Crépuscule: l'hiver de leur vie

Bien que les personnages de Crépuscule soient unidimensionnels,... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Bien que les personnages de Crépuscule soient unidimensionnels, leur présence sur scène nous confronte à une réalité qu'on préférerait oublier, celle des aînés, rendus invisibles dans notre société.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) CRITIQUE / Crépuscule part d'une bonne intention : montrer des gens rendus invisibles dans notre société, ces vieux perdus qui n'ont plus toute leur tête et qui sont à l'hiver de leur vie. Alliant théâtre de marionnettes et quelques éléments de danse, la pièce de Marie Gilbert propose, dans un récit minimaliste, une visite dans un centre d'accueil qui se veut révélatrice, mais reste en surface.

La pièce présentée depuis mardi à Premier Acte suit dans une série de vignettes Sarah (Catherine Simard), une jeune femme qui visite des aînés atteints d'alzheimer. Ses motivations sont floues, ce qui est quand même étonnant puisqu'elle sert de narratrice et donc de porte d'entrée pour les spectateurs.

Sur place, Sarah, autant fascinée qu'effrayée, va rencontrer des vieux laissés à eux-mêmes qui meublent leur attente dans l'oubli - il n'y a pas de personnel ni de bénévoles. C'est à peine si Sarah croise Vincent (Guillaume Pépin), qui vient voir son père. Passons.

Ces présences fantomatiques sont incarnées par les autres membres de la troupe L'envolée de valises, qui enfilent masques, perruques (blanches), p'tites vestes et pantoufles en phentex. Il y a de beaux moments poétiques quand ceux-ci esquissent quelques mouvements de danse.

Approche documentaire

Malheureusement, les personnages sont unidimensionnels, même dans la maladie (le vieux grincheux, la perdue qui chantonne, la solitaire...). Cette peur de disparaître qui les assaille, cette terrible solitude intérieure se cristallisent dans le personnage d'Irène (Amélie Laprise), la seule à ne pas être rongée par la terrible maladie de la perte de mémoire. 

Il y a dans celle-ci un véritable potentiel dramatique, mais la mise en scène d'Odré Simard opte plutôt pour une approche presque documentaire, remplie d'humanité et de respect, préférant évoquer qu'expliquer.

La version vue hier a d'ailleurs pris naissance dans un conte, dont elle a conservé l'aspect métaphorique. Ces vieux qui ont grandement perdu contact avec la réalité sont des versions futures des gens qui perdent leurs repères dans notre société actuelle. Intéressant, mais pas transcendant dans sa forme actuelle.

On aurait souhaité que la démarche soit poussée plus loin, mais la proposition se défend, ne serait-ce que par son aspect inusité. Et sa volonté de nous confronter à une réalité qu'on préférerait oublier.

Crépuscule demeure à l'affiche jusqu'au 31 octobre, au théâtre Premier Acte.

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