«Michel Delpech est mort sans avoir vieilli»

Michel Delpech alors qu'il était de passage à... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Michel Delpech alors qu'il était de passage à Québec, dans le cadre du spectacle Le Retour de nos idoles, en mai 2012.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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Agence France-Presse

«Michel Delpech est mort sans avoir vieilli. Ses chansons nous touchaient car elles parlaient de nous. De nos émotions comme de nos épreuves. Il avait traduit mieux que personne les années 70». C'est en ces mots que le président français François Hollande a rendu hommage au chanteur Michel Delpech, décédé samedi à l'âge de 69 ans des suites d'un cancer.

«Il n'a jamais été démodé. De Chez Laurette au Loir-et-Cher il nous avait dit "que Marianne était jolie". Elle pleure en ce début d'année un de ses meilleurs chanteurs», a poursuivi le président.

«La force de Delpech est qu'il restera toujours avec nous», a relevé le présentateur de télévision Nagui. Michel Delpech luttait depuis trois ans contre la maladie et s'éteignait «doucement», avait révélé en juin son ami, l'animateur Michel Drucker.

Contemporain de Julien Clerc et Michel Fugain, Michel Delpech, qui écrivait mais ne composait pas, s'était inscrit dans une époque charnière entre la fin des yéyés et l'arrivée des hippies.

Dans ses chansons (Les divorcés, Le Loir-et-Cher, Le chasseur, Pour un flirt) il chroniquait avec simplicité et finesse la France des années 70. Il vivait à fond la devise de l'époque : «sexe, drogue et rock and roll», dilapidant l'argent, consommant des substances illicites et accumulant les conquêtes.

«Je collais à une image qu'on m'imposait : le prince charmant, le chanteur pour filles avec ses chemises à pois. J'avais en moi un mélange d'orgueil et d'arrogance mais aussi de pureté qui pouvait être touchant», dira-t-il au journal France-Soir.

Longue dépression

La chute est brutale lorsqu'en 1978, sa femme lui annonce qu'elle part en Polynésie, lui laissant la garde de leurs deux enfants. L'artiste sombre dans une dépression qui durera sept ans.

Pour en sortir, il se tourne vers l'hindouisme, consulte des voyantes, passe par la psychanalyse, lit les Écritures. Une traversée du désert qu'il retracera dans son autobiographie, L'homme qui avait construit sa maison sur le sable (1993).

Le cauchemar s'achève grâce à sa rencontre en 1992 avec Geneviève, qu'il épouse et qui l'aide à retrouver le chemin de la scène. «Avoir explosé en plein vol et ne plus être au sommet m'a sauvé du pire», confiera-t-il.

Mais en 2013, nouveau coup dur: il est atteint d'un cancer de la langue et de la gorge, inopérable. Il raconte sa découverte de la foi dans un livre, J'ai osé Dieu.

Il annonce en avril 2014 être en rémission et avoir pour objectif de remonter sur les planches. «Je suis impatient, le public me manque. J'espère que ce sera l'an prochain» en 2015, disait-il au journal Le Parisien en novembre 2014.

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