La Flûte enchantée de Mozart: le plein d'humour et de magie

Le numéro loufoque mettant aux prises Papageno (Armando... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le numéro loufoque mettant aux prises Papageno (Armando Noguera) et Pamina (Elena Xanthoudakis) avec le méchant Monostatos (Benoît Boutet) et sa bande provoque beaucoup de rires.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / Papageno a envoûté la salle Louis-Fréchette. Les trois enfants l'ont fait craquer. La flûte enchantée de Mozart aurait pu difficilement mieux porter son nom. Le spectacle qui a pris l'affiche samedi soir s'est révélé aussi féérique que drôle.

On n'exagère pas en disant qu'Armando Noguera constitue la pierre angulaire de la belle distribution réunie par l'Opéra de Québec. Le baryton argentin donne au personnage de Papageno une dimension comique savoureuse et inattendue. Chaque dialogue lui donne une nouvelle occasion de faire rire l'auditoire. Et quelle présence sur scène! Non seulement il sait jouer, mais de plus, il chante d'une voix admirable et avec un excellent sens du rythme. Avec raison, chacun de ses airs est salué par les applaudissements nourris du public. Par ailleurs, ce chanteur a vraiment tous les talents puisque c'est bel et bien lui qu'on entend jouer le motif de cinq notes ascendantes sur sa flûte de roseau. Ça, c'est vraiment peu commun.

Les trois enfants qui incarnent les Esprits du bien se révèlent eux aussi des interprètes exceptionnels. Gabrielle Lapointe, Marie-Louise Duguay et Clara Magnan-Bossé forment un trio solide et bien préparé. Elles possèdent de l'oreille et de la voix et semblent prendre un plaisir évident à jouer la comédie. Elles projettent bien chaque note et, à chacune de leurs apparitions, affichent un aplomb que les adultes qui les côtoient sur scène n'ont pas toujours. Sous la direction du chef Steven Fox, l'Orchestre symphonique de Québec parvient à accompagner ces jeunes voix avec la délicatesse et le tact qui conviennent.

Dimension cosmique

Aline Kutan incarne une Reine de la nuit à la fois majestueuse et humaine. Son impressionnante entrée devant une projection de la voix lactée prend une dimension carrément cosmique. La soprano colorature lance ses fameuses vocalises avec une assurance certaine - quelques notes semblent seulement un peu courtes -, de sorte qu'elle s'attire les premiers bravos de la soirée.

La mise en scène d'Alain Gauthier regorge de trouvailles amusantes. Ainsi, avec leurs chorégraphies aux mouvements bien synchronisés, les trois Dames (France Bellemare, Judith Bouchard et Elizabeth Veilleux) se donnent des allures de vedettes de la chanson pop.

Avec Elena Xanthoudakis dans le rôle de Pamina, on a droit à des demi-teintes magnifiques. Pascal Charbonneau prête son joli timbre velouté au prince Tamino. N'eut été un problème avec la stabilité de l'émission vocale, il serait parfait.

Rythmiquement embarrassé, Alexander Savtchenko s'en tire non sans effort dans le rôle de Sarastro. On sent qu'il éprouve de la difficulté à bien compter ses temps. On ne peut s'empêcher de se dire que, n'eut été du registre, le baryton Marc-André Caron, l'interprète de l'Orateur, aurait fait un meilleur boulot.

Le numéro mettant aux prises Papageno et Pamina avec le méchant Monostatos et sa bande provoque beaucoup de rires. À souligner la tordante chorégraphie menée par le ténor Benoît Boutet.

Le chef Steven Fox a du succès avec les choristes comme on a pu notamment le constater dans O Isis und Osiris, welche Wonne!, le solide et riche choeur de voix d'hommes du deuxième acte.

Avec les décors du Edmonton Opera enrichis de projections vidéo, l'équipe de l'Opéra de Québec a su créer un environnement scénographique simple, efficace et visuellement attrayant.

OPÉRA DE QUÉBEC. La flûte enchantée, opéra en deux actes de W.A. Mozart. Version originale allemande avec surtitres français. Direction musicale : Steven Fox, chef d'orchestre. Mise en scène : Alain Gauthier. Décors et costumes : Edmonton Opera. Éclairages et projections : Serge Gingras. Direction des choeurs : Réal Toupin. Le Choeur de l'Opéra de Québec. L'Orchestre symphonique de Québec. Samedi à la salle Louis-Fréchette. Présenté de nouveau mardi, jeudi et samedi à 20h.

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