Musique du bout du monde de Gaspé: pari gagné en dépit des coupes

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Angélique Kidjo a fait monter une quarantaine de spectateurs sur la scène, à la fin de son spectacle, pour promouvoir la diversité, notamment des styles de danse.

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Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Le 12e Festival Musique du bout du monde de Gaspé a démontré au cours de la semaine qu'il pouvait encore croître, tant par le biais des spectacles sous le grand chapiteau qu'en animation populaire dans la rue ou un peu partout dans les limites du Grand Gaspé.

En attirant plus de 1800 personnes par soir sous la grande tente, le festival (FMBM) a dépassé le record de 2014, en dépit de coupes dans son budget de 120 000 $ de la part du gouvernement québécois et de la municipalité en 2014 et cette année.

Le directeur du FMBM, Stéphane Brochu, est à la fois heureux, soulagé et un peu inquiet, en sortant du plus gros événement populaire en Gaspésie.

Heureux «parce que la population et les commerces ont répondu à l'appel pour compenser la perte de financement public. On a réussi aussi parce qu'on a occupé le grand territoire de Gaspé, deuxième ville en superficie au Québec», souligne M. Brochu, pour rappeler l'importance de rallier l'ensemble d'une population éparpillée sur plus de 100 kilomètres de côte.

Soulagé «parce qu'on travaille seuls sur cet événement depuis novembre-décembre. Alors quand ça répond, comme c'est le cas encore cette année, c'est une grande source de soulagement», ajoute-t-il.

Compressions

En ce qui a trait à l'inquiétude, Stéphane Brochu fait une pause, avant de parler de chiffres.

«Notre budget est de 800 000 $. Nous avons reçu 80 000 $ de moins des pouvoirs publics cette année, après une compression de 40 000 $ l'an passé. Nous ne pourrons pas toujours réaliser ces tours de force. La culture, c'est aussi du développement, dans toutes sortes de facettes. Nous arriverons à boucler notre budget cette année parce que nous avons fait un pari audacieux l'an passé, de poursuivre le développement, en acquérant des équipements techniques, en misant sur la captation d'images pour faire notre propre promotion. C'est pour ça que nous avons obtenu 45 000 $ de Développement économique Canada et 21 000 $ du MEIE [ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations]. Mais nous ne pourrons pas toujours gagner ce genre de pari», note M. Brochu.

L'organisation du FMBM n'a pas été la seule à parier en 2015. Plusieurs artistes ont misé sur l'événement de Gaspé, dont Loco Locass et Angélique Kidjo. Ces artistes ont indiqué en entrevue au Soleil que leur pari comportait peu de risques, puisqu'ils voulaient venir au FMBM depuis des années.

«J'entendais en arrivant que les gens nous attendaient. Mais nous aussi, on attendait ce moment», soulignait, Sébastien Fréchette (alias Biz), après son spectacle de vendredi.

Il venait de soulever la foule à quelques reprises en dénonçant «le gars qui a créé un site pour fermer la Gaspésie l'an passé» et en s'y référant plus tard pour dire que «la seule chose qu'on va fermer, c'est la gueule de ce gars-là», en parlant sans le nommer de l'animateur de radio Éric Duhaime.

Sans tomber dans le racolage, il a dit sur scène que «la Gaspésie ne fermera jamais. C'est ici que le Québec a commencé, c'est ici que la Révolution tranquille a démarré.»

Biz, tout comme ses acolytes Batlam (Sébastien Ricard) et Chafiik (Mathieu Farhoud-Dionne) ont passé quelques jours dans le coin de Gaspé. Ils ont écouté bien du monde, dont des jeunes.

«Je sens que la jeunesse revient et que parfois, elle ne part pas. Je voulais dire aux Gaspésiens que ce qui se passe ici, ça me touche et que je suis au courant. Je voulais montrer ma solidarité [...] exprimer mon opposition à l'austérité, comme logique économique», a-t-il ajouté.

Une demi-heure avant, 2000 personnes avaient saisi l'élan de solidarité en chantant Libérez-nous des libéraux plus fort que Loco Locass.

Samedi, c'est Angélique Kidjo et Betty Bonifassi qui ont électrisé la foule. Pour Mme Kidjo, la «reine des chanteuses africaines», Gaspé constituait le seul arrêt québécois, avec Chicoutimi, cet été.

«Guylaine Tremblay [la comédienne] m'avait dit : ''Il faut que tu y ailles. Les gens sont sympas et c'est beau''. Elle avait raison. En plus, j'ai eu droit à un festin de crabe et de homard. Le public? Génial. J'adore. Les Québécois, ils participent. Je ne répète jamais deux fois [...] C'est pour ça qu'on fait de la musique. Ce n'est pas pour nous», disait-elle après son spectacle.

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