Queyras et les Violons du Roy: émouvant mariage de cordes

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Le mariage entre le violoncelliste Jean-Guihen Queyras et les Violons du Roy a été des plus naturels.

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(Québec) CRITIQUE / Le public des Violons du Roy a assisté à une rencontre artistique qui semblait écrite dans le ciel, mercredi. Le violoncelliste Jean-Guihen Queyras et l'ensemble baroque, liés par une amitié artistique commune pour le pianiste Alexandre Tharaud, ont mis leurs cordes et leurs archets au service d'un programme rempli d'émotions et de variations.

C'était la première fois que le violoncelliste et professeur à la Musikhochschule de Fribourg-en-Brisgau collaborait avec les Violons du Roy. Le mariage semblait toutefois des plus naturels, des plus émouvants aussi. Les visages concentrés des musiciens et du soliste laissaient deviner qu'ils savouraient chaque note.

À la fin du concert d'après-midi, après le salut d'usage et une pièce de Haydn en rappel, Queyras est allé faire une chaude accolade aux violoncellistes Benoît Loiselle et Raphaël Dubé, puis aux autres musiciens de l'ensemble. «J'ai passé trois jours merveilleux au Québec grâce à ces musiciens absolument éblouissants», a tenu à préciser le soliste, visiblement enchanté.

L'ensemble était, comme toujours, animé par une ferveur et une élégance lumineuses. Le programme rassemblait des pièces «transitionnelles», composées entre l'époque baroque et l'époque classique, et portant des élans passionnés, des envolées fougueuses et des traces d'ouvertures à la française, d'opéra italien et de musique galante. Un somptueux bouquet de nostalgie et de passion.

La symphonie en fa majeur du fils aîné de J. S. Bach, interprétée par les Violons en ouverture de programme, donnait le ton avec ses contrastes pleins de fièvre. Lors des accalmies, on pouvait distinguer le son du clavecin et de l'archiluth, couvert par l'éloquence des cordes dans les moments plus grandioses.

Habité par la musique

Le concerto pour violoncelle de Monn a permis d'apprécier la souplesse et l'ampleur des mouvements du soliste, qui se laissait habiter par la musique tout en gardant une maîtrise amoureuse et précise de son instrument.

Une symphonie de Hasse, surtout connu pour sa musique vocale, ressemblait justement à un chant choral pour ensemble à cordes. Queyras est revenu sur scène pour un concerto du fils cadet de J. S. Bach, une pièce qui débute sur une note sombre et sinistre pour se terminer en une fête effervescente. Les quelques mesures où le chant de son violoncelle s'élevait seul étaient d'une beauté à donner des frissons. 

***

Le concert, dirigé par Mathieu Lussier, a été vu mercredi après-midi à la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm. Au programme : Sinfonia de la Cantate Der Herr denket an uns de J. S. Bach (seulement en soirée); Sinfonia en fa majeur, F. 67 de W. F. Bach; Concerto pour violoncelle en sol mineur de G.M. Monn; Sinfonia en sol mineur de J. A. Hasse; Concerto pour violoncelle en la majeur de C. P. E. Bach.

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