récent documentaire diffusé sur une chaîne française ont aussi beaucoup choqué: il déplorait l'absence de «plaisir» dans le corps de ballet qu'il assimilait à «du papier peint».

Un départ de l'Opéra devrait lui permettre de retrouver sa compagnie basée à Los Angeles, où son épouse, avec qui il a un fils, pourra conduire plus facilement sa carrière internationale.

L'actrice, qui professait un véritable engouement pour Paris à ses débuts, a déchanté avec les attentats djihadistes de janvier 2015 (17 morts) ayant notamment visé Charlie Hebdo et un magasin cacher.

Elle confiait en mai l'an à la revue The Hollywood Reporter s'être rendu compte «à quel point nous sommes différents culturellement, profondément différents» et avouait sa nervosité en tant que juive. L'actrice avait adouci son propos le 24 janvier sur une chaîne française en jugeant «vraiment merveilleux de pouvoir vivre à Paris».

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