Marianne Trudel: le zen et le jazz

La pianiste Marianne Trudel aimerait que le public... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

La pianiste Marianne Trudel aimerait que le public ait moins peur du mot «jazz». «Les gens croient que le jazz ne les touche pas, alors que quand tu les mets dans une salle, ils trippent comme des fous.»

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Pour Marianne Trudel, la musique se vit et se joue au présent. La vie commence ici est d'ailleurs plus qu'un joli titre d'album. C'est une invitation à s'arracher au rythme de plus en plus frénétique de la vie et à vivre pleinement le moment. «On est tellement surstimulés, constamment. On veut être partout à la fois. Finalement, à vouloir être partout, on n'est nulle part, on n'est jamais là», pense la pianiste.

Marianne Trudel a grandi à Saint-Michel-de-Bellechasse. Sa cour, c'était le fleuve. Le contact avec la nature est resté un besoin vital pour elle. «Entourés de briques, de machines et de béton, on perd cette relation, dit-elle. Il y a une vie qui est là dont on n'est pas conscients. On vit séparés de la nature, en autosuffisance. Ça nous embrouille les antennes. Dire "La vie commence ici" - j'avoue que ç'a l'air kitsch un peu -, c'est comme dire : "levons nos yeux vers le ciel, regardons un oiseau, quelque chose qui nous ramène à la vie, cessons de nous préoccuper de l'autre truc qui est en train de se passer en même temps et qu'on est en train de manquer".»

«La musique, pour moi, ça me sert à ça, à être dans le moment, mais à 200 %. Quand je suis sur une scène, je suis tellement focusée que je me sens parfaitement bien. Parce que c'est quand on est pleinement présent qu'on vit.»

Il n'y a pas que la nature qui a une influence positive sur Marianne Trudel. Il y a aussi les musiciens dont elle s'entoure. Sa collaboration avec la trompettiste Ingrid Jensen, sur l'album La vie commence ici notamment, marque une étape dans sa carrière. «Elle va m'inspirer à aller encore plus de l'avant. Elle a un jeu très libre, très assumé, une personnalité forte. C'est ce que je cherche, moi, dans mon jeu, dans ma musique.»

Ce qu'elle tente également de faire, c'est du jazz, mais du jazz accessible, qui dépasse à son avis le cadre traditionnel. «Je pense que c'est assez imagé comme musique.»

«Préjugé à défaire»

La pianiste aimerait surtout que le public ait moins peur du mot «jazz». «Je me bats contre ça à chaque jour. Les gens croient que le jazz ne les touche pas, alors que quand tu les mets dans une salle, ils trippent comme des fous. Il y a vraiment un préjugé à défaire. Surtout en live, c'est tellement vivant, tellement magique. Les musiciens sont généreux. Tout le monde a du plaisir. Tu ne peux pas dire que ce n'est pas accessible.»

La musique instrumentale serait moins rassembleuse que la chanson? Marianne Trudel pense le contraire. «La musique instrumentale te laisse plus de liberté à faire ton propre film, à partir dans ton monde.»

On ne peut pas dire que le jazz qu'elle pratique ne soit pas séduisant. Ses compositions manifestent un talent mélodique aussi évident qu'exceptionnel. L'écriture semble surtout un prétexte pour se lancer à la conquête de la mélodie belle, bien faite et finement ciselée. Une pièce comme Soon, avec son ample ligne de piano doublée au saxophone et à la trompette, charme dès la première écoute.

Le talent de Marianne Trudel est si évident qu'on se demande pourquoi elle ne se dirige pas vers la comédie musicale. En réalité, elle en rêve. C'est juste que personne ne l'a sollicitée jusqu'à maintenant.

En fait, elle écrit des chansons, mais en privé pour l'instant, à une exception près. Sur son dernier album Le coeur à l'endroit, dont Marianne Trudel signe tous les arrangements, la chanteuse Sonia Johnson a insisté pour interpréter deux de ces chansons.

De la musique de film, elle adorerait aussi en composer. Elle n'en a jamais eu l'occasion, à part pour deux courts documentaires réalisés il y a une quinzaine d'années. «Si le projet m'allumait, je plongerais», assure-t-elle.

=> Vous voulez y aller?

  • Quoi : Marianne Trudel 4 + Ingrid Jensen
  • Qui : Marianne Trudel (piano), Ingrid Jensen (trompette), Jonathan Stewart (saxophone), Rémi-Jean Leblanc (contrebasse) et Robbie Kuster (batterie)
  • Quand : le 2 juillet à 20h
  • Où : Théâtre Petit Champlain
  • Billets : 40 $
  • Info : 418 692-2631 ou www.theatrepetitchamplain.com

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer