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Le dieu du carnage : comédie aux dents longues

Le dieu du carnage pose un regard sur... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le dieu du carnage pose un regard sur le genre humain, sous toutes ses facettes, surtout celles qu'on ne veut pas voir.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Quelle chouette pièce nous offre le Trident avec Le dieu du carnage! Les répliques écrites par l'auteure Yasmina Reza nous font beaucoup rire et, du même coup, réfléchir sur la condition humaine. Une dualité efficace.

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Il faut avouer que cette comédie détonne un peu de ce à quoi le Trident nous a habitués. Et c'est rafraîchissant. On reste d'abord surpris par l'apparente légèreté de la pièce. Mais Yasmina Reza a eu l'ambition d'utiliser le rire pour soulever des questionnements plus profonds sur l'être humain. Et ça fonctionne.

Annette (Marie-Josée Bastien) et Alain Reille (Hugues Frenette) arrivent chez Véronique (Véronika Makdissi-Warren) et Michel Houillé (Jonathan Gagnon) la tête baissée. Il y a de quoi! Leur petit Ferdinand vient de casser les deux incisives du fils des Houillé. La maison est nickel. Des livres d'art et un vase d'élégantes tulipes blanche reposent au centre de la table basse du salon.

Après les salutations de politesse, on entre rapidement dans le vif du sujet. La déposition qui explique ce qui est arrivé entre les deux enfants semble faire l'affaire de tous. Mais Véronique ne lâche pas le morceau. Elle veut que les Reille admettent la culpabilité de leur fils.

Et puis, la situation, maîtrisée jusque-là, dérape. Le ton monte. Les couples se mettent l'un contre l'autre. Et puis, les femmes se rallient pour se moquer des travers de leurs maris, avant que ces derniers ne leur rendent la pareille. La mise en scène de Michel Nadeau met en lumière ces diverses alliances.

Car au-delà du petit incident dans une cour d'école, Le dieu du carnage pose un regard sur le genre humain, sous toutes ses facettes, surtout celles qu'on ne veut pas voir. L'égoïsme d'Alain, soudé à son cellulaire, la rigidité de Véronique, défenderesse des causes humanitaires, le pessimisme de Michel, et la fausse considération d'Annette sont exacerbés par la situation. L'incapacité des humains à vivre ensemble aussi alors que les couples en profitent pour régler leurs comptes.

Jeu précis et énergique

Le jeu des comédiens, précis et énergique, permet de maintenir un rythme sémillant et d'apprécier les subtilités du texte de Yasmina Reza. Le français de France, dans lequel est écrit la pièce, n'agace nullement et ne nuit en aucun temps à notre compréhension du récit.

Seul bémol : à quelques reprises, les comédiens s'adressent directement au public. La synergie entre les quatre comédiens est bien suffisante pour qu'on se sente impliqués dans l'histoire. Cette rupture de ton est inutile, d'après nous.

On passe vraiment un bon moment avec Le dieu du carnage.

La pièce, une coproduction du Trident et du Théâtre Niveau Parking, est présentée au Grand Théâtre jusqu'au 10 octobre.

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