AC/DC: 40 ans de rock à haut voltage

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Angus Young, un des membres fondateurs d'AC/DC

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) La dernière fois qu'AC/DC a mis les pieds dans la capitale, Lucien Bouchard était premier ministre du Québec. La fois précédente, c'était Robert Bourassa... Les visites du groupe australien à Québec ont donc quelque chose de spécial, et Le Soleil a profité de ce troisième choc entre la formation hard rock et ses fans québécois pour s'entretenir avec le premier chanteur du groupe, Dave Evans, et l'ingénieur du son Mike Fraser, qui a travaillé aux cinq derniers albums du band. Portrait de ce groupe au succès planétaire et aux plus de 200 millions d'albums vendus et de sa relation avec Québec.

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Dave Evans, qui a été le premier chanteur d'AC/DC, veut faire paraître un ouvrage sur les artistes, presque tous tombés dans l'oubli, de la première mouture du groupe.

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Il existe de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire du groupe australien AC/DC, mais aucun ne raconte la première année de la formation dont presque tous les musiciens, exception faite des frères Angus et Malcolm Young, ont été oubliés. Dave Evans, premier chanteur d'AC/DC, veut remédier à la situation.

«J'ai ce projet, je veux écrire un livre sur les débuts du groupe. Le livre manquant pour que l'histoire soit complète. Tu sais, AC/DC a quand même eu quatre batteurs, trois bassistes et trois gérants différents durant cette période de temps! Mon agent négocie présentement avec des maisons d'édition», raconte Dave Evans en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

Natif du Pays de Galles, Evans a été le chanteur d'AC/DC de décembre 1973 à septembre 1974. Il habite maintenant au Texas, même s'il passe encore beaucoup de temps en Australie, où il a grandi et lancé sa carrière musicale.

Si elle est beaucoup moins connue de ce côté-ci de la planète, la première mouture d'AC/DC a tout de même jeté les bases du poids lourd du rock que le groupe est devenu aujourd'hui. «Nous -avions assuré la première partie de Lou Reed! C'était quelque chose!» se souvient Evans.

Fondateurs

Outre Evans et les Young, le groupe était complété au départ par le bassiste (et saxophoniste!) Larry Van Kriedt et le batteur Colin Burgess, qui, en février 1974, ont été remplacés respectivement par Ron Carpenter et Neil Smith. Carpenter aura été là l'espace de quelques spectacles pour ensuite être relevé à son tour par Noel Taylor.

La section rythmique a de nouveau été remplacée en entier en avril 1974 alors que le batteur Peter Clack et le bassiste Rob Bailey se sont amenés. C'est avec eux qu'Evans a couché sur vinyle sa seule contribution «officielle» à l'oeuvre d'AC/DC, le très rare 45 tours Can I Sit Next to You Girl/Rockin' in the Parlour, dont la première édition avec Evans au microphone se vend souvent plus de 1200 $ sur eBay.

«Je chante encore ces chansons avec mon groupe aujourd'hui. Aussi surprenant que ça puisse paraître, il y a des fans qui me disent que c'est leur pièce favorite d'AC/DC, et mon coeur bondit de fierté chaque fois», indique le chanteur.

Enregistrement pirate

Les vrais fans savent cependant aussi que quelques enregistrements des premiers spectacles d'AC/DC existent sous le nom de In the Beginning Vol. 1 et In the Beginning Vol. 2. Il s'agit d'un spectacle à l'hôtel Hampton Court de Sydney où Evans, Smith, Taylor et les Young interprètent leurs premières compositions et des reprises, notamment des Rolling Stones, d'Elvis Presley et de Little Richard.

«Je peux te raconter l'histoire de cet enregistrement pirate. Neil venait juste de se joindre au groupe, et nous étions le groupe en résidence à l'hôtel. Neil a placé une enregistreuse juste à côté de l'ampli de Malcom et a enregistré le spectacle au complet pour le nouveau patron! Cet enregistrement a finalement refait surface des années plus tard. Quelqu'un l'a donné à un "entrepreneur" qui a fait cet album pirate. Alors, c'est vraiment notre premier album live, et il n'en existe qu'un certain nombre d'exemplaires», explique-t-il.

Evans souligne qu'il entretenait un lien particulier avec Smith, décédé d'un cancer l'an dernier, et qu'il garde contact avec Burgess, qui réside encore à Sydney. Il n'a toutefois pas été en contact avec les frères Young depuis la fin des années 70. «On ne s'est pas vus depuis, mais je suis un bon ami de Ross, le fils de Malcolm.» 

Retrouvailles souhaitées

Il avoue qu'il aimerait beaucoup revoir Angus et même Malcolm, même si celui-ci est présentement en institution et qu'il souffre de démence, ayant perdu sa mémoire court terme. «Rien ne pourra enlever ce qu'il y a entre nous : nous avons formé AC/DC ensemble!» indique celui qui ne détesterait pas non plus éventuellement remonter sur scène pour une chanson ou deux avec ses anciens comparses. «Ce serait super. Je l'ai fait avec Rabbit, le groupe dont j'ai fait partie après AC/DC, et c'était fantastique.»

Dave Evans insiste d'ailleurs pour dire que ce ne sont pas tant des désaccords avec les frères Young qui ont mené à son départ d'AC/DC, mais davantage un conflit avec l'équipe de gérance. «Il y avait beaucoup de problèmes du côté de la gérance à l'époque. Ce n'est pas pour rien qu'on a eu trois gérants en très peu de temps. C'était bien dommage, car le groupe allait fantastiquement bien, si on exclut le fait qu'on n'était à peu près jamais payés. Angus et Malcolm aussi se plaignaient au gérant de ne pas être payés.»

Seize albums platine et plusieurs millions de dollars plus tard, le chanteur de 62 ans regrette-t-il de ne pas avoir été présent durant les années de gloire d'AC/DC? «Bien sûr que c'est triste de ne pas avoir été là pour tout ce fantastique succès. Mais Bon [Scott, le deuxième chanteur] a pu avoir sa chance, et ce pauvre gars est décédé six ans plus tard. Brian [Johnson, le chanteur actuel] est un très bon chanteur lui aussi. Quant à moi, je crois avoir eu une belle carrière avec Rabbit. J'enregistre encore et je fais encore des tournées aujourd'hui, alors, je suis heureux!» conclut-il.

Phil Rudd, ex-batteur d'AC/DC à la sortie de... (AP, Alan Gibson) - image 2.0

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Phil Rudd, ex-batteur d'AC/DC à la sortie de la cour.

AP, Alan Gibson

Batteur remplacé par celui qu'il avait remplacé

Tous les amateurs de rock ont lu au cours des derniers mois la saga des déboires judiciaires de celui qui est maintenant l'ex-batteur d'AC/DC, Phil Rudd. C'est donc Chris Slade, celui-là même qui avait été remplacé par Rudd en 1994, qui est derrière les fûts de la bande d'Angus Young et Brian Johnson pour cette tournée Rock or Bust.

Slade, un vétéran qui avait joué avec Olivia Newton-John, Uriah Heep, Paul Rodgers et David Gilmour, avait été invité à se joindre à AC/DC une première fois en 1989 à la suite du départ du batteur Simon Wright. Wright avait lui-même remplacé Rudd après son premier congédiement en 1983. Le fait qu'il ait joué avec l'ex-Thin Lizzy Gary Moore, qui à l'époque avait le même gérant qu'AC/DC, avait pesé dans la balance lors de l'embauche Slade.

Le batteur né au Pays de Galles ne devait au départ être qu'une solution intérimaire, mais il a finalement été accueilli officiellement dans le groupe avec qui il a enregistré l'album The Razor's Edge en 1990 et le simple Big Gun en 1993.

Slade avait cependant été mis de côté quand l'ex-guitariste rythmique Malcolm Young avait décidé de donner une nouvelle chance à Rudd en 1994, un retour qui allait finalement durer plus de 20 ans.

Consommation

Les problèmes de consommation, qui avaient contribué à son premier congédiement sont toutefois revenus hanter celui qui est né Phillip Hugh Norman Witschke Rudzevecuis (ses parents sont lithuaniens) l'an dernier.

Le 6 novembre, à la suite d'une descente de police à sa résidence de Tauranga, en Nouvelle-Zélande, Rudd était accusé de complot pour meurtre, de menaces de mort et de possession de méthamphétamine et de cannabis.

L'accusation de complot pour meurtre a vite été retirée, mais le musicien de 61 ans a plaidé coupable aux autres chefs le 21 avril et a reçu le 9 juillet une sentence de huit mois de détention à domicile. Moins de 10 jours plus tard, il était arrêté de nouveau pour avoir violé ses conditions de détention en consommant de l'alcool.

Pendant que Rudd avait maille à partir avec la justice, AC/DC préparait sa tournée mondiale et Angus Young confirmait avoir eu des problèmes avec son batteur durant l'enregistrement de Rock or Bust.

«Phil a créé cette situation. C'est quelque chose de très dur à dire à propos de ce gars, qui est un excellent batteur et a fait beaucoup pour nous. Mais il semble s'être laissé aller, ce n'est pas le Phil qu'on a connu par le passé», avait déclaré Angus Young pour expliquer ce nouveau licenciement.

Rudd veut revenir

Ainsi, c'est l'ex-batteur de Shogun, Bob Richards, qui avait pris place derrière la batterie dans les vidéoclips des pièces Play Ball et Rock or Bust, même si c'est le jeu de Rudd qu'on peut y entendre. Slade a pour sa part été appelé à la rescousse pour la tournée, mais Rudd répète à qui veut bien l'entendre qu'il sera éventuellement de retour avec AC/DC une fois sa peine terminée.

«Donnez-moi seulement cinq minutes dans une chambre avec Angus, et je reprendrai mon poste. Je le promets. J'avais d'importants problèmes personnels et j'ai fait des choses que je n'aurais probablement pas dû faire. Nous devons tous porter notre croix», a-t-il déclaré au magazine Rolling Stone.

Il en a même ajouté il y a quelques jours en cassant un peu de sucre sur le dos de Slade. «C'est un bon batteur, mais je ne sais pas du tout ce qu'il fait là. Croyez-moi, je sais de quoi je parle. Je n'ai rien contre Chris. C'est seulement qu'il n'a pas un emploi permanent. J'espère! C'est tout», a-t-il affirmé au quotidien britannique The Guardian, précisant qu'il subissait des traitements pour l'anxiété, la dépression, l'insécurité «et un paquet d'autres trucs».

Trois chanteurs et un Angus

Depuis le départ de Malcolm Young l'an dernier, AC/DC fait partie de la liste de groupes rock à ne compter plus qu'un seul membre original. Il s'agit cependant de l'inimitable Angus Young, devenu au fil des années le son et l'image de ce groupe qui a vu trois chanteurs différents se succéder au microphone.

Du haut de ses cinq pieds et deux pouces, Angus réussit quand même à en imposer sur scène avec ses moues diaboliques, le costume d'écolier qui est devenu sa marque de commerce et ses solos dans la plus pure tradition du hard rock.

Le diminutif guitariste, fumeur et buveur de thé invétéré, mais qui ne consomme aucun alcool, possède quand même tout un sens du spectacle. Quand il ne joue pas de la guitare en faisant le duckwalk à l'image de Chuck Berry, il monte sur les épaules du chanteur Brian Johnson ou il se déshabille presque en entier pour ne garder que son caleçon.

L'idée de monter sur les épaules du chanteur est d'ailleurs une tradition qui se serait transmise depuis les débuts. On a vu plusieurs images ou séquences vidéo montrant le guitariste se livrant au même manège avec Bon Scott et le premier chanteur d'AC/DC, Dave Evans, jure qu'il est le premier à avoir accueilli la légende du rock sur ses épaules durant un spectacle.

L'ère Scott

Evans a quitté AC/DC alors qu'il était mêlé à un conflit avec l'équipe de gérance et Scott, un fan qui gravitait déjà dans l'entourage du groupe, l'a remplacé au microphone. Le groupe a lancé six albums en quatre ans avec celui qui était, comme les Young, un Écossais installé en Australie : High Voltage, T.N.T., Dirty Deeds Done Dirt Cheap, Let There Be Rock, Powerage et Highway to Hell.

Le 19 février 1980, Scott est toutefois décédé subitement à l'âge de 33 ans après avoir passé la nuit à boire dans un bar de Londres. Il s'était endormi dans la Renault 5 d'un ami qui a retrouvé son corps l'après-midi suivant. Le certificat de décès du rockeur fait état «d'empoisonnement aigu à l'alcool» et de «mort accidentelle».

L'ère Johnson

Au lendemain de la mort de Scott, les autres membres du groupe ont brièvement considéré la possibilité de mettre fin à l'aventure, mais ont finalement décidé de poursuivre après en avoir été encouragés par les membres de la famille de leur ex-chanteur.

Cette fois, AC/DC a embauché le Britannique Brian Johnson, alors chanteur du groupe Geordie, après avoir également considéré les candidatures de Noddy Holder de Slade et de Terry Slesser du groupe Back Street Crawler. Fait intéressant, c'est Bon Scott qui le premier avait parlé de Johnson à ses comparses après un voyage en Angleterre où il avait pu le voir à l'oeuvre.

Comme Scott, Johnson était un fan d'AC/DC. Il chantait même Whole Lotta Rosie en spectacle avec Geordie et possédait un timbre de voix se rapprochant de celui de Bon Scott. Il a excellé lors de l'audition et a vite été invité à travailler au prochain album du groupe, qui allait être lancé seulement cinq mois après le décès de Scott avec le titre approprié de Back in Black. Le reste appartient à l'histoire puisque l'album est devenu au fil des années, avec plus de 50 millions d'exemplaires écoulés, le deuxième plus vendu après Thriller de Michael Jackson.

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