Guillaume Wagner décortique l'humain

Dans Trop humain, comme dans son spectacle précédent, Cinglant, Wagner... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Dans Trop humain, comme dans son spectacle précédent, Cinglant, Wagner ratisse large : le show-business, les relations de couple, l'austérité, l'univers des médias.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / Guillaume Wagner se présente seul sur scène sans décor (à part un «beau» tapis) à la façon des stand-ups américains. Et il n'a besoin de rien d'autre. Parce que ses propos suffisent amplement à divertir une foule, comme on a pu le voir lors de la première à Québec mardi soir.

Guillaume Wagner maîtrise son personnage à la perfection. Ce personnage de cynique dont la frustration est alimentée par tous les travers de la société.

Dans un petit dépliant remis à l'entrée du spectacle, Wagner écrit que «lorsque le consensus se forme autour d'une idée, il est du devoir du bouffon de prendre un pas de recul pour en rigoler». Pas de doute, Wagner prend son rôle de bouffon très au sérieux. Il cite également le philosophe Nietzsche : «Là où vous voyez des choses idéales, moi je vois des choses humaines, trop humaines.»

Trop humain, oui, Guillaume Wagner l'est dans un sens. Parce qu'il décortique l'être humain comme pas un. Surtout la bêtise humaine. Il se décrit comme «un humoriste qui te rappelle le monde de marde dans lequel tu vis». Et force est d'admettre qu'il remplit sa mission.

Wagner tape principalement sur les Québécois, notamment sur notre habitude de dire «pas pire» à toutes les sauces. «Les Québécois, on veut pas être les meilleurs, on ne veut pas être les pires. [...] On vise le milieu : on ne veut pas être des frais chiés et pas des losers

Il rit également de notre tendance à généraliser et à exagérer les situations, procédés qu'il utilise lui-même tout au long du spectacle. Et de notre manie à donner notre opinion sur tout. Il suggère d'avoir, comme on a des permis de conduire, des permis d'opinion et des agents d'opinion qui nous enlèvent des points quand on dit quelque chose qui n'a pas de bon sens. Il écorche au passage les chroniqueurs qui ont une opinion sur tout.

Dans Trop humain, comme dans son spectacle précédent, Cinglant, Wagner ratisse large : le show-business, les relations de couple, l'austérité, l'univers des médias. Il nous montre des situations désolantes sous son angle. Et il le fait habilement.

Il insère quelques vulgarités dans ses textes et attaque certaines personnalités publiques - des segments parfois drôles, mais pas essentiels. Il ose même une blague sur les matantes! Ces moments détonnent dans le spectacle. Pas parce que nous en sommes offusqués, mais parce que Wagner n'a pas besoin de ces béquilles. Ses textes, critiques de la société et de ce que nous sommes comme humains sont assez solides pour ne pas tomber dans ces pièges.

Sa montée de lait finale, dans laquelle il nous explique pourquoi il est devenu humoriste, est particulièrement réussie. Et nous convainc que finalement, il est vraiment, à sa manière, trop humain.

Guillaume Wagner reviendra à la salle Albert-Rousseau le 3 février.

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