Spectacles à Québec: vers un portail culturel unique

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Par exemple, lorsqu'un consommateur cherchera des billets pour un spectacle au Centre Vidéotron (photo), il verra d'autres offres culturelles apparaître, dans les jours précédents ou suivants. L'initiative, appuyée par le Conseil de la culture et l'Office du tourisme, vise à convaincre les visiteurs de rester pour une nuit de plus, ou de revenir plus tard.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'arrivée du Centre Vidéotron dans le paysage culturel force les artistes et les diffuseurs à se parler pour mieux travailler ensemble. C'est cette nouvelle synergie que la Ville de Québec souhaite développer et encourager avec la création du portail web QuébecSpectacles.com.

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Le maire de Québec Régis Labeaume a profité de la conférence de presse pour répondre à ceux qui ne cessent de répéter que la Ville et les gouvernements investissent trop en culture.

Le Soleil, Yan Doublet

Premier résultat concret de la Vision du développement culturel 2025, présentée aux médias lundi, cette plate-forme permet à toutes les salles de spectacle de la capitale de s'unir pour vendre leurs billets et proposer des offres conjointes et exclusives. 

Par exemple, lorsqu'un consommateur cherchera des billets pour un spectacle au Centre Vidéotron, il verra d'autres offres culturelles apparaître, dans les jours précédents ou suivants. L'initiative, appuyée par le Conseil de la culture et l'Office du tourisme, vise à convaincre les visiteurs de rester pour une nuit de plus, ou de revenir plus tard. 

«L'idée c'est de prendre le Centre Vidéotron comme un avantage et non comme un compétiteur, et c'est de cette façon-là qu'on va y arriver», a souligné le maire de Québec Régis Labeaume. La Ville de Québec investit 400 000 $ en 2015, 300 000 $ en 2016 et 200 000 $ en 2017 dans cette plate-forme.

Le site Web, qui en est encore à ses balbutiements, sera lancé officiellement le 3 septembre. Il devrait alors offrir des promotions pour des spectacles plus tard dans l'année, une fois la programmation d'ouverture passée. «C'est trop tôt pour dire combien de diffuseurs seront là, mais on s'attend à ce que beaucoup de monde embarque», lance Isabelle Longpré, chargée de projet pour QuébecSpectacles.com, en poste depuis le 1er juin. 

Déjà, le Centre Vidéotron, l'Orchestre symphonique de Québec, le Grand Théâtre et la salle Albert-Rousseau sont assis à la table qui a donné naissance à la plate-forme.

«On espère vraiment que ça va fonctionner. On sait que le dollar loisir est étirable, jusqu'à une certaine limite. Alors, c'est sûr qu'il faudra être très proactifs sur ce site-là», soutient Valérie Lavoie, directrice des ventes et du marketing à la salle Albert-Rousseau. 

Elle voit toutefois ce travail d'équipe entre les diffuseurs d'un bon oeil. «Il y avait un désir que ça se fasse depuis plusieurs années. Dans le fond, il faut dire merci au Centre Vidéotron, qui nous a poussés à agir et à nous réunir», lance-t-elle. 

Une opinion que ne partage pas Jean Pilote, propriétaire du Capitole de Québec. «J'avais jamais entendu parler de ce site-là», lance-t-il spontanément, lorsque contacté par Le Soleil. Selon lui, ce nouveau portail ne changera rien à la réalité, soit que le Centre Vidéotron est un nouveau - et gros - compétiteur dans la capitale. «Ils vont tout faire pour faire accroire au monde que l'amphithéâtre ne prendra aucune part de marché», s'indigne-t-il. «Tout le monde a des craintes, mais personne ose parler», ajoute M. Pilote.

Financement accru

La Ville de Québec a aussi annoncé lundi qu'elle allait indexer son financement à la culture de 5,2 % d'ici 2020. C'est l'une des nombreuses mesures de la Vision du développement culturel 2025, ce document d'une vingtaine de pages, qui est en fait la nouvelle politique culturelle de la Ville, qui n'avait pas été mise à jour depuis 2005.

Sophie Prégent, présidente de l'Union des artistes du Québec (UDA), s'est enthousiasmée de cette politique. Celle qui avait été invitée à la conférence de presse s'est engagée à venir plus souvent à Québec à l'avenir. «Vous avez une signature qui ressemble à rien d'autre», a-t-elle souligné. 

Selon Mme Prégent, l'ouverture de l'amphithéâtre à Québec pourrait donner un nouveau souffle aux tournages de téléséries ou même de films dans la capitale. «Il y aura des studios et des techniciens qui vont travailler là à l'année, alors oui, c'est positif», dit-elle. 

La Vision du développement culturel 2025 émane d'un grand colloque de deux jours, qui s'est tenu à la fin septembre 2014.

À ce moment, le maire Régis Labeaume disait que la ville avait perdu le «buzz de la culture» et qu'il fallait trouver un moyen de le relancer. Une étude révélait alors qu'entre 2009 et 2013, le nombre de spectateurs avait baissé de 5 % dans les salles de spectacle à Québec, tandis que le nombre de billets, lui, avait crû de 3%.

La présidente de l'Union des artistes, Sophie Prégent,... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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La présidente de l'Union des artistes, Sophie Prégent, a participé à la conférence de presse.

Le Soleil, Yan Doublet

Des investissements en culture, «les gens en veulent»

Le maire de Québec Régis Labeaume a vidé son sac en conférence de presse lundi contre ceux qui ne cessent de répéter que la Ville et les gouvernements investissent trop en culture. «Les gens en veulent», réplique-t-il. 

«Ici, ce qui est payant pour les démagogues, c'est de parler contre les voyages du maire et contre la culture. Mais le problème, c'est que ça marche pas», a lancé le maire. «Si les gens de Québec ne voulaient pas de culture depuis huit ans, le premier qui devrait écoper, c'est moi. Mais on s'en tire pas pire», ajoute-t-il, faisant référence au récent sondage qui montre que trois quarts de la population appuie toujours son travail. Selon Julie Lemieux, conseillère responsable de la culture à la Ville, cette réticence face aux arts provient seulement de «certains médias». 

«Les mêmes personnes qui disent que c'est trippant, Metallica, ils disent qu'on en met trop dans le théâtre», lance le maire, qui soutient que tout est une question de goûts. «Tu peux aimer la tarte aux fraises, mais il y en a qui aiment la tarte au sucre», image-t-il. 

Retombées

Quant aux retombées économiques de ces investissements, ils sont indéniables, dit-il. «L'impact économique de la culture, c'est reconnu. Si on ne veut pas le reconnaître, c'est parce qu'on se ferme les yeux pis qu'on se bouche les oreilles.»

N'ayant aucun chiffre à fournir aux journalistes sur les retombées spécifiques pour la ville de Québec, Marc Gourdeau, président du Conseil de la culture Québec-Chaudière-Appalaches, se réfère plutôt aux derniers chiffres de Statistique Canada. Pour la province de Québec, près de 4 % du produit intérieur brut (PIB) relève du secteur culturel, qui fournit également plus de 200 000 emplois. 

«Je vois pas pourquoi les retombées économiques de la culture dans la grande région de Québec seraient différentes de celles de n'importe quelle autre région dans la province», a-t-il expliqué. 

La Vision du développement culture 2025 en bref

  • Québec verra naître un nouvel événement multidisciplinaire qui reviendra tous les deux ans, sous un thème différent. De nombreux artistes seront mis à contribution. La première mouture de l'événement, qui n'a pas encore de nom, est prévue pour 2017.
  • Les artistes en arts visuels qui possèdent un atelier à l'intérieur de leur maison doivent actuellement payer des taxes commerciales. Un projet est mis en branle pour alléger leur fardeau fiscal et pour favoriser ce type d'atelier.
  • La Ville de Québec veut se démarquer à l'international en invitant plus d'artistes lors de ses missions commerciales à l'étranger.
  • Le secteur privé et des nouvelles technologies sera invité à prendre le virage de «l'économie de la créativité». Un premier projet, qui sera présenté à l'automne, a été ficelé avec un entrepreneur. La conseillère Julie Lemieux croit qu'il fera école.
  • Des efforts seront faits pour que la Bibliothèque de Québec - qui comprend 24 antennes - devienne une vitrine, un point de rencontre entre les citoyens et les artistes.

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