Lemmy: 50 ans de gros rock

Ian «Lemmy» Kilmister, chanteur et bassiste de Motörhead,... (Photothèque Le Soleil)

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Ian «Lemmy» Kilmister, chanteur et bassiste de Motörhead, est décédé à l'âge de 70 ans d'un cancer

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) En 2012, au passage du Gigantour au Colisée, notre journaliste Ian Bussières avait rencontré Ian «Lemmy» Kilmister, décédé d'un cancer à l'âge de 70 ans. Le Soleil publie à nouveau l'entrevue avec le rockeur légendaire, dont la mort signifie aussi celle de Motörhead.

Le Gigantour, cette grand-messe itinérante du metal, est de passage ce soir au Colisée. En plus de Megadeth, initiateurs de la tournée, celle-ci amène également dans la capitale Volbeat, Lacuna Coil, mais surtout les légendaires Motörhead et leur non moins légendaire chanteur et bassiste Ian «Lemmy» Kilmister, qui a déjà un demi-siècle de gros rock derrière la cravate.

Au bout du fil, une voix graveleuse nous répond, en direct d'une chambre du Hilton de Saratoga, dans l'État de New York. Aucune ambiguïté possible, il s'agit bel et bien de Lemmy: l'accent gallois à peu près incompréhensible qui laisse deviner une diète de whisky et de cigarettes respectée à la lettre depuis plusieurs années.

À 66 ans, le Lemmy constitue une espèce rare dans le monde du rock, soit un musicien actif depuis plus de 50 ans sans prendre de pause. D'abord avec de petits groupes britanniques, puis avec les Rocking Vickers, Hawkind et, finalement, Motörhead, qui fait exploser les haut-parleurs depuis 1975.

«Ce qu'on joue, c'est du rock'n'roll. C'est ce que c'est», déclare-t-il d'entrée de jeu, soulignant qu'il préfère ce terme à celui de heavy metal pour qualifier sa musique.

Pas de retraite en vue

À un âge où plusieurs ont déjà pris leur retraite, Lemmy continue de jouer plus de 100 soirs par année avec ses comparses Phil Campbell et Mikkey Dee.

«Si je vais continuer jusqu'à 70 ans? Je ne sais pas. Probablement, que oui, parce que c'est seulement dans quatre ans», lance-t-il en éclatant de rire. «Honnêtement, je ne peux pas te dire combien de spectacles nous avons faits depuis 36 ans, mais il n'y a qu'en Chine, en Inde et en Afrique où nous n'ayons pas joué encore! Ça viendra peut-être, j'aimerais bien ça.»

Alors que son groupe est admissible depuis 10 ans au Temple de la renommée du rock'n'roll à Cleveland, Lemmy ne se formalise pas que Motörhead n'y côtoie pas encore ses amis des Ramones. «Je m'en fous! Tu sais, le Temple de la renommée avait mon blouson de la tournéeAce of Spades de 1980 et ils ont trouvé le moyen de le perdre! Je ne suis pas très content de ça», révèle-t-il.

Popularité et durabilité

Malgré tout, Lemmy est toujours heureux de constater à quel point la popularité de son groupe ne se dément pas même quand plusieurs prétendent que le rock est mort.

«Ce n'est pas la première fois qu'on l'entend, celle-là, n'est-ce pas? Pourtant, en Europe, ils sont vraiment restés accrochés au metal. Notre plus gros marché est d'ailleurs l'Allemagne, et nous sommes plus populaires que jamais aux États-Unis. Au Canada, c'est encore mieux qu'aux États-Unis. Les fans de Montréal et de Québec sont vraiment fous, et j'adore ça.»

La complicité que le seul membre original du trio partage avec ses deux acolytes des 20 dernières années y serait pour beaucoup dans la durabilité du groupe.

«Au départ, je ne pensais jamais que le groupe durerait aussi longtemps, mais avec Phil et Mikkey, on se connaît tellement bien qu'on n'a pas besoin de se parler pour se comprendre. Chacun sait ce qu'il a à faire.»

Le leader de Motörhead est cependant bien conscient du fait que la route est beaucoup plus dure pour les jeunes groupes qui débutent aujourd'hui qu'à son époque.

«Ce n'est pas du tout la même chose, c'est un monde complètement différent. Je n'aimerais pas lancer un nouveau groupe aujourd'hui. Il y a trop de groupes, et tout est contrôlé par à peu près trois compagnies de disques», explique-t-il, refusant toutefois de lancer la pierre aux fichiers MP3 et aux téléchargements illégaux.

«Pour moi, c'est la même chose que ce que nous faisions quand on enregistrait des disques sur des cassettes. Avez-vous déjà entendu dire que les enregistrements illégaux sur cassette allaient tuer l'industrie de la musique? Voyons! Les compagnies ont été stupides. Elles auraient pu profiter de ce médium dès le départ au lieu de le combattre.»

Et la drogue?

N'essayez toutefois pas de savoir si, passé la soixantaine, Lemmy a modifié les habitudes de consommation de substances plus ou moins illicites qui ont fait sa réputation.

«Je ne parle jamais de drogue en entrevue», met-il en garde, même si on se doute bien qu'il ne détient pas de carte de membre des Lacordaire. Il accepte toutefois de revenir sur le discours controversé qu'il a prononcé en 2005 devant l'Assemblée nationale du pays de Galles.

«Ça en a choqué plusieurs, mais j'ai dit qu'il faudrait légaliser toutes les drogues. D'ailleurs, aujourd'hui, la plupart des drogues que les jeunes prennent sont légales et viennent de la pharmacie de leurs parents. Tu sais, j'ai perdu beaucoup d'amis à cause de l'héroïne, qui est une drogue vraiment épouvantable. Par contre, c'est une industrie de plusieurs milliards qu'il est impossible de freiner. Ça coûterait trop cher. La seule chose qu'ils n'aient pas encore essayée, c'est de légaliser», conclut-il.

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