Jean-Thomas Jobin: introspection décalée

Jean-Thomas Jobin a le talent de nous faire... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Jean-Thomas Jobin a le talent de nous faire nous esclaffer franchement à force de taper sur le clou de l'absurde.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) CRITIQUE / Comme la tête de Jean-Thomas Jobin ressemble à un jeu de pinball où l'absurde, les associations douteuses et les images délirantes se renvoient la balle à l'infini, Apprendre à s'aimer, son nouveau spectacle introspectif à l'enveloppe psycho pop, est un vaste terrain de jeu sur mesure.

«Cette recherche de l'amour-propre, on s'entend que c'est un gros prétexte pour faire des jokes», note-t-il. Un point pour la franchise. N'empêche que l'humoriste a mis le doigt sur une des caractéristiques de son personnage de scène en axant son spectacle sur l'estime de soi : celui-ci se dénigre à petites doses, conscient que certaines blagues vont un peu trop loin et que d'autres sont très moyennes. Il a tout de même le talent de nous faire pouffer, voire nous esclaffer franchement à force de taper sur le clou de l'absurde.

Le début du spectacle est un feu roulant de jeux de mots et de réflexions décousues qui forment un patchwork presque psychotique. Jobin saute du coq à l'âne, de sa toison de torse à Einstein en passant par Stevie Wonders, mais revient, étrangement et habilement, toujours à ses moutons.

D'ailleurs, la scène est remplie de faux moutons (et de rames de bois...), alors que trois dessins du test de Rorschach servent de toile de fond.

Public ausculté

Jean-Thomas Jobin est très à son aise dans ce cirque surréaliste, tout en restant branché sur la salle, dont il souhaitait visiblement avoir les échos en ce soir de première à Québec. Applaudissements isolés, rires décalés, réactions inattendues, le comique relevait tout, auscultant régulièrement son public et relevant les incongruités que son humour ne manque pas de provoquer.

Il chante, joue, fait des mises en situation, utilise des objets, change de voix, fait monter une spectatrice sur scène... On le verra simuler une conversation entre une banane et un croissant qui représentent un sexe masculin et féminin, orchestrer un numéro en duo avec une décoration d'Halloween qui fait «raw!» et livrer un dernier monologue pendant l'écrasement d'un avion.

Il y a quelques numéros plus faibles, comme une série de réveils simulés après un long coma, et des gags qui donnent un drôle de goût à la poutine générale, mais somme toute, on prend plaisir à ce grand laboratoire de l'humour humain.

Le moment où Jobin délaisse son personnage et ses jouets demeure toutefois le mieux articulé du spectacle. Tout simplement, il nous parle de sa mère, de ses manies, de sa tendresse un peu trop appuyée et de son père, maniaque de la langue française, aussi cérébral que touchant. Le numéro coule, est bien livré, et révèle la qualité de l'écriture de l'humoriste.

Jean-Thomas Jobin sera de retour sur les planches de la salle Octave-Crémazie le 16 avril.

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