Critique

Louis-Jean Cormier: s'élever du sol

Cormier tenait la marée humaine au creux de... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Cormier tenait la marée humaine au creux de sa main, la tutoyant comme si elle était une amoureuse, une amie.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Louis-Jean Cormier a le don de créer de grands moments et d'envoûter son public. Samedi soir, au Grand Théâtre, il nous fait plonger dans une épopée de mots, de musique, de lumières et d'images avec les pièces de son dernier album Les grandes artères. Puis il a changé les règles du jeu et s'est réapproprié des pièces du Treizième étage avec une liberté belle à voir. De la musique vivante, vibrante, électrique.

«Amusez-vous!» a-t-il lancé en début de concert. «Il n'y a pas de règles, faites ce qui vous chante.»

Avec une charge nouvelle, amenée entre autres par des percussions plus présentes que sur l'album, mais surtout par le mélange d'énergie brute et d'intimité feutrée et ronde avec lequel il jongle constamment sur scène, les pièces se sont enchaînées tels des tableaux en trois dimensions.

Sur un écran qu'on aurait dit de papier, les dessins aux teintes ocre se succédaient comme des gravures animées. Oiseaux, architectures, silhouettes créaient des courts-métrages d'animation. Les éclairages, eux, semblaient danser. J'ai rarement vu une aussi belle mise en scène pour un spectacle de musique. Mathieu Roy, qui signait déjà les éclairages pour Karkwa et pour Le treizième étage, s'est surpassé.

Les refrains étaient repris mot à mot par les spectateurs, venus nombreux pour remplir la salle Louis-Fréchette. Cormier tenait la marée humaine au creux de sa main, la tutoyant comme si elle était une amoureuse, une amie.

Entouré de Simon Pedneault (guitare), de Guillaume Chartrain (basse), d'Adèle Trottier-Rivard (voix et percussions) et de Marc-André Larocque (batterie), l'auteur-compositeur-interprète semblait s'amuser comme un fou, à en perdre le souffle, comme lorsqu'on a huit ans et qu'on décide de courir le plus vite possible. Le plaisir était contagieux, les enchaînements et les courbes, impeccables.

Jusqu'à ce que Cormier, après une galvanisante version de La fanfare («En souhaitant que ça vous donne envie de parler et de prendre position... en ces temps d'élections!»), décide de se mettre un peu en danger. De rester seul en scène, de se livrer, d'inviter son frère Benoît Cormier, violoniste à l'Orchestre symphonique de Québec, à le rejoindre pour quelques chansons dont Au bord du récif, une pièce inédite écrite pour l'émission Les voix humaines, à ARTV. L'ambiance est devenue plus relâchée, la mise en scène a laissé toute la place aux musiciens, sans artifices et sans habillage.

«On va vous jouer des pièces du Treizième étage. Ça se peut que nous-mêmes, on reconnaisse seulement la chanson après un certain temps», a prévenu Cormier, qui a presque eu un trou de mémoire au début de Tout le monde en même temps, ce qui ne l'a pas empêché d'en faire la finale rassembleuse attendue.

Tournée partout au Québec

Le spectacle de Louis-Jean Cormier présenté samedi soir au Grand Théâtre fait partie d'une tournée qui le mènera partout au Québec jusqu'au printemps. Il sera entre autres à L'Anglicane le 4 mars.

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