L'insolite s'invite au concert de l'OSQ

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Le chef invité Leo Hussain (à droite) n'a cessé de gesticuler pendant le concert, au point d'en échapper sa baguette.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / C'est arrivé mercredi soir, au milieu du Scherzo de la Symphonie du Nouveau monde. Pour la première fois de ma vie, je voyais un chef échapper sa baguette en plein concert. C'est assez gênant, comme vous pouvez imaginer. Mais je me garderai bien de plaindre Leo Hussain. Le chef invité de l'Orchestre symphonique de Québec a couru après, comme on dit chez nous. Toute la soirée, il n'a cessé de gesticuler comme un fou furieux.

La direction de ce Scherzo était d'ailleurs loin d'être parfaitement maîtrisée par le maestro. Pour dire les choses simplement, le monsieur travaillait fort et certains passages étaient exécutés de manière assez expéditive. C'était le cas d'un trait de cor répété à trois reprises et qu'on n'a jamais pu entendre de manière convenable. Au contraire, le passage était de plus en plus bousculé chaque fois.

Cette mémorable perte de baguette, du reste, n'était pas le seul moment insolite de la soirée. Entre le premier et le deuxième mouvement du concerto de Beethoven, le chef est descendu de son podium pour aller jeter un coup d'oeil à l'intérieur du piano. Il s'est ensuite tourné vers le soliste, le jeune Pavel Kolesnikov, en haussant les épaules. Puis il est retourné à sa place et le concert s'est poursuivi.

J'ai beau chercher, oublier la fameuse baguette, je ne trouve rien de positif à dire sur la direction musicale de ce concert. En fait, oui. J'ai beaucoup d'admiration pour la manière avec laquelle l'Orchestre symphonique de Québec a réussi à se débrouiller dans les circonstances. 

À vrai dire, assez souvent, les gestes du chef n'avaient que peu d'incidence sur le jeu des musiciens. D'ailleurs, on avait l'impression que c'est le chef qui suivait l'orchestre et non l'inverse, et qu'au lieu de donner l'élan musical, il réagissait à ce qu'il entendait. C'était par ailleurs fort agaçant de voir M. Hussain continuellement indiquer aux trombones et au tuba qu'ils jouaient trop fort, alors que, parfois, ceux-ci n'avaient pas encore commencé à jouer.

Mercredi soir, on avait l'impression que c'est le... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Mercredi soir, on avait l'impression que c'est le chef invité de l'OSQ, Leo Hussain (à gauche), qui suivait l'orchestre et non l'inverse, et qu'au lieu de donner l'élan musical, il réagissait à ce qu'il entendait. 

Le Soleil, Erick Labbé

Le jeune virtuose russe Pavel Kolesnikov était le soliste invité. Belle patte, beau style, mais un peu étriqué, son Beethoven. Le Largo était d'une lenteur à mourir d'asphyxie. Je repense aux triolets traînants des cors ou à ceux des contrebasses. C'était lourd au point où ça frisait le ridicule.

La soirée avait commencé sur une note assez terne avec la Kermesse canadienne, une oeuvre de Benjamin Britten inspirée du folklore de chez nous. On reconnaît des thèmes comme Youpe, youpe sur la rivière ou Gentille alouette. L'exécution, lourde et sans grand effet, a été accueillie par des applaudissements mitigés. 

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. 

Direction: Leo Hussain, chef d'orchestre. 

Soliste: Pavel Kolesnikov, piano. 

Britten : Kermesse canadienne. Beethoven : Concerto pour piano no 1. Dvorak : Symphonie no 9, Du Nouveau monde. Hier soir à la salle Louis-Fréchette.

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