Roch Voisine: le baume de la nostalgie

Roch Voisine... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Roch Voisine

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Une série d'albums puisés dans le répertoire country-rock américain, une nouvelle aventure en mode crooner. Roch Voisine commence à s'y connaître en relectures de chansons. Loin de nier l'attrait de la nostalgie, le chanteur l'assume pleinement, assimilant le sentiment à un «baume» pour les oreilles du public... et les finances des musiciens qui s'y adonnent.

En France, le projet Forever Gentlemen a été synonyme de gros chiffres : deux disques, une trentaine d'interprètes et quelque 700 000 exemplaires vendus. Au Québec, la proposition recentrée autour de Roch Voisine, Garou et Corneille est encore toute chaude. Un condensé des albums français est arrivé dans les bacs il y a deux semaines et une tournée, qui vient de se mettre en branle, s'arrêtera avec son big band au Centre Vidéotron vendredi.

«Ce qui est le fun avec ce projet-là, c'est que c'est remis au goût du jour à travers les nouveaux arrangements et les nouveaux interprètes, se réjouit Roch Voisine. On a eu vraiment du plaisir à faire les deux albums en France et je suis content qu'on ait pu amener ça ici.»

«Souvenirs»

À une époque où l'industrie du disque cherche à garder la tête hors de l'eau, la nostalgie continue de

faire vendre. Forever Gentlemen joue sur cette corde et Roch Voisine ne s'en cache pas. «C'est un concept. Au départ, il n'y avait même pas de tournée de prévue. On a embarqué, on a eu du fun là-dedans, on s'est dit qu'on allait voir... Et ç'a marché. Difficile comme c'est devenu aujourd'hui, on ne va pas cracher sur le succès. Et on ne va pas le discuter non plus et demander pourquoi. Vous aimez ça? Pas de problème!» lance Roch Voisine.

Le chanteur voit dans les nouvelles manières de consommer la musique une explication à la popularité des albums titillant les souvenirs musicaux du public. Il évoque l'influence du Web et l'impression de gratuité qu'il engendre, une surconsommation qu'il assimile à du «fast-food», le fait qu'on ne laisse plus le temps à la musique de s'enraciner, que les nouvelles chansons ne font souvent que passer. 

«Pour qu'il reste une sensation agréable et plus durable, les gens vont vers les vieilles tounes, évoque-t-il. La musique, c'est rattaché à ta vie. Si tu la consommes tellement rapidement qu'elle n'a pas le temps de s'imprégner, je pense que ça crée un manque fondamental. Il manque cette association, cette ancre. La relation à la musique a changé, elle est devenue superficielle. Mais le besoin est toujours là.»

Les airs suscitant la nostalgie agissent donc comme un «remède de grand-mère pour venir mettre un baume sur nos âmes», croit Roch Voisine. Et le chanteur ne nie pas que le phénomène des reprises peut avoir le même effet sur la carrière de ceux qui s'y adonnent. 

«En plus, ça marche, reconnaît-il. Et si on peut gagner notre vie, on va aller où les gens vont. Oui, on peut faire des affaires pétées ou décalées. Mais s'il y a trois personnes dans la salle, moi, je ne vis pas. Et les musiciens autour de moi non plus. Il y a une réalité économique dans tout ça. [...] Ce n'est pas vrai que tu peux te dire que ce n'est pas important pour toi. C'est interrelié. Si tu veux continuer de chanter devant le monde, faut que les gens viennent et qu'ils achètent des billets.»

=> Vous voulez y aller?

  • Quoi : Forever Gentlemen
  • Qui : Roch Voisine, Garou et Corneille
  • Quand : vendredi à 20h
  • Où : Centre Vidéotron
  • Billets : de 65 $ à 96,50 $
  • Info : www.lecentrevideotron.ca ou1 855 790-1245

Roch Voisine sur...

La crainte de l'étiquette du has-been

«Ça non... Je suis très à l'aise. J'en ai fait crier des fans, j'en ai signé des autographes, j'ai vendu des millions de disques. Je n'ai plus rien à prouver. Je suis vraiment au-dessus de ça. Je fais ce qui me tente. À un moment donné, tu arrives à un âge où ça ne te tente plus de te faire chier. Et quand tu es bien dans quelque chose, c'est là que les gens répondent. Si tu as du fun sur scène, ils vont avoir du fun dans la salle. Si c'est naturel, si ce n'est pas surfait... Les gens répondent à l'authenticité. Dieu merci!»

La popularité des duos

«Il y en a moins et c'est tant mieux. J'avais de la misère avec ça, à la télé surtout. J'ai fait l'album Duophonique et il y avait une raison derrière ça. Un duo, pour moi, c'est une rencontre, c'est un événement spécial. Le petit duo à la télé qu'on fait parce que le monde aime ça, c'est comme la petite date du samedi soir qui n'aura pas de lendemain. C'est drôle une fois, mais chaque samedi, ça devient un peu lassant.»

Les compromis artistiques

«La vie est un gros compromis. La musique aussi, en quelque part. Il y a des lieux où c'est correct de ne pas faire de compromis. Au niveau de la créativité, par exemple. Mais quand arrive la problématique d'amener ça vers les gens et d'en vivre, c'est juste du compromis. [Dans la création], plus tu es différent, plus tu as ta personnalité, plus tu es authentique, plus tu auras de chances. Après, est-ce que tu vas en vendre 5 ou 5 millions? It's another ball game. C'est une autre réalité. Et il n'y a pas de différence entre toi et le vendeur de carottes.» 

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