The Lost Fingers: Valérie et ses hommes

Valérie Amyot était entourée de musiciens en bermudas,... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Valérie Amyot était entourée de musiciens en bermudas, l'air gamin. Mais des gamins dans leurs habits du dimanche, il va sans dire.

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(Lévis) De la classe, de la dextérité musicale, un efficace travail vocal... et évidemment une tonne de succès réinventés. Les «nouveaux» Lost Fingers ont lancé jeudi soir le festival Jazz Etcetera de Lévis en montrant ce que la récente mouture de la formation a derrière le noeud papillon.

Il y a près de deux ans, le trio 100 % masculin, qui a frappé fort dès 2008 avec ses reprises à la sauce manouche, est devenu un quatuor avec une femme à sa tête. Avec Valérie Amyot au micro, le groupe peut compter sur une solide interprète. Byron Mikaloff (guitare), François «la mitraille» Rioux (guitare) et Alex Morissette (contrebasse) ont néanmoins lancé entre hommes le concert de vendredi, entonnant seuls leur version de Black Betty... Mais c'était pour mieux accueillir leur «white Valérie» quelques vers plus tard. Mlle Amyot est apparue sur scène dans une immaculée robe à plumes signée Marie Dooley, selon ce qu'on s'est laissé dire. Une chanteuse apparemment sortie du Lac des Cygnes entourée de musiciens en bermudas, l'air gamin. Mais des gamins dans leurs habits du dimanche, il va sans dire.

L'image est révélatrice de la transition qu'a vécue le groupe dans les dernières années. Avec Valérie Amyot à l'avant-scène, les Lost Fingers ont certainement gagné en rondeur (dans le son, on s'entend...) et en grâce. Mais ils ont du même coup perdu un peu de ce sourire en coin, de ce joyeux décalage qui faisait jadis leur marque de commerce. Ce n'est pas mauvais, loin de là. Mais c'est autre chose.

Si l'énergie est différente, on est quand même loin de s'ennuyer dans la bulle des Lost Fingers. Le public lévisien a eu droit hier à une poignée de one hit wonders (Venus, Groove Is in the Heart et autres Cotton Eye Joe) tirés du dernier album, le seul de la formation actuelle. Mais le groupe n'a pas hésité à revenir à son autre vie : quelques chansons franco (Les triplettes de Belleville, Alors on danse), un segment rock particulièrement dégourdi (avec des détours chez Bon Jovi, AC/DC et Guns N' Roses) et d'incontournables clins d'oeil aux années 80, avec Tainted Love de Soft Cell et Pump Up the Jam de Technotronic en tête.

Avis aux intéressés, les Lost Fingers se produisent ce soir sur l'autre rive du fleuve, où ils sont attendus au kiosque Edwin-Bélanger.

Gabrielle Shonk

Un peu plus tôt, mais sur une plus petite scène installée sur l'avenue Bégin, Gabrielle Shonk avait officiellement lancé les festivités avec une relecture du répertoire de Billie Holiday, dont on souligne cette année le 100e anniversaire de naissance. Et de bien habile manière, devons-nous ajouter. Élégante jusqu'au bout des doigts - qu'elle a souvent fait claquer pour tenir le rythme -, la chanteuse de Québec s'est montrée indéniablement dans son élément dans l'univers de ce monument du jazz, pour qui elle dit avoir craqué il y a 10 ans.

Bien entourée de Vincent Gagnon (piano), de David Gagné (contrebasse), d'Alexandre Dion (saxophone et clarinette) et de Louis-Vincent Hamel (batterie), l'interprète a navigué d'une voix souple entre le romantique, le mélancolique et le pétillant (les versions de I Hear Music et de What a Little Moonlight Can Do remportent ici la palme). Un hommage senti et enthousiaste, ponctué d'interventions pertinentes, où la personnalité de Mlle Shonk n'a pas été éclipsée, loin de là.

Le festival Jazz Etcetera de Lévis se poursuit jusqu'à dimanche.

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