Dans Prismes, de Benoît Lachambre, tout n'est qu'illusion

Benoît Lachambre a choisi de prendre le mot... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Benoît Lachambre a choisi de prendre le mot construction au pied de la lettre en coiffant ses danseurs de casques de chantier.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / Benoît Lachambre a l'habitude de proposer des pièces dérangeantes. Prismes, présentée par Montréal Danse, ne fait pas exception.

Il faut arriver dans la salle sans oeillères, prêt à embrasser les extravagances de Lachambre. Un peu sous le choc de prime abord, on prend doucement plaisir à cette suite de tableaux excentriques.

Lachambre a beaucoup étudié l'effet de la lumière sur l'oeil pour cette pièce. Il nous fait prendre part au test dès le début. Avant le début de la représentation, les danseurs circulent dans la salle pour s'amuser avec les spectateurs à différents jeux d'illusion d'optique. Deux des six danseurs montent ensuite sur scène vêtus de longs drapés et se tiennent devant des rectangles de couleur. Leurs positions évoquent l'Art déco ou l'Antiquité. L'éclairage s'intensifie et s'atténue sur eux, laissant déceler à notre oeil d'autres couleurs que celles qu'il percevait à l'origine. Les autres danseurs assis à l'avant-scène commentent ce qu'ils voient. Un exercice intéressant.

Tout au long du spectacle, sacré Meilleure oeuvre chorégraphique en 2014 par le Conseil des arts et des lettres du Québec, la lumière joue d'ailleurs un rôle important, que ce soit pour créer des ombres sur le rideau en arrière-scène ou pour magnifier les corps.

«La représentation est une construction de la réalité», déclare l'un des danseurs au micro. Benoît Lachambre a choisi de prendre le mot construction au pied de la lettre en coiffant ses danseurs de casques de chantier. Le décor est également constitué de barres, montées tel un échafaudage.

En entrevue, le chorégraphe disait vouloir faire référence à notre dépendance au divertissement dans Prismes. Plusieurs images s'inscrivent dans cette pensée, du soutien-gorge aux lumières rouges clignotantes, à la musique techno, aux positions parfois provocantes que les danseurs prennent sur l'échafaudage.

À travers tout le clinquant, deux scènes se démarquent. Celles où les danseuses Rachel Harris et Elinor Fueter poussent leurs corps à l'extrême, les laissant s'envahir de secousses qu'elles tentent de contrôler. Des moments fascinants.

Benoît Lachambre demande beaucoup à ses danseurs. Ils doivent non seulement être des techniciens hors pair (leurs mouvements sur l'échafaudage deviennent parfois de l'acrobatie), mais ils doivent aussi n'avoir aucune inhibition sur scène puisqu'ils sont appelés à se dénuder et à pousser leur interprétation au-delà des limites.

Au final, Prismes est une pièce atypique qui garde l'oeil en éveil. Tout ça semble n'avoir aucun sens, mais peut-être que oui finalement. Parce qu'après tout, tout n'est qu'illusion...

Prismes est présentée de nouveau ce soir et demain, 20h, à la salle Multi de Méduse.

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