Toruk du Cirque du Soleil: les Na'vi débarquent à Québec

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Le gigantesque volatile toruk est représenté par une marionnette géante.

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(Montréal) Si vous entrez ces jours-ci au Centre Vidéotron entre deux représentations de Toruk, la nouvelle production du Cirque du Soleil, vous risquez de n'y voir que du gris. Le sol, les décors, les structures qui accueilleront les acrobates, tout est recouvert d'une toile cendrée. Mais ne vous laissez pas leurrer par la grisaille : elle fera place à une orgie de couleurs quand les Na'vi de la planète Pandora s'amèneront sur scène.

Avec un budget de quelque 300 millions $ et des recettes qui ont franchi le cap des 2 milliards $ au box-office, le film Avatar de James Cameron n'a pas eu un parcours marqué par la sobriété. En transposant cet univers sur les planches, le Cirque du Soleil n'a pas non plus lésiné sur les effets spéciaux. La compagnie a confié le mandat de recréer la colorée planète Pandora aux metteurs en scène spécialisés dans le multimédia Michel Lemieux et Victor Pilon. Et le duo s'est attaqué au défi avec son arme de prédilection : des projections hautement sophistiquées, qui épousent à peu près tout l'environnement scénique.

«Ce n'est pas du cinéma, mais on évolue dans un univers cinématographique. On aime dire qu'on crée la plus belle boîte à bijoux possible. Et nos bijoux, ce sont nos performeurs», résume Michel Lemieux, rencontré le mois dernier à Montréal, au lendemain de la première mondiale de Toruk.

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Les metteurs en scène spécialisés dans le multimédia Michel Lemieux et Victor Pilon

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Sans les humains

En 2009, les cinéphiles ont découvert Pandora dans l'oeil de Jake Sully, un soldat américain paraplégique (incarné à l'écran par Sam Worthington) envoyé sur la planète des Na'vi par l'entremise d'un avatar. Sa mission : infiltrer un groupe d'extraterrestres à la peau bleue afin de les déplacer de gré ou de force du territoire où ils ont élu domicile et que les humains souhaitent exploiter pour ses richesses naturelles. Le militaire sera toutefois séduit par le monde des Na'vi (et par l'une de ses représentantes en particulier) et changera de camp dans cette guerre contre les hommes... Il entrera dans la bataille en chevauchant le légendaire toruk, un redoutable prédateur volant.

Le titre du nouveau spectacle du Cirque du Soleil nous ramène donc à ce gigantesque volatile, transposé en aréna par une marionnette géante. Mais loin de reprendre où le film de James Cameron nous avait laissés, les concepteurs Michel Lemieux et Victor Pilon reviennent plutôt quelques milliers d'années en arrière, sur une Pandora qui ne connaît pas encore l'existence des humains. Un choix artistique teinté par une contrainte technique : dans l'univers créé par James Cameron, les créatures bleues ont l'air de géants à côté de l'envahisseur humain. Et on ne badine pas avec les paramètres dictés par le célèbre cinéaste, qui s'est décrit comme la «conscience des Na'vi» lors d'une entrevue avec Le Soleil en marge de la première montréalaise : les caractéristiques de la faune et de la flore de Pandora sont soigneusement documentées dans un guide baptisé Pandoradepia.

«Il fallait respecter son univers, indique Victor Pilon. On a créé avec Patrick Martel des marionnettes qui sont de nouvelles créatures. Mais il fallait dire scientifiquement ce qu'elles mangent, comment elles se reproduisent. C'est un scientifique, aussi, James Cameron. Il est allé dans les profondeurs des océans, il a créé un robot qui est allé sur Mars. Tout a un sens sur la planète Pandora et il fallait le respecter. On devait être cohérent.»

Outre ces considérations «biologiques», James Cameron, dont la réputation de perfectionniste n'est plus à faire, s'est semble-t-il montré très conciliant envers les créateurs québécois de Toruk. «C'est une drôle d'image publique parce qu'avec nous, il a été vraiment charmant», assure Michel Lemieux.

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Plusieurs prototypes de la queue des Na'vi ont été nécessaires pour permettre aux acrobates de faire leur travail.

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Plus de théâtre, moins d'acrobaties

Dans l'aventure de Toruk, les auteurs et metteurs en scène Michel Lemieux et Victor Pilon avaient comme mandat de faire prendre un virage théâtral à l'univers du Cirque du Soleil. Oubliez la succession de numéros acrobatiques à laquelle la troupe nous a habitués, c'est le récit qui prime ici.

«On part d'une histoire et on met tout à son service, explique Michel Lemieux. C'est du narrative acrobatics. Dans la vie ou dans un film, si tu cours ou tu sautes, c'est que tu as une raison de le faire. C'est parce que quelque chose te poursuit ou que ton amoureux est là-bas. Ce n'est pas de la prouesse pour la prouesse...»

Les qualités sportives des artistes sont bien sollicitées dans Toruk, mais aussi leur talent d'acteur : ils portent des micros, s'expriment en langue na'vi et ont été choisis davantage pour leur polyvalence que pour leur spécialisation dans une discipline précise.

«Quand on travaille dans de grands lieux, on essaie de créer une respiration entre le spectaculaire et l'intime, ajoute M. Lemieux. Le fait qu'il y ait des micros, ça aide à rapprocher les spectateurs. Je suis content parce que les billets les moins chers tout en haut, ils ont un très beau show 

Transformation physique et immersion culturelle

Guillaume Paquin, 21 ans, incarne le personnage central... (Fournie par le Cirque du Soleil) - image 5.0

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Guillaume Paquin, 21 ans, incarne le personnage central d'Entu.

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Dans les coulisses du Centre Bell, le mois dernier, une costumière du Cirque du Soleil nous a pointé l'un des plus grands défis auxquels son équipe a fait face pendant la création de Toruk : la longue queue des extraterrestres na'vi. Il a apparemment fallu plusieurs prototypes avant d'arriver au dispositif final, qui permet aux acrobates de faire leur travail en limitant les risques de les voir perdre leur appendice. Guillaume Paquin, 21 ans, qui incarne le personnage central d'Entu, confirme que l'accoutrement a demandé une certaine adaptation. Tout comme sa longue chevelure de Na'vi, d'ailleurs. «Moi, au début, je pilais dessus parce qu'elle était trop longue! rigole-t-il. La cagoule s'enlevait et ça, ce n'est pas bon... On est des Na'vi. Si on voit un bout de peau, ça devient dérangeant! Mais on est devenus habitués. Ce n'est plus un obstacle.» Au-delà de la transformation physique, Guillaume Paquin a comme ses collègues de Toruk vécu une immersion dans la culture des Na'vi pour se préparer au spectacle. À commencer par l'apprentissage du dialecte qui, bien que fictif, compte des adeptes. «On sait qu'il y a des fanatiques qui ont vraiment appris cette langue, alors c'est presque un peu stressant, confie-t-il. On a aussi appris leur spiritualité. Le film exploite beaucoup cette notion d'être connecté à la nature. Je trouve que ça ressemble beaucoup à la spiritualité amérindienne...»  

De Seattle à Québec à Pandora

 

L'Américain Thomas Evans sera en terrain connu en... (Fournie par le Cirque du Soleil) - image 7.0

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L'Américain Thomas Evans sera en terrain connu en revenant dans la capitale pour les représentations de Toruk : il avait choisi l'École de cirque de Québec pour parfaire ses talents d'acrobate et d'équilibriste.

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L'Américain Thomas Evans sera en terrain connu en revenant dans la capitale pour les représentations de Toruk : originaire de Seattle, il avait choisi l'École de cirque de Québec pour parfaire ses talents d'acrobate et d'équilibriste. «C'était génial. Et ç'a ouvert plusieurs portes pour travailler au Cirque du Soleil et être en contact avec d'autres artistes. Québec et Montréal sont vraiment de bons endroits pour les artistes et il y a de la place pour la relève. C'est super de pouvoir vivre ici», résume le jeune homme, qui a notamment été de la distribution des spectacles Zaia à Macao, La Nouba à Orlando et Les chemins invisibles à Québec.  

Vous voulez y aller?

Quoi : Toruk : le premier envol

Quand : du 14 au 17 janvier

Où : Centre Vidéotron

Billets : de 49 $ à 134 $

Info : lecentrevideotron.ca

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