Alexandre Barrette: gratter le vernis

À bien des égards, Alexandre Barrette reprend, avec... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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À bien des égards, Alexandre Barrette reprend, avec Imparfait, là où il nous avait laissés avec son premier spectacle solo.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) CRITIQUE / La perfection n'est pas de ce monde et la gent humoristique l'a depuis longtemps remarqué : comiques de tous acabits font leurs choux gras de divers défauts et travers qu'ils trouvent en eux-mêmes ou dans la société. Avec Imparfait, Alexandre Barrette ajoute son grain de sel au concert d'autodérision. La démarche n'a certes rien de révolutionnaire, mais elle touche néanmoins souvent la cible, portée par la personnalité éminemment sympathique de son auteur.

L'humoriste et animateur originaire de Québec a officiellement lancé sa nouvelle tournée lundi soir (en avant-première) à la salle Albert-Rousseau. Un public conquis d'avance, un artiste visiblement un peu nerveux, mais ravi de briser la glace chez lui.

À bien des égards, Alexandre Barrette reprend avec Imparfait là où il nous avait laissés avec son premier spectacle solo. On retrouve son penchant pour l'anecdote pimentée de détails imagés, son discours bien ancré dans sa génération de jeune trentenaire encore un peu ado (quoiqu'il rallie une bonne quantité de spectateurs plus jeunes que lui), la place prépondérante que prend sa famille dans sa vie (et ses blagues), l'art du gag récurrent qu'il peaufine encore davantage dans ses nouveaux numéros.

Imparfait trouve ses assises dans deux événements qui semblent avoir ébranlé (il dit plutôt «démoli»...) l'humoriste : une rupture amoureuse et un 34e anniversaire de naissance qui a ouvert pour lui un cruel jeu de comparaisons. À son âge, son père était marié et avait trois enfants. Et tous ses amis se sont casés et commencent eux aussi à fonder leur famille. Sans tomber dans l'art-thérapie, on sent que les blagues touchent ici un vrai malaise. «Tu fuis encore dans l'humour», se sermonnera-t-il à quelques reprises pour nous faire rigoler... Mais en mettant sans doute en exergue un gros fond de vérité.

Vulnérabilité exposée

Ponctués de quelques grivoiseries puériles et d'un effet balancier entre autodérision et autopromotion (on a droit à une poignée de plogues éhontées des jeux télévisés qu'il anime à V), les nouveaux numéros d'Alexandre Barrette lui donnent l'occasion de gratter son propre vernis : une indécision chronique, une immaturité qui a la couenne dure, une propension à se laisser irriter par de toutes petites choses, une vulnérabilité exposée, mais pas tout à fait assumée.

Mais en faisant une grande place à ses proches (ses parents, sa soeur, son filleul, ses meilleurs amis), Alexandre Barrette se sort indemne de l'exercice. Difficile de ne pas être du côté de ce bon fils, de ce bon ami, de ce bon parrain. Surtout qu'il navigue dans des eaux humoristiques plutôt consensuelles et gentilles... Sauf parfois pour lui-même.

Alexandre Barrette présentera Imparfait à la salle Albert-Rousseau du 10 au 12 mars, le 25 mai et le 8 juin.

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