Solides Misfits malgré une foule décevante

La coiffure en devil lock, mâchant sa gomme... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La coiffure en devil lock, mâchant sa gomme au même rythme qu'il pinçait les cordes de sa basse, Jerry Only traîne le groupe sur ses épaules.

Le Soleil, Yan Doublet

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) CRITIQUE / On ne les voit pas souvent à Québec, les Misfits. Leur dernière (et seule) prestation remontait à 1998 au campus de Charlesbourg du Cégep Limoilou, devant au plus une centaine de personnes alors que la veille, ils avaient fait salle comble à Montréal.

Il y avait un peu plus de monde mercredi soir à l'Impérial, mais la foule était tout de même décevante pour un groupe de cette stature. N'empêche, les pionniers de l'horror punk ont quand même livré une solide performance appréciée des amateurs présents. 

Le chanteur et bassiste Jerry Only, seul membre à avoir connu la première version du groupe qui sévissait de 1977 à 1983, son fils Jerry Caiafa II à la guitare et le batteur Eric Arce sont immédiatement entrés dans le vif du sujet en interprétant presque intégralement l'album Static Age, enregistré en 1978, mais lancé seulement 20 ans plus tard.

La coiffure en devil lock, les cernes noirs autour des yeux, mâchant sa gomme au même rythme qu'il pinçait les cordes de sa basse, Jerry Only traîne le groupe sur ses épaules. Et il faut lui donner, il sait maintenant bien rendre les pièces jadis interprétées par le chanteur Glenn Danzig alors qu'il en arrachait un peu les premières fois où il s'est essayé au micro en 2001.

Une fois ce retour dans le temps complété, les Misfits sont retournés à la période postreformation, alignant les pièces des albums American Psycho et Famous Monsters avec quelques classiques intercalés dans l'ensemble sans jamais lever le pied de l'accélérateur.

The She-Demons

Tout juste avant, Jerry Only avait présenté à la foule de Québec les She-Demons, un groupe qu'il a monté de toutes pièces à la manière des Runaways avec quatre musiciennes de Los Angeles au look plutôt aguichant et au microphone, l'Indo-Canadienne Priya Panda, que plusieurs connaissent déjà comme chanteuse du groupe Diemonds. Même si le quintette a été formé depuis peu, il faut admettre que les She-Demons sont bien plus que de jolis minois moulés dans des pantalons serrés. 

À cheval entre le hard rock, les girls groups des années 60 et avec une petite attitude punk, les filles livrent la marchandise. Les pièces majoritairement composées par Jerry Only incluent quelques reprises, dont Strength to Endure, une rareté puisque à peu près personne ne reprend les pièces des Ramones d'après 1983. 

Pour lancer la soirée, c'est le groupe Mom Jeans, composé de musiciens de Portneuf et de Lévis, qui s'est pointé avec son rock garage, sa guitare surf et ses paroles gueulées à cent à l'heure par le chanteur. Un potentiel intéressant dans le créneau occupé par Ponctuation.

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