Kawandak: réveiller les morts et les consciences

Normand Guilbeault... (fournie par arté boréal)

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Normand Guilbeault

fournie par arté boréal

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(Québec) Pour Normand Guilbeault, les chansons traditionnelles amérindiennes évoquent le blues. Avec son projet Kawandak, à la fois album et spectacle, il a décidé de donner des teintes de jazz, de rock, et de folk aux contes et aux complaintes qu'il est allé puiser dans des archives et dans le répertoire de Randy Wood, Jim Pepper et Buffy Ste-Marie.

Le Métis s'est d'abord fait connaître comme musicien de jazz, à la contrebasse, puis pour ses projets musicaux inspirés de Charles Mingus, un compositeur de jazz américain et militant pour les droits des Noirs, ou encore de Louis Riel, pour qui il a élaboré un «plaidoyer musical» porté par une douzaine de musiciens.

Il se considère Anishnabe, mais a aussi découvert, en remontant le fil de ses origines, que des Micmacs, des Acadiens, des coureurs des bois et des Wendats se trouvaient dans son arbre généalogique. «Un maudit bâtard!» rigole-t-il.

Sa musique, outre le fait qu'elle rassemble des langues et des influences des plus hétéroclites, a l'intéressante propriété de ranimer les oubliés ou les bafoués de l'Histoire et de les faire marcher parmi les vivants. Il parle d'ailleurs de «chansons d'outre-tombe», pour les pièces qu'il vient d'ajouter à son répertoire. «À la Smithsonian Institution, à Washington, ils ont de vieux enregistrements, faits par des anthropologues, qui datent du siècle dernier. Certains sont enregistrés sur des rouleaux de cire», raconte-t-il.

Il y a déterré The Prisonner Song, une chanson écrite par un Amérindien condamné à la potence qui s'est transmise de génération en génération. Il faut dire que depuis quelques années, Guilbeault gagne sa vie comme agent de liaison avec les autochtones dans les prisons fédérales. «Souvent, ce sont des humains avec des vies brisées, qui ont eu une enfance terrible, mais je suis amené à les apprécier. Ça me touchait, cette chanson», glisse-t-il. II a aussi décidé de réhabiliter la prière Ani couni chaouani, «une chanson cute, qui ressemble à une comptine, mais qui est en fait un chant de douleur».

Réalités épineuses

Le titre du projet, Kawandak, signifie «épinette blanche» en langue algonquine, alors que le sous-titre de l'album est Medecine songs. Comme si la musique venait mettre un baume sur des réalités épineuses.

«Si je veux parler des femmes autochtones disparues, de l'exploitation des richesses naturelles, des conditions de vie des autochtones, je peux le faire avec ma musique, croit Normand Guilbeault. Ma contribution est un petit caillou dans la mare. Mais un changement collectif s'en vient. Avec Idle No More et les dénonciations des dernières semaines, on voit que ça avance. Ça va faire son chemin.»

Sur scène, il arrive avec un «power quartet», avec de la batterie (Claude Lavergne), de la contrebasse, des claviers (Annie Poulain), de la guitare (Sylvain Provost). «Il y a un côté très tendre et très rock en même temps. Mais ce qui marque le plus, ce sont les voix, les chants», note-t-il.

Sa voix se mêle à celle d'Annie Poulain et du conteur Michel Faubert. «Quand on a fait des performances à Montréal, Michel [Faubert] était souvent dans la salle. Je pense que la musique amérindienne, ça lui parle. Alors je l'invitais à venir sur la scène avec nous, à dire un conte sur lequel on faisait de la musique, et chaque fois, il y avait de la magie», raconte Guilbeault.

Normand Guilbeault et ses acolytes seront au Cercle, à Québec, mercredi, puis à L'Astral, à Montréal, samedi.

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