Le coeur et la voix de Luca Pisaroni

Le baryton-basse est attendu lundi au Grand Théâtre... (Marco Borggreve)

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Le baryton-basse est attendu lundi au Grand Théâtre pour l'ouverture de la 125e saison du Club musical.

Marco Borggreve

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(Québec) Luca Pisaroni est un vrai chanteur italien. On dirait qu'il a le coeur encore plus grand que la voix. D'ailleurs, il n'aime pas son métier, il l'adore.

On le joint par téléphone à Chicago. Le baryton-basse incarne en ce moment le Comte dans Le Nozze di Figaro au Lyric Opera (il adore ce rôle). Il est attendu lundi au Grand Théâtre pour l'ouverture de la 125e saison du Club musical. Son programme comprend quelques-uns des plus beaux lieder de Schubert (il adore les lieder).

Luca Pisaroni aime beaucoup être sur le plateau «avec les costumes, la lumière, les décors et tout ça», dit-il. Mais il préfère encore l'intimité du récital voix et piano. Pour lui, un lied, c'est comme un concentré d'opéra. «J'ai trois minutes pour essayer de montrer les images et les couleurs que m'inspire une chanson. Ça, c'est dur, mais c'est vraiment génial. Il y a des fois quand tu chantes un lied - ça s'est passé plusieurs fois avec Auf Flügeln des Gesanges de Mendelssohn -, à la fin, les gens sont tellement concentrés dans la musique qu'ils en oublient de respirer. Ça, quand ça se passe, c'est une sensation géniale pour un musicien, pour un chanteur.»

Luca Pisaroni a grandi à Busseto, la ville natale de Verdi, et son enfance a baigné dans l'opéra italien. Mais la vérité, c'est que sa sensibilité est beaucoup plus proche du répertoire allemand, insiste-t-il. «Il y a quelque chose de très émouvant dans le dialogue entre la voix et le piano. J'ai toujours adoré ce genre lyrique. Je l'adorais déjà quand j'étais enfant.»

Au début, le récital lui faisait peur. «À l'opéra, il y a toujours un costume, une perruque, quelqu'un d'autre avec qui tu peux jouer. Mais [dans le lied], c'est toi, tout seul, et tu ne peux pas te cacher, pas du tout. Tu es tout seul sur le plateau. Il n'y a vraiment rien pour te protéger. Tu es vraiment nu.»

Dans un récital, le moindre geste prend également beaucoup d'importance. Il y a une intensité accrue. L'énergie se trouve concentrée. «Et ça, c'est ce que j'adore le plus du récital. J'oublie de chanter, vraiment, et j'essaie seulement de communiquer quelque chose au public.»

Avec sa double personnalité de chanteur d'opéra et de récitaliste, Luca Pisaroni a des qualités vocales uniques à offrir. D'ailleurs, s'il a des modèles, ceux-ci ne sont pas italiens. À son avis, il n'y a pas un chanteur de lied qui n'a pas écouté Fischer-Dieskau, Christian Geraher, Matthias Goerne, Thomas Quasthoff ou Thomas Hampson. À la fin, dit-il, il faut par contre trouver sa manière de s'exprimer. Comme José van Dam, il a dû s'adapter et chanter des lieder avec sa voix de chanteur d'opéra, «sans essayer de faire des choses que je ne pouvais pas faire. J'ai écouté la tradition, mais j'y mets quelque chose qui est très personnel.»

Être un chanteur d'opéra est plutôt un avantage, finalement, quand on chante des lieder de Schubert. Ça vous distingue. Après tout, chaque chanteur est différent. «Le public ne cherche pas une copie. Il veut voir Luca Pisaroni, un Italien qui chante l'opéra et qui aussi adore le lied. Je pense que le public aime beaucoup plus voir la vérité que me voir moi essayer d'être quelqu'un d'autre.»

L'invité du Club musical a choisi d'interpréter cinq lieder du Schwanengesang de Schubert composés sur des vers de Henle. «Henle est vraiment très puissant. Ses lieder sont vraiment beaux. Ils parlent de quelque chose qu'on a perdu, de l'amour qu'on ne trouve pas. Pour moi, le lied, c'est la lutte d'un être qui souffre. J'adore cet aspect, parce que je pense que seul le dialogue entre la voix et le piano peut montrer cela aussi naturellement.»

S'il trouve que le répertoire italien est, des fois, «trop heureux», Pisaroni a tout de même choisi de chanter des mélodies de Bellini, de Donaudy et de Tosti. «Ce n'est pas la même complexité, je trouve. La chanson italienne, c'est une chanson qui vient de la tradition de l'opéra, et c'est une chanson pour montrer comme un chanteur est doué.»

Les critiques s'entendent pourtant pour dire que Luca Pisaroni excelle dans la chanson italienne, et que c'est souvent la meilleure partie du récital. «Oui, parce que je ne fais pas de point d'orgue avec des aigus qui ne sont pas écrits. J'essaie vraiment de la chanter comme je chanterais un lied de Schubert ou de Schumann. Et, en effet, quand on fait ça, je trouve que c'est plus émouvant et plus touchant. Si vous approchez la chanson italienne comme quelque chose de sérieux, le public va vraiment le remarquer.»

«Je pense que la seule personne qui était vraiment proche de ça, c'est Cecilia Bartoli. C'est la seule qui a vraiment essayé de montrer que la chanson italienne, ce ne sont pas seulement des aigus, et pas seulement de l'opéra, mais quelque chose d'autre, d'un peu plus élégant. Et c'est ça que j'adore faire. On verra si le public à Québec va adorer ça à son tour. Je l'espère.»

Vous voulez y aller?

Quoi : le Club musical de Québec

Qui : Luca Pisaroni, baryton-basse, et Craig Terry, piano

Où : Grand Théâtre, salle Louis-Fréchette

Quand : lundi à 20h

Billets : 52 $ à 80,50 $

Tél. : 418 643-8131

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