Fabien Cloutier, secoueur de confort

Le comédien Fabien Cloutier fait ses débuts comme... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le comédien Fabien Cloutier fait ses débuts comme humoriste avec son one-man-show Assume, un «nécessaire brassage collectif». Les politiciens, les décorateurs de maisons et les fabricants d'opinion sont parmi ses cibles privilégiées.

Le Soleil, Patrice Laroche

(Québec) Les codes et les conventions, très peu pour Fabien Cloutier. Naviguant entre la marge et la masse, il aime bousculer son public et réveiller sa conscience. Lui non plus n'aime pas le confort. D'abord comédien et auteur, il se met en danger en se présentant comme humoriste dans son premier one-man-show, dont on verra la première à Québec mardi.

Ce n'est pas un hasard si son spectacle s'appelle Assume. Fabien Cloutier n'a jamais mis d'eau dans son vin pour plaire. Ses pièces de théâtre Scotstown et Cranbourne, qui mettent en scène le personnage du chum à Chabot, ont été qualifiées de coups-de-poing. 

Sur l'affiche d'Assume, il arbore un magnifique oeil au beurre noir. Le message est clair : il est prêt à revendiquer ce qu'il dit quitte à se faire rentrer dedans. «J'essaie de créer des shows que j'aime en ne me souciant pas des différents standards qu'on a l'impression qui existent des fois. Se dire que si tu te mets dans telle case, tu vas peut-être avancer plus vite. Moi, ces cases-là, je les ai toujours refusées», explique-t-il.

Être fidèle à ses convictions est payant pour Fabien Cloutier. En ce moment, il est partout. Scotstown et Cranbourne viennent de sortir en DVD. On le voit à la télévision dans Paparagilles, Boomerang et Les beaux malaises et cet hiver dans Karl/Max, Blue Moon et Les pays d'en haut. Fin octobre, il remportait le Prix littéraire du Gouverneur général pour sa pièce Pour réussir un poulet

Et son passage à l'émission Tout le monde en parle le 1er novembre n'a rien d'anodin. Fabien Cloutier goûte ces jours-ci au succès après plusieurs années de carrière. «Je vis bien ça parce que je ne l'ai jamais cherché, dit-il. Je suis content que le monde connaisse mes affaires, que mes billets soient plus faciles à vendre [ses deux représentations au Théâtre Petit Champlain affichent complet]. Je suis heureux de ça, mais je suis surtout content que mes idées circulent.»

L'humour avant le théâtre

Ses idées, il les transmet en son nom dans son premier spectacle d'humour, mettant de côté le personnage du chum à Chabot. Depuis deux ans et demi, il teste ses numéros devant public, les fignole. Mardi, il se lancera pour vrai au Théâtre Petit Champlain. Fabien Cloutier, humoriste? Ce n'est pas si étonnant, nous explique le Beauceron de 39 ans. «Si je remonte à mon enfance et à mon adolescence, j'ai eu envie de faire de l'humour avant de faire du théâtre, raconte-t-il. Mon premier contact avec la culture, c'est l'humour. C'est Samedi de rire, 100 limite, Les Bleu Poudre, RBO...»

Puis arrivent les études au Conservatoire d'art dramatique de Québec, puis Scotstown et Cranbourne. «Quand j'ai commencé à faire Scotstown, j'ai été surpris que ce soit aussi drôle, reconnaît-il. Je ne pensais pas que la façon Fabien Cloutier de virer la pensée et de virer certaines phrases pouvait faire rire autant. Je me suis découvert ça.»

Quand est venu le moment de créer Assume, Fabien Cloutier a cherché la forme qu'il voulait donner. «C'est une structure différente de tout ce que j'ai fait avant, analyse-t-il. Dans Cranbourne, le récit menait les choses. Là, c'est les idées. Tu passes d'une idée à l'autre, t'ouvres des parenthèses. C'est une autre affaire à gérer pour la mémoire et la maîtrise du lien que t'établis avec le public.»

Il a bien sûr voulu, comme à son habitude, faire les choses autrement. «Je ne veux pas faire différent pour faire différent. Mais moi, ça m'intéresse de jouer avec... je vais dire... les "codes de la représentation", même si ce ne sont pas des mots ben, ben vendeurs. Ça m'intéresse de déstabiliser.»

Brasser la cage

Il présente Assume comme un «nécessaire brassage collectif». Les politiciens, les décorateurs de maisons et les fabricants d'opinion sont parmi ses cibles privilégiées. «J'aborde le politique et le social par la bande, sans l'aborder de front, décrit-il. Le politique et le social pour moi, c'est le citoyen, la personne qui est dans la salle. Je trouve que souvent, on place le politicien au coeur de la joke. Je m'intéresse plus à la personne qui vote pour, à la personne qui l'élit, qui achète, qui reste prise dans son idée, la personne qui cherche l'opinion à tout prix et se conforte dans son opinion, peu importe du côté où est-ce qu'elle se conforte. J'aime aller secouer ce confort-là.» 

Vous l'aurez compris, il faut arriver l'esprit ouvert à Assume et ne pas s'attendre à ce que Fabien Cloutier nous flatte dans le sens du poil... «Je pense que le public est capable d'en prendre, lance-t-il. Les artistes qui moi m'ont inspiré, c'est les artistes qui m'ont surpris. J'ai envie d'avoir un public comme ça.»

Comme il n'y a plus de billets pour les représentations au Théâtre Petit Champlain, il faudra vous déplacer ou être patients pour vous faire brasser par Fabien Cloutier. Il sera en spectacle le 21 novembre à La Méchatigan de Sainte-Marie de Beauce, le 11 mars à L'Anglicane de Lévis et reviendra le 21 avril au Théâtre Petit Champlain.

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