Grace: entre foi et loi... de Murphy

La plus grande force de Grace est sans doute la... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

La plus grande force de Grace est sans doute la facilité avec laquelle elle surfe entre les tons.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / «Je voudrais retourner en arrière», lance un personnage de Grace, une fois que l'irréparable a été commis. Et il n'est pas le seul. Entre la comédie noire et l'absurde tragédie, la pièce présentée au Périscope marche sur une fine ligne, dans un monde où la foi aveugle se fait donner une raclée par la loi de Murphy.

Dans le décor démodé d'un immeuble de condos floridiens, Grace convie des personnages que tout semble opposer. D'un côté, un couple du Minnesota aux allures de grenouilles de bénitier (Nicolas Létourneau et Joëlle Bourdon) fraîchement débarqué pour développer un projet de chaîne d'hôtels à thématique gospel. De l'autre, leur voisin à l'esprit pragmatique (Emmanuel Bédard) déjà peu porté vers les bondieuseries et qui ne croit vraiment plus en rien depuis qu'un accident lui a ravi son amoureuse et l'a laissé défiguré. Au centre, un exterminateur allemand (Jacques Leblanc), athée lui aussi, dont les actions auront malgré lui des conséquences funestes. 

Signée par l'Américain Craig Wright et adaptée avec beaucoup de naturel par Joëlle Bond, Grace ne fait pas de cachettes. Dès la première minute, on sait que les choses vont mal se terminer. Des supplications, des coups de feu et ce souhait - impossible dans la vraie vie, mais essentiel dans ce contexte théâtral - de retourner en arrière. C'est justement le périple que fait ici le spectateur. On sait que tout ce qui peut mal tourner le fera. On sait que ça finira dans le gouffre. Reste à découvrir comment. 

En entrevue, le metteur en scène Charles-Étienne Beaulne avait confié avoir voulu nous faire aimer les personnages et nous faire souhaiter une issue différente pour eux. Là-dessus, la troupe peut dire mission accomplie. Le mari prédicateur à deux sous ignorant tous les signes annonçant qu'il va droit dans le mur, sa femme naïve et désoeuvrée, le voisin bourru aux réparties grinçantes... Même dans la pitié ou le ridicule, tous se montrent attachants à leur façon, et personne ne mérite le sort qui l'attend. 

La plus grande force de Grace est sans doute la facilité avec laquelle elle surfe entre les tons. Un débat tendu se termine dans un punch digne d'une comédie de situation, grandes et petites vérités (l'irritation montante du voisin pris dans les dédales d'un service à la clientèle nous montre Emmanuel Bédard à son meilleur) côtoient plusieurs parenthèses caricaturales. À ce chapitre, l'accent allemand à couper au couteau adopté par Jacques Leblanc et la propension de son personnage à traiter ses clients de «Jesus Freaks» remporte sans doute la palme.

Grace est présentée au Théâtre Périscope jusqu'au 13 février.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer