Québec complètement cirque

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Francis Roberge a notamment élaboré une séquence où il fait virevolter un lourd baril de bière pression dans les airs.

La Presse, Bernard Brault

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(Montréal) À mi-parcours du festival Montréal complètement cirque, Le Soleil a profité de son passage dans la métropole pour s'entretenir avec plusieurs artistes dont le port d'attache est la région de Québec, même s'ils sillonnent le monde pour exercer leur métier.

Francis Roberge: briller avec les barbus

Francis Roberge se présente comme le «petit nouveau» du Cirque Alfonse, qu'il a rejoint pour remplacer un porteur de Timber! et pour la création de Barbu foire électro trad. Dans ce cabaret déjanté, l'athlétique colosse exécute pour la première fois des numéros solos et passe la deuxième partie du spectacle en slip, à l'instar de ses confrères.

Le spectacle inusité, qui mélange les codes du cirque et de la musique traditionnelle québécoise à ceux du disco et de la musique électronique, fait courir les foules à l'Olympia pour un deuxième été. «L'an dernier, il ne restait plus de billets et les gens nous appelaient personnellement pour savoir s'ils pouvaient se faufiler par la porte d'en arrière. C'était la folie», raconte Roberge. 

Toujours en tournée, celui-ci n'a plus d'appartement depuis 2012, mais s'est offert le plaisir d'une chambre dans une commune de cirque pendant tout son séjour montréalais. «J'ai mes deux lunchs dans mon sac, je n'ai pas à aller dans un fast-food après le show. Mettre ses bobettes dans un tiroir, ça fait du bien aussi!»

La troupe passera tout le mois d'août au festival Fringe à Édimbourg, puis s'offrira un mois de repos bien mérité. «On a fait 72 spectacles en 5 semaines en mars dernier. J'ai arrêté de m'entraîner - et ça paraît dans la troupe que je suis celui qui aime s'entraîner. Les gars sont lourds, c'est dur pour le dos, mais pour tenir le coup, je devais faire le strict minimum.»

Jonathan Casaubon s'est d'ailleurs blessé le soir de la première. L'Australien Tom Flanagan, qui s'en tire plus qu'honorablement comme voltigeur, même si sa spécialité est l'art clownesque, l'a remplacé au pied levé dès le lendemain.

Roberge a lui aussi dû sortir de sa zone de confort. Après maints essais et erreurs et une boutade, il a développé un numéro où il fait tenir plusieurs bâtons de golf les uns sur les autres, en les soutenant d'une seule main. Il a aussi élaboré une séquence où il fait virevolter un lourd baril de bière pression dans les airs.

L'ancien membre de l'équipe canadienne de rafting, qui a commencé le cirque sur le tard, à 25 ans, aime visiblement réinventer la manière de jouer les hommes forts et les porteurs - voire les voltigeurs. Pirouetter dans les airs est une heureuse sensation pour celui qui a habituellement les deux pieds bien ancrés au sol. Et qu'en est-il des bobettes? «On voulait dépasser nos limites, mais sans avoir l'air d'être des danseurs. C'est devenu sexy, c'est devenu charmant», répond-il.

La capitale n'a pas encore pu accueillir un des spectacles du Cirque Alfonse, mais le noyau dur de la troupe faisait partie du spectacle Cabotinage, de Vague de cirque, présenté à L'Anglicane à l'été 2011.

«Barbu, foire électro trad», Cirque Alfonse, jusqu'au 12 juillet à l'Olympia dans le cadre du festival Montréal complètement cirque

Le spectacle déjanté de Machine de cirque... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 3.0

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Le spectacle déjanté de Machine de cirque

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Les péripéties de Machine de cirque

La première année d'existence de Machine de cirque est marquée par les succès et les péripéties, que les acrobates Raphaël Dubé et Maxim Laurin se sont fait un plaisir de raconter avec un enthousiasme contagieux.

Il y a d'abord eu une grange, dans Portneuf, en avril. «C'est un endroit super pour répéter, le seul truc, c'est qu'à cette période, il fait plus froid dedans que dehors à cause de l'humidité. Pendant le numéro des serviettes, on pouvait faire de la buée avec nos bouches», raconte Laurin en mimant le tout. «Puis notre premier système de chauffage faisait tellement de bruit qu'on n'arrivait pas à se parler», renchérit Dubé.

Après avoir mis la main sur deux médailles d'or au Festival international de cirque Vaudreuil-Dorion, ils ont dû se rendre au Connecticut sans leur confrère français Ugo Dario, en attente d'un visa. «Après la remise de prix, on a chargé le camion, conduit toute la nuit, fait le montage du décor à l'aube et on a répété toute la journée avec Vincent [Dubé, le fondateur de la troupe et metteur en scène] pour qu'il apprenne le show», racontent-ils. Ugo est arrivé quelques jours plus tard, 20 minutes avant le lever du rideau. «Il y avait une drive incroyable. Ce soir-là, on a reçu deux offres de producteurs de Boston et du Chili!»

Ils seront deux fois plus nombreux sur scène pour présenter leur spectacle neuf fois par semaine en Europe cette année (six mois dans trois villes) et l'an prochain (quatre mois dans deux autres villes), avant de faire une tournée avec le duo comique suisse Cuche et Barbezat, en 2017.

Raphaël Dubé et Maxim Laurin, Machine de cirque (spectacle éponyme), du 8 au 12 juillet à la Tohu

Philippe Dreyfuss: histoires de cirque

Après plusieurs années sur les routes, notamment avec le cirque Éloize et avec son duo de cirque de rue Les dudes, le Suisse Philippe Dreyfuss a fini par avoir envie de se poser. Il garde un pied-à-terre à Québec depuis une dizaine d'années, enseigne à l'École de cirque de Québec et a entrepris, avec Gonzalo Coloma et Andy Giroux, de créer un spectacle fait sur mesure pour les petites salles de spectacles québécoises.

Le hic? Les spectacles de cirque ne tournent presque pas au Québec et comme le cirque Alfonse, la compagnie La Barbotte risque d'aller en Europe avant de circuler sur le territoire qui l'a vu naître.

Ce sont justement les anecdotes survenues pendant leurs multiples pérégrinations qui ont nourri le spectacle Entre deux eaux, à l'affiche quatre soirs au festival Montréal complètement cirque. «Dans des partys, lorsqu'on se met à raconter nos histoires, d'où on revient, qu'est-ce qu'on fait dans la vie, on devient rapidement le centre d'attention, parce que ce n'est pas commun», indique Dreyfuss. Gonzalo a par exemple dû attendre plusieurs heures au milieu de la nuit à la frontière croate, avec quelques bières et des bananes pour seul réconfort, pour une question de visa. 

Ces histoires de vie forment un «film choral», qui a bénéficié des conseils de la comédienne Véronique Côté en début de processus de création. Elles sont livrées en alternance avec des numéros d'acrobatie, de jonglerie et de roue Cyr. Le trio a dû trouver sa propre dynamique, puisque Coloma et Giroux forment déjà un duo, les LOL Brothers, et Dreyfuss, plus léger des trois, a dû s'improviser voltigeur dans les numéros aériens. Il a fait une mauvaise chute en répétition samedi, mais n'a, heureusement, rien de cassé. «J'ai 38 ans, un âge avancé pour un acrobate», note-t-il. «Entre deux eaux parle aussi un peu de ça.»

Dreyfuss a entraîné pendant trois ans l'équipe nationale suisse de trampoline, puis Charles Thibault, de l'équipe canadienne. Les dudes seront les 11 et 12 juillet à Baie-Saint-Paul, alors que les LOL Brothers seront au Festival d'été les 13, 14 et 15 juillet.

«Entre deux eaux», La Barbotte, du 7 au 10 juillet au Quat'sous

À mi-parcours du festival Montréal... (Photo fournie par Rénald Laurin) - image 5.0

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Photo fournie par Rénald Laurin

Zoom sur les Minutiens

Chaque soir, une quarantaine de Minutiens, de jeunes artistes qui performent dans Les minutes complètement cirque, se faufilent parmi les marcheurs de la rue Saint-Denis. Guidés, dans des écouteurs, par les consignes du metteur en scène Anthony Venisse, ils exécutent des mouvements synchronisés et incitent la foule à les suivre pour une courte performance où ils utilisent les balcons, le toit et la façade d'un immeuble à logements. Ils se déplacent ensuite à la place Émilie-Gamelin pour le spectacle extérieur Duels, où poésie et haute voltige ravissent les spectateurs. Six Minutiens sont issus de l'école de cirque de Québec cette année, soit Dylan Herrera (duo d'acrobatie, trampoline), Jean-Simon Jobin (anneaux chinois, main à main), Arielle Lauzin (acrobatie, corde molle), Marie-Michèle Pharand (acrobaties au sol, clown), Franka Tremblay (cerceau aérien, contorsion, roue allemande) et Timothé Vincent (duo d'acrobatie, trampoline).

***

Les frais de déplacement et de séjour à Montréal ont été assumés par En piste, dans le cadre de la résidence Circus Stories, Le cirque vu par...

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