Olivier Dufour, seigneur multimédia des anneaux

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Olivier Dufour et son équipe ont tenu cette semaine des répétitions en vue du spectacle de vendredi et samedi à Lausanne, à l'occasion du centenaire du siège social du Comité international olympique.

Elias Djemil

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(Québec) À quelques heures de son spectacle multimédia baptisé Champions!, visant à souligner le centenaire du siège social du Comité international olympique (CIO) à Lausanne, Olivier Dufour craint surtout que les éléments viennent perturber le bon déroulement de l'événement.

Des averses, et surtout des vents pouvant atteindre 30 km/h, sont attendus sur la cité romande, ce qui ajoute à un niveau de stress déjà «élevé» pour le producteur et concepteur de Québec. «On annonce pas mal de pluie, et surtout des vents qui pourraient empêcher l'exécution de quelques éléments acrobatiques, mais je demeure confiant.»

En entrevue téléphonique depuis Lausanne, mercredi, la vedette montante dans le monde des projections multimédia parle avec enthousiasme de ce spectacle de trois heures, qui réunira 380 danseurs, acrobates, chanteurs et musiciens, ainsi que 80 techniciens en coulisses, sur la place de la Riponne, au coeur de Lausanne.

«C'est une place magnifique, très vaste, à l'architecture dynamique et aux propriétés acoustiques intéressantes», précise-t-il, heureux de voir son show prendre ses aises sur plus de 1700 mètres carrés, dont la façade du palais de Rumine. Quelque 18 000 spectateurs sont attendus vendredi et samedi soir.

C'est dans un bar de Lausanne, où il avait présenté son spectacle Le mur du son en 2012, que l'artiste de 42 ans a fait la rencontre du président de la fédération suisse de ski, il y a environ un an. De fil en aiguille, il apprend que le CIO n'envisage aucune festivité pour célébrer le centenaire de l'ouverture de son siège dans la cité helvète.

L'information n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Quelques jours plus tard, Dufour avait un contrat en poche et «carte blanche» pour monter un spectacle dans lequel le CIO n'a toutefois rien investi. Le concepteur a choisi d'illustrer la quête parallèle d'un garçon pour une médaille d'or et d'une jeune violoncelliste, hommage à la persévérance et au dépassement de soi. «J'ai toujours aimé la fièvre olympique. Je trouve que c'est rassembleur. Comme l'art, le sport possède ce même pouvoir sur les gens.»

Le CIO lui a ouvert grand les portes de ses archives, lui donnant accès à des photos et des films inédits de l'histoire olympique. «J'ai eu accès à 33 000 heures de contenu vidéo. J'ai trouvé des perles, comme de magnifiques photos en noir et blanc des Jeux d'Oslo, avec des gros plans d'athlètes juste avant l'effort. Ça donne des frissons...»

À cette portion du spectacle, auquel prendra part le double champion olympique et champion du monde de patinage artistique Stéphane Lambiel, se greffera, en seconde partie, la prestation musicale de Bastian Baker, un jeune auteur-compositeur-interprète originaire de Lausanne.

Québec, sa ville

Baptisé le «Copperfield de la projection vidéo» et le «Michael Bay de la mise en scène», dans une récente entrevue à une chaîne de télé romande, Olivier Dufour persiste et signe dans sa volonté de faire de Québec son port d'attache. Comme Robert Lepage, s'il part loin et souvent, c'est pour mieux revenir.

«J'ai envie plus que jamais d'être à Québec», explique-t-il, fier de son atelier de création multifonctionnel, Le réacteur, installé rue Saint-Vallier, un endroit «assez chouette pour attirer des clients de partout dans le monde». C'est là que lui et son équipe travaillent sur le spectacle des pyramides d'Égypte. 

S'il a déjà évoqué son désir d'y ouvrir un petit restaurant, l'été prochain, loin de lui l'idée de devenir chef ou cuisinier. Le concept restera très simple, indique-t-il, dans une volonté affichée de nourrir plutôt les âmes, à travers des expositions et autres expériences d'arts visuels.

Entre-temps, il se consacre à ses multiples projets, sautant d'une ville à une autre, avec sa blonde et ses deux filles. «Je m'éclate, littéralement. Ça me comble de bonheur.»

Olivier Dufour... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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Olivier Dufour

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Un projet pharaonique au Caire

À compter de septembre 2016, Olivier Dufour vivra «le rêve d'une carrière» avec la présentation d'un spectacle multimédia, le plus imposant au monde, visant à mettre en valeur les pyramides d'Égypte. Fébrile devant ce projet pharaonique, il se croise toutefois les doigts pour que l'événement ne subisse pas les contrecoups des attentats parisiens et de la situation tendue au Moyen-Orient.

«On ne sait jamais. À chaque fois [qu'il arrive un attentat], on se demande toujours s'il ne sera pas retardé», indique-t-il, au sujet de ce spectacle à grand déploiement qui remplacera le précédent, à l'affiche depuis 1985. Celui du concepteur québécois, d'une durée de 52 minutes, sera projeté tous les soirs, pour au moins une vingtaine d'années. Le récit - «il ne s'agit pas d'un documentaire» - est basé sur des faits de l'histoire égyptienne. «Il faudra le rafraîchir tous les deux ou trois ans.»

Grâce à 235 projecteurs au laser sophistiqués, mis à l'épreuve pour la première fois, le spectacle mettra en lumière les trois pyramides de Gizeh, dont la plus imposante, celle de Khéops, classés au patrimoine mondial de l'humanité. «Toute la magie derrière ces constructions me fait rêver, ça me fascine vraiment. Nous avons pu avoir accès à des salles et des corridors jamais ouverts au public.»

Rencontre avec des égyptologues

C'est lors d'un séjour à Dubaï, pour rendre une «visite de courtoisie» à des partenaires d'affaires, que l'artiste québécois a croisé la route d'un producteur, ravi de découvrir ses productions antérieures. Une proposition formelle n'a pas tardé à suivre. Une rencontre avec des égyptologues, à Paris, a permis d'attacher les dernières ficelles.

La suite des choses risque d'être pour Olivier Dufour un véritable feu roulant. «Je vais déposer les devis techniques à la fin du mois, à Paris. Je serai ensuite en création intensive à compter de janvier. Je devrais déménager au Caire en juillet.»

Las Vegas à l'horizon

La capitale du divertissement, Las Vegas, est dans la mire d'Olivier Dufour. Le concepteur de Québec caresse un projet de «show de cabaret» qui pourrait voir le jour d'ici la fin de la décennie, à l'invitation d'un producteur américain. «J'ai bon espoir. Si tout va bien avec mon projet égyptien, j'aurais trois ans pour en faire le développement. Ce ne serait pas avant 2019.» Un producteur français ferait également partie de l'aventure. Le projet en serait un «hybride», qui offrira «deux niveaux de lecture», entre le cabaret et la télévision, par lequel le spectateur visiterait les coulisses de l'intrigue sur scène.

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