De Villeray à Vegas

Céline Dion pose un baiser sur la joue... (Bernard Brault, Archives La Presse)

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Céline Dion pose un baiser sur la joue de René Angélil après la première de son spectacle A New Day à Las Vegas, le 25 mars 2003.

Bernard Brault, Archives La Presse

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La Presse Canadienne
Montréal

Né à Montréal le 16 janvier 1942 d'un père syrien et d'une mère québécoise, René Angélil grandit dans le quartier populaire de Villeray, où il présente déjà des «spectacles» pour le voisinage. Son compagnon de jeu et de chorale d'école est un gamin du coin, un certain Pierre Labelle, futur «Baronet» puis humoriste, décédé en janvier 2000.

Élève plutôt doué, Angélil «saute» sa 7e année, ce qui n'était pas très fréquent à l'époque, et passe au collège André-Grasset, école privée située tout près de chez lui: un exploit pour ce fils de tailleur venu d'Orient. Plus tard, au collège Saint-Viateur, il rencontre le troisième «Baronet», Jean Beaulne, qui lance l'idée de créer le trio, pour rigoler. En 1961, les trois jeunes hommes, approchant la vingtaine, quittent l'école et amorcent leur carrière plutôt modestement dans les cabarets de la province.

Réalisant qu'une carrière dans la chanson ne se gagne pas sans gérant, ils engagent un comédien, Ben Kaye, pour les guider dans le merveilleux monde du spectacle. Et là, c'est bientôt la folie. En 1964, avec leur traduction du succès des Beatles Hold Me Tight, devenu ici C'est fou, mais c'est tout, les Baronets sont catapultés aux sommets des palmarès.

Pendant une dizaine d'années, Angélil et ses petits barons feront le tour des salles du Québec mais aussi des cabarets américains, jusqu'à Atlantic City. Après le départ de Jean Beaulne, en 1968, le trio commence à perdre du terrain. La concurrence est maintenant féroce et nombreuse côté groupes au Québec, et les succès anglophones à la sauce québécoise ne font plus autant recette.

En 1972, alors que le groupe remise définitivement ses complets-cravates, Angélil demeure à l'emploi du promoteur des Baronets depuis 10 ans, Guy Cloutier, qui lui apprend quelques ficelles qu'il ne connaissait pas déjà. Il s'occupe avec Cloutier de la carrière de Johnny Farago et d'un petit nouveau à la voix d'or, René Simard. Puis, en 1978, Ginette Reno lui demande de devenir son gérant.

Il rencontre le parolier français Eddie Marnay - une amitié qu'il cultivera plus tard - et participe à la «relance» de Ginette Reno avec le mégasuccès «Je ne suis qu'une chanson», de Diane Juster. Leur collaboration durera deux ans, jusqu'à ce que Mme Reno lâche Angélil pour un nouveau... gérant de mari.

Cassette providentielle

En janvier 1981, brusquement privé de sa vedette, pratiquement sans le sou, René Angélil, alors âgé de 39 ans, broie du noir. Mais le destin se fait postier, et au milieu de factures en souffrance, il découvre dans son courrier une cassette. «Écoutez-bien ça!», l'enjoint la mère de Céline Dion. «C'est ma fille, elle a 12 ans.»

Angélil dira plus tard qu'il a été ému aux larmes par la voix de la petite fille de Charlemagne, qui chantait «Ce n'était qu'un rêve», composée par sa mère et son frère. Le conte de fée s'amorce lentement, la petite Cendrillon deviendra princesse. Il demande à Eddie Marnay, lui aussi «faiseur de vedettes», de lui composer une première chanson: «La Voix du bon Dieu» se retrouvera sur un premier microsillon lancé la même année, et sur un disque de Noël.

Puis, ce sont les succès en cascades pour le duo magique: récompenses dans les festivals à l'étranger, plateau de Michel Drucker en France, rafle de Félix au gala de l'ADISQ, visite du pape au Québec - Angélil sait placer ses pions sur le grand échiquier du succès populaire et francophone.

En 1986, alors que la fillette est devenue jeune femme de 18 ans en pleine gloire, Angélil, fin stratège, décide de la «sortir» du showbizz pendant un an et demi pour lui refaire une image - dans tous les sens du terme. Elle revient l'année suivante en femme sexy - et bilingue - pour Incognito, qui la propulse plus loin encore sur la planète spectacle. Le pari d'Angélil porte fruit, et jusqu'à l'aube de l'an 2000, elle rafle tout sur son passage pendant une douzaine d'années.

Un mariage

La «retraite» que s'est imposée la chanteuse - et son gérant - le 1er janvier 2000 devait permettre au couple de se marier, de profiter de la vie, d'avoir un enfant et de préparer un grand coup: le mégaspectacle A New Day... à Las Vegas, avec le concours du très «Cirque du Soleil» Franco Dragone, présenté pendant près de cinq ans, à compter de 2003, dans La Mecque du showbizz américain.

Pendant toutes ces années, et encore davantage récemment, Angélil était aussi connu pour ses tentatives de «contrôler le message» sur Céline Dion dans les médias - il a déjà réussi à «tuer la une» d'un magazine de Québecor.

Le couple a eu trois enfants: René-Charles, né en 2001, et les jumeaux Nelson (comme dans Mandela) et Eddy (comme dans Marnay) en 2010. René Angélil est aussi le père de trois enfants nés d'unions précédentes, notamment avec la chanteuse Anne Renée dans les années 70.

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