Plume Latraverse: encore des mots

«La boucane et les effets spéciaux, ça ne... (Photothèque Le Soleil)

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«La boucane et les effets spéciaux, ça ne t'élève en rien culturellement», tranche Plume Latraverse, qui revient sur scène dans un cadre intimiste.

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(Québec) Il y a plusieurs Plume Latraverse. Le rockeur, le chansonnier, l'iconoclaste, le romancier ou, encore, le peintre... Ces jours-ci, c'est l'amateur de rimes riches qui se manifeste et qui convie le public à écouter des pièces qu'il a rarement défendues sur les planches, dans un cadre intimiste.

Quand on y regarde de plus près, les différentes facettes de l'Oncle Plu Plu se sont toujours manifestées, à différents degrés. Ainsi, au milieu des années 70, on se rappellera que, sans la moindre prétention, la très belle Encore des mots... se faufilait non loin de l'abrasive Rideau, de la rigolote Les brassières et de l'énergique Bonne soirée...

«Encore des mots/Qui veulent pus rien dire/Encore une batch de vieux souv'nirs/Encore des mots/Quand y'a tell'ment d'aut' choses à faire/Que d'garrocher son dictionnaire.» 

Or voilà, partager son amour de la langue et des images poétiques dans un contexte rock, devant un grand public à l'attention variable, ce n'est pas l'idéal. Plume se l'est rappelé une fois de plus au cours de sa dernière tournée électrique, amorcée en 2010, qui célébrait les albums Triniterre et All Dressed, de même que les 30 ans de sa formation Les Mauvais compagnons. Ce spectacle a roulé durant près de trois ans, jusqu'à ce que Plume ait besoin de procéder à l'une de ses traditionnelles métamorphoses.

«La culture des festivals, à moment donné, ça fait son temps. La boucane et les effets spéciaux, ça ne t'élève en rien culturellement», tranche-t-il.

Dans le jardin du rêve

Le plus indépendant des bardes s'est donc retiré dans son jardin secret, celui de la peinture. Bien qu'il ne partage ses tableaux que dans un cercle restreint, ces exils créatifs lui sont nécessaires. C'est là, dans son atelier, que les mots qui lui manquaient sont graduellement revenus, permettant de coucher de nouvelles compositions. Au passage, il s'est plu à déterrer des chansons qu'il a rarement ou jamais partagées sur scène, puis à concocter un nouveau spectacle.

«Les modes des années 70 ont favorisé la création du personnage Plume, un peu préhistorique, qui a poussé son cri, rappelle-t-il. Je ne renie pas ça, je ne dis pas que je ne reviendrai pas faire une belle grimace quand tout le monde va penser que je suis devenu carrément sérieux, mais en bon artisan, j'aime bien présenter des chansons que je trouve bien faites et que le monde aurait intérêt à découvrir, jusqu'à un certain point...»

Pour l'épauler dans cette nouvelle tournée, baptisée Récidives, le Grand flanc mou a fait appel à son fidèle guitariste Jean-Claude «JC» Marsan, ainsi qu'au contrebassiste Grégoire Morency. Le trio proposera des lectures de titres tels Élégie, Euthanasie, Gisèlle avec 2 l ou encore Le lac multicolore, trempé dans la nostalgie.

«Qu'as-tu fait du bonheur d'être couché dans la neige? /Observer les nuages l'artistique manège/Voir dans une flaque d'eau un lac multicolore/Qu'as-tu fait des petits riens que l'enfance dore?»

À cela s'ajoutent des compositions plus connues, ainsi que trois inédites. Car du haut de ses 69 ans, notre homme est loin d'avoir tout dit.

«C'est une maladie que j'ai attrapée et je la transmets», rigole-t-il.

Éternel indépendant

Bien qu'il ait fait sa route en marge du système et des modes, celui qui est né Michel Latraverse a toujours eu un public fidèle, qu'il ne se gêne pas de secouer, au besoin - sa gang de «ciboires», comme il l'a surnommé. Mieux, le milieu a reconnu son indéniable apport à la chanson d'ici sans qu'il lui fasse de courbette : L'ADISQ lui a remis un Félix hommage en 2002, même s'il n'a jamais déboursé un sou dans sa carrière pour être présent au gala ou y être admis. Plus récemment, en septembre dernier, on a dévoilé une oeuvre murale extérieure, située dans l'est de Montréal, consacrée au poète barbu.

«Je suis honoré quand ça m'arrive, mais je ne cours pas après ça. [...]  Je suis bien content de ma carrière. Il y a eu des hauts et pas trop de bas.»

Si Plume continue d'alimenter sa dépendance à la création de diverses façons, il ne croit plus se manifester publiquement par d'autres formes que sa musique. Il a certes signé trois livres de fiction, mais avoue avoir été peu enchanté par la «sainte-chapelle» de la littérature, la contrainte de se retrouver dans les salons du livre ou encore par le fait qu'il y avait selon lui tellement d'intervenants dans ce milieu qu'au final, il en restait bien peu dans les poches des auteurs.

En revanche, il s'est permis une mise à jour du recueil de ses chansons, Tout Plume (... ou presque), désormais agrémenté d'une préface de Gilles Vigneault. Une lecture qui mettra assurément la table pour apprécier les rimes poilues, rêveuses ou irrévérencieuses qu'il partagera lors des spectacles Récidives, les 22 et 23 octobre, au Grand Théâtre.

«Tu sais, avec moi, ç'a toujours été à prendre ou à laisser. Je suis chanceux, il y a encore des gens qui le prennent!»

=> Vous voulez y aller?

  • Qui : Plume Latraverse
  • Quand : jeudi et vendredi, à 20h
  • Où : Grand Théâtre, salle Octave-Crémazie
  • Billets : de 51,50 $ (étudiants) à 57,50 $
  • Tél. : 418 643-8131

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