La loi de Muse

Le bassiste Chris Wolstenholme sur la scène du... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le bassiste Chris Wolstenholme sur la scène du Centre Vidéotron

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) En un peu plus de 20 ans, Muse a poursuivi une longue ascension vers les sommets où il se maintient désormais avec brio, à témoin le récent album Drones, qui figure parmi ce que le groupe a fait de mieux. Quelle est la recette du trio? Nous en avons discuté avec le bassiste Chris Wolstenholme juste avant qu'il ne monte sur scène, lundi.

Q Le chanteur et guitariste Matt Bellamy écrit presque tout le matériel de Muse. Est-ce qu'il y a des moments où ce qu'il propose ne vous convient pas ou vous lui dites que vous n'irez pas dans telle direction?

R Pas vraiment. Vous devez donner une chance aux idées. Lorsque Matt me montre des trucs, et je crois que c'est la même chose pour Dom [Howard, le batteur], nous écoutons chaque proposition avec l'esprit ouvert. Vous n'avez pas à faire de jugement immédiat. Vous devez écouter. Votre première réaction peut être «c'est un peu dans le champ», mais la réalité est que, une fois que le groupe a travaillé dessus, ça sonne davantage Muse. Un bon exemple est Supermassive Black Hole. La première fois que j'ai entendu ça, je ne savais pas si c'était une chanson de Muse. C'est devenu un de nos plus gros succès et ç'a été dans tous nos concerts depuis. Matt avait une vision plus électronique de ça, moi et Dom peut-être plus rock et on a trouvé un équilibre et c'est devenu ce que l'on connaît. Ç'a été le même scénario avec Madness.

Q Drones est né d'un concept de Matt. Vous vous sentez aussi interpellé par cette désensibilisation et ce manque d'empathie lié aux technologies?

R Oui. Et je crois qu'il y a plus d'une manière de percevoir les chansons. Si vous prenez une pièce comme Psycho, par exemple, vous pouvez écouter d'une perspective militaire, mais on devient tous aussi des drones jusqu'à un certain degré : nous sommes tous manipulés par la technologie que nous utilisons, dans notre façon de communiquer. Les aptitudes sociales sont en train de foutre le camp parce que les gens communiquent par l'entremise de la technologie plutôt que face à face. Parfois, quand je suis à la maison, j'ai les enfants et je vois la façon dont ils interagissent et ils sont tous sur leur iPod et leur iPad. Moi, j'allais dans la rue et je jouais avec mes amis, je me chamaillais... Il y a différentes significations derrière l'album, notamment sur l'influence de la technologie et comment elle nous a désensibilisés.

Q Rares sont les formations qui parviennent à s'inscrire dans le temps aujourd'hui, surtout avec leurs membres originaux. Comment expliquez-vous la longévité de Muse?

R Je crois que c'est parce qu'on a commencé à un très jeune âge. On était plus jeune que la plupart des groupes lorsque nous avons commencé : on avait 15 ans. Et je crois qu'on a un sens de l'histoire: on sait qu'en retirant une personne de l'équipe, cette histoire du groupe sera terminée à jamais. Et ça devient effectivement un groupe différent quand on change un membre. Et puis nous sommes de vieux amis et on aime toujours faire de la musique. Évidemment qu'on peut avoir des prises de bec, mais ce serait terriblement dommage que ces accrochages viennent ruiner ce que l'on fait de bien.

Q Sur l'album précédent, The 2nd Law, vous avez chanté deux pièces, inspirées de votre combat contre l'alcoolisme. Comptez-vous chanter de nouveau au sein du groupe?

R J'ai adoré faire ça en studio, mais pas tellement sur scène. [...] Je trouvais vraiment difficile de jouer seulement une pièce. Vous commencez tout juste à vous réchauffer et à être dans le coup et c'est terminé. Au final, ça me dérangeait plus qu'autre chose. Et puis Drones est tellement un album concept... Ç'aurait été étrange pour moi d'écrire dans le concept d'un autre et je trouvais que c'était important que l'album ait une unité. Mais c'est quelque chose que je ferai dans l'avenir, que ce soit avec Muse ou dans un projet solo.

Q Du haut de vos 37 ans, vous avez une grande famille de six enfants. Comment parvenez-vous à concilier obligations familiales et travail?

R Ce n'est pas aussi difficile que dans les premières années du groupe. Durant les deux ou trois premiers albums, on était encore un groupe émergent et je crois que lorsque vous êtes à ce point, vous mettez les bouchées doubles pour devenir ce que vous voulez être. Si vous voulez du succès, il y a des sacrifices à faire. Parfois, j'étais à l'extérieur pendant des mois. Mais à partir de Black Holes and Revelation [en 2006], les choses se sont placées. En vieillissant, vous réalisez l'importance d'avoir du temps en famille et du temps avec le groupe. Si vous êtes heureux durant votre vie personnelle, vous êtes heureux avec votre band. Aussi, maintenant, même si une période comme celle-ci est vraiment intense, une fois que c'est terminé, je serai à la maison pour un an et demi ou même deux. En ce sens, je passerai plus de temps de qualité à la maison que la plupart des gens, car je n'ai pas à aller au boulot de 9h à 18h, je peux aller reconduire les enfants à l'école, tout ça. Mais ça reste très difficile. C'est plus facile quand ils sont bébés, car quand les enfants grandissent, en plus de gérer vos émotions, vous avez à gérer les leurs.

Q Muse continue de grossir... Comment se maintenir au sommet, progresser, rester soi-même et éviter la caricature?

R Ce n'est pas évident, car notre bassin de fans est très diversifié. Il y a bien des fans qui aiment les pièces plus lourdes, d'autres qui préfèrent le matériel plus pop, il y en a qui préfèrent ce qui est progressif. Ce n'est pas simple de faire un album qui couvre tout ça pour garder tout le monde satisfait. À un certain point, tout ce que nous avons à faire, c'est la musique que l'on trouve bonne et qui a progressé par rapport à ce que l'on faisait auparavant. Chaque album que vous faites est une opportunité d'essayer autre chose. Il y a des groupes qui ont une formule et qui y collent et ça fonctionne pour eux... Mais nous n'avons pas peur d'essayer autre chose, d'autres sons.

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