Grand Corps Malade: poésie en trois actes

Grand Corps Malade entraîne les spectateurs dans un... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Grand Corps Malade entraîne les spectateurs dans un voyage où les mots vrillent et se lovent comme dans une saga sociale mi-tragique, mi-comique.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / Pour Grand Corps Malade, la vie, comme les spectacles, semble s'écrire en trois actes. Lançant son spectacle par Au théâtre, qui ouvre aussi son album Funambule, il entraîne les spectateurs dans un voyage où les mots vrillent et se lovent comme dans une saga sociale mi-tragique, mi-comique.

Le slameur s'amuse habilement avec le thème qu'il s'est donné, nous présentant ses concepteurs, ses premiers rôles (ses trois musiciens) et ses seconds rôles (les spectateurs) en agissant à la fois comme personnage principal et comme metteur en scène.

Évidemment, les mots sont le coeur battant du spectacle, mais la musique est aussi très présente, permettant pauses, ponctuation, rythme et nouvelles ambiances. Une intro de guitare langoureuse pour Tant que les gens font l'amour, au rappel, des claviers acrobates pour Funambule et de la batterie énergique, mixée à des rythmes enregistrés, donnaient la réplique aux poèmes de Grand Corps Malade.

Celui-ci a toutefois brillé, seul en scène et a cappella, pour un habile monologue sur ses débuts dans le monde du showbiz. On éprouve un certain plaisir à voir comment il tourne et retourne les mots, en en révélant le sens ou le son. Sa voix est grave, posée, agile, constante, ce qui n'empêche pas l'auteur et interprète de se faire conteur pour Roméo kiffe Juliette (où les amours shakespeariens deviennent l'histoire d'un musulman et d'une jeune juive) ou de se faire amant et amoureux pour Comme une évidence. Son assurance, son humour et ses idées charment, le public est pendu à ses rimes.

Il y a plusieurs duos, en direct ou fantômes, dans ce spectacle, comme Te manquer, où Leslie Bourdin prend la place de Sandra Nkaké sur le disque. Grand Corps Malade a fait paraître cet automne Il nous restera ça, un album d'auteur et un livre qui regroupent des textes de Renaud, Fred Pellerin, Richard Bohringer (dont la voix enregistrée s'est fait entendre dimanche soir) et bien d'autres. Grand Corps Malade intègre même les mots, ou plutôt les questions, de son fils de cinq ans dans Robin des bois.

Oui, il y a toujours la banlieue parisienne, la prison, les tours du sort et la grogne d'une jeunesse étouffée dans les textes du poète, mais la paternité et l'amour y illuminent les lignes de vie. Si la vie est un théâtre, Grand Corps Malade y est un poète de l'humain.

Christian Roberge

En - courte - première partie, Christian Roberge, qui a été la voix de la première mouture des Lost Fingers aux débuts du groupe, a livré trois pièces de Georges Brassens. Il s'agissait d'un avant-goût guitare-voix d'un spectacle qu'il présentera le 1er avril au même endroit, en quatuor jazz-latin. Bien que brève et un peu décousue, la proposition semble prometteuse.

Grand Corps Malade sera de nouveau en spectacle lundi et mardi au Théâtre Petit Champlain.

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