La tendre ivresse de Sur la montagne, nue

Dans Sur la montagne, nue, Marianne Marceau, Valérie... (Cath Langlois Photographe)

Agrandir

Dans Sur la montagne, nue, Marianne Marceau, Valérie Laroche, Linda Laplante et Laurie-Ève Gagnon tissent un récit à plusieurs voix où les rêves, les émois et les déceptions se font écho.

Cath Langlois Photographe

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / Beirut, Debussy, Beethoven, Bach et, pour finir, un refrain de Barbara, sur les mots à la fois si simples et si justes d'Anne-Julie Royer. Avec Sur la montagne, nue, Le théâtre aux pommes nous offre des bouffées de vie, des vertiges, des sourires dans la voix et la beauté grise des regrets.

Une pièce qui berce, comme un baume, qui mouille les yeux et qui donne envie d'étreindre la vie malgré toutes ses imperfections, c'est rare dans le flot d'horreurs et d'inepties qui maculent généreusement les fils de presse et les fils Facebook. Ça fait un bien immense, ça nous rebranche sur les cordes sensibles qui nous traversent.

Sur la montagne, nue est un formidable condensé de tout ce qui peut rendre le quotidien vertigineux. Avec en toile de fond la forêt de Stoneham, les paysages islandais, la campagne de Saint-Nicolas, le Cégep Limoilou, la rue Saint-Jean, Charlevoix et Saint-Jean-Port-Joli, dans une scénographie empreinte de poésie signée Cécile Lefebvre. L'horizon et le ciel sont faits de chemises blanches, deux quais s'avancent, trois arbres se dressent, des femmes dansent, rient, pleurent et surtout, racontent.

Marianne Marceau, Linda Laplante, Laurie-Ève Gagnon et Valérie Laroche tissent un récit à plusieurs voix où les rêves, les émois et les déceptions se font écho. Prénoms et années défilent doucement en lettres lumineuses sur le décor, pendant qu'elles racontent une série de cataclysmes et d'envolées intérieures.

Les quatre comédiennes ont un jeu juste et ample, un sourire dans la voix ou les yeux chargés de regrets selon les passages. C'est un bonheur de les entendre, malgré les quelques accrocs dans le texte - bien pardonnables dans ce déferlement de mots.

Leurs mots brossent, très justement, des portraits de femmes : la vie de Rose à travers ses voyages à la mer, la nuit de vin blanc d'Anna, le tableau vivant d'une trahison, un pèlerinage sur les battures, la maternité qui grise, remplit, épuise. Ça pourrait être cliché, cucul, mièvre, mais non, Anne-Julie Royer dépeint l'insouciance et la sagesse avec la même maturité rafraîchissante. Certains thèmes reviennent en boucle, comme la maternité et le désir d'écrire qui s'affrontent et créent un refrain un brin trop insistant, mais sinon on se retrouve devant un riche échantillon de réflexions et d'émotions. Le texte éprouvé en partie au festival du Jamais Lu, l'an dernier, a gagné une belle ampleur, notamment grâce à la mise en scène de Marie-Hélène Gendreau.

Le piano, sous les doigts de Marc Roussel, agit tout au long du spectacle comme un cinquième personnage. Les mots sont accompagnés par un véritable concerto. On parle beaucoup de musique, justement, de nature et de grands espaces, avec un clin d'oeil à Glenn Gould et à Thomas Bernhard.

La pièce est présentée jusqu'au 5 décembre à Premier Acte, dans la côte Salaberry.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer