Le Baronet Jean Beaulne perd un frère

René Angélil, Pierre Labelle et Jean Beaulne formaient le... (Archives Le Soleil)

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René Angélil, Pierre Labelle et Jean Beaulne formaient le groupe Les Baronets dans les années 60. Le populaire trio a notamment connu du succès avec la chanson C'est fou mais c'est tout (une version française de Hold Me Tight  des Beatles).

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) En René Angélil, c'est bien plus qu'un ancien complice ou un ami que Jean Beaulne a perdu, mais un frère avec qui il a formé, de 1957 à 1972, en compagnie de Pierre Labelle, le populaire trio yéyé Les Baronets.

«Je suis le dernier...», lance avec émotion Jean Beaulne en entrevue téléphonique avec Le Soleil à partir de la Floride. Pierre Labelle, Jean-Guy Chapados, qui avait remplacé Beaulne en 1966 et 1967, et même leur gérant Ben Kaye sont en effet tous décédés au cours des dernières années. 

«Nous avions 15 ans, nous étions encore à l'école et on a été 12 ans ensemble. Au début, on était pauvres. On avait une seule auto et on faisait le tour du Québec pour présenter nos spectacles et c'était sept jours sur sept. Je passais des heures avec René et Pierre, j'étais plus souvent avec eux qu'avec mes propres frères et soeurs», raconte Beaulne.

Les gars on trimé dur avant d'obtenir la faveur du public. «Nous avons commencé en 1957, nous avons lancé cinq 45 tours, mais il a fallu attendre 1964 et notre chanson C'est fou mais c'est tout [une version française de Hold Me Tight des Beatles] pour avoir du succès», raconte Beaulne.

Ensuite, ce fut la consécration à la Place des Arts, la Comédie canadienne et, bien sûr, l'incontournable émission de télévision Jeunesse d'aujourd'hui. Le trio a fait le tour du Québec, se rendant en Gaspésie «sur des chemins de terre dans des théâtres où il n'y avait qu'un seul microphone pour nous trois», raconte Beaulne, mais aussi en Ontario et aux États-Unis. 

«Nous avons chanté à Ottawa, London, Boston, Philadelphie, Dallas et même Puerto Rico!» se souvient-il. La visite des Baronets sur l'île de l'Enchantement aurait d'ailleurs été toute une révélation pour René Angélil, selon son ancien comparse.

Playboy et gambler

«Ça peut paraître bizarre à dire aujourd'hui, mais, à cette époque, René n'était pas super motivé et n'avait pas beaucoup d'ambition dans le milieu du spectacle. Sa passion, c'était le jeu», explique Beaulne.

«Quand nous avons chanté à Puerto Rico, c'était la première fois qu'on voyait la mer et aussi la première fois qu'on voyait... un casino! René avait passé des heures à calculer comment il pourrait battre la roulette. Je l'avais fait fâcher un peu en lançant à Pierre Labelle que s'il continuait à calculer comme ça, il allait nous payer à souper le soir venu!» rigole-t-il.

Michel Longtin, un résident de Québec qui a agi comme agent de promotion pour Les Baronets, se souvient lui aussi de cette belle époque. «Dans Les Baronets, René, c'était le playboy de la gang. Il paraissait bien, les filles l'aimaient et lui aussi aimait les jolies filles.»

La montée du gérant

M. Longtin ajoute qu'Angélil était un grand fan d'Elvis Presley... mais aussi de son gérant, le légendaire colonel Tom Parker. «Il admirait beaucoup le colonel Parker et je crois qu'il s'en est inspiré un peu pour faire de Céline ce qu'elle est aujourd'hui. Mais je crois qu'on peut aussi dire que si René a fait Céline, Céline a aussi fait René!»

Il se rappelle d'ailleurs quand René a fait ses premières armes comme gérant d'artistes. «Quand il a quitté Les Baronets, il est allé voir Guy Cloutier, qui lui a confié la carrière de René Simard», raconte-t-il.

«Je me souviens d'une erreur qu'il avait faite, il avait amené René Simard à Vancouver pour les festivités de la Coupe Grey alors que personne là-bas ne le connaissait et que les amateurs de football ne s'intéressaient pas vraiment à son style de musique. Mais il a appris beaucoup en travaillant avec René Simard et Ginette Reno. Ça lui a permis d'être prêt quand il a pris en main la carrière de Céline.»

Même après être devenu l'un des imprésarios les plus en vue, René Angélil n'a jamais oublié ses amis des premières heures. «En mars 2013, René m'a invité à Las Vegas toutes dépenses payées. Il y avait une limousine pour m'accueillir à la porte et, pendant 10 jours, j'ai été avec lui de 9h à 16h. D'habitude, il parlait un peu de Céline et du monde des affaires mais, cette fois, il ne parlait que de nos années avec Les Baronets!» se souvient Jean Beaulne.

Angélil venait de découvrir qu'il avait un autre cancer de la gorge et qu'il aurait bientôt beaucoup de difficulté à parler. «Même après avoir été opéré aux cordes vocales, il m'a encore appelé même s'il avait une voix différente. Et même s'il ne pouvait plus parler, son assistante venait tout juste de me téléphoner pour me donner quatre billets pour voir Céline en août à Montréal...», poursuit Beaulne avant d'éclater en sanglots. «Excusez-moi, c'est une journée pleine d'émotions...», laisse-t-il tomber en terminant.

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